Samantha, la soeur de Donnie Darko, fuit la ville avec son meilleur ami, lorsqu'elle est prise de visions étranges...
Hollywood sait y faire quand il s’agit de capitaliser sur des succès commerciaux, on le comprend presque quand il s’agit de franchise comme Spider man, Saw ou plus récemment Wolverine, décliné sous forme d’un spin-off, seule panacée à une saga qui s’essouffle. Mais quand les producteurs se mettent en tête de donner une suite à l’OVNI qu’est Donnie Darko, c’est à ne plus rien y comprendre. En 2002, un certain Richard Kelly livrait une pellicule étonnante, aussi
incompréhensible que maîtrisée, un véritable bijou scénaristique au casting bigarré qui accéda rapidement au statut de film culte. Ni une ni deux, Richard Kelly devint un génie, avant de refroidir les ardeurs avec son Southland Tales, proprement illisible. Mais Donnie Darko était appelé à rester sur son piédestal au milieu des perles du cinéma indépendant.
En 2009, c’est un certain Chris Fisher qui déterre le mythe et annonce fièrement donner une suite à ce qui n’en appelait aucune. Immédiatement, les fans du premier opus lèvent les boucliers et conspuent ce projet avant même que la moindre précision ne soit faite. Richard Kelly enchaîne en précisant qu’il n’a rien à voir avec cette suite, et qu’il s’engage à ne jamais regarder ne serait-ce qu’un teaser de ce qu’il considère comme un pillage éhonté. Le ton est donné, S.Darko ne connaîtra pas le chemin des salles et restera un obscur DTV... Reprenant l’histoire imaginée par Kelly, l’intrigue se déroule 17 ans après, et suit le parcours de Samantha Darko, (la petite sœur de Donnie) qui bénéficiait d’un rôle minime dans l’opus d’origine. Petite particularité, c’est la même actrice (Daveigh Chase) qui reprend ici le rôle. Mais que peut-il bien arriver à cette petite rejetonne de la famille Darko ? Inévitablement, des visions d’apocalypse et un lapin géant, déjà némesis de Donnie. On aurait pu espérer de Fisher qu’il apporte du sang neuf dans un univers aussi vaste que celui qu’’esquissait Donnie Darko, voire même aller jusqu’à avancer une explication. Mais non, les producteurs ont décidé de jouer la carte de la sécurité, le scénariste Nathan Atkins ne devant sûrement pas posséder une paire de cojones aussi imposante que celle qu’arborait autrefois Kelly. Calque limitatif de l’oeuvre originelle, la séquelle perd d’emblée tout intérêt et contraint le spectateur à comparer les deux films, comparaison de laquelle le présent métrage sort inéluctablement perdant.
L’action est ici délocalisée dans une ville désertique où l’héroïne débarque par hasard avec sa copine hippie. Fisher commence alors son film par des déambulations de caméras à la Kelly, avant de suivre son personnage complètement paumé, à mille lieues du charismatique Jake Gyllenhall. Comme Fisher a tout compris au premier épisode, il saupoudre son histoire de personnages loufoques : un soldat revenu d’Irak complètement fou (oui, Fisher a du aussi voir Southland Tales), un prêtre douteux et pédophile (pamphlet anticlérical ?), un enlèvement d’enfant (qui tombe à plat et s’avère inutile à l’intrigue), un geek, un kéké local et une météorite. Et pendant 1h40, Samantha Darko de
gambader dans ce joyeux bordel sans qu’aucune légitimation ne soit jamais fournie. Essayant tant bien que mal de copier le scénario de son prédécesseur, le cinéaste n’en tire que le superficiel et se limite à quelques effets outranciers, une histoire sans queue ni tête et des rêves métaphoriques incompréhensibles. Au final, Fisher ne fait que s’amuser avec les ingrédients que Kelly avait utilisés pour réaliser son chef-d’œuvre. Et au lieu d’un casse-tête scénaristique baigné dans la subversion, il ne reste que des tentatives avortées de perdre le spectateur qui glisse lentement vers l’ennui pour se réveiller lors d’un final ridicule et sans intérêt.
Une suite fortement dispensable donc, où le réalisateur ne fait que reprendre les éléments de Donnie Darko (musique, ralenti, distorsions temporelles, rêve, mise en scène variée, personnages étranges) pour livrer une sorte de fan film de luxe qui n’a même pas le mérite d’être sincère tant la volonté de piller une œuvre de génie est flagrante.
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c de la meeeeeeeeeeeeeeeeeeerde