Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
1595 : la guerre Russo-finlandaise vient de se terminer. Deux frères finlandais font partis d'une commission Russe et Finlandaise qui a pour but de pénétrer dans des territoires encore inexplorés afin de délimiter de nouvelles frontières. En chemin, ils sont responsables de la mort atroce d'une jeune russe. Un des frères, rongé par le remord, est hanté par le fantôme de la jeune fille. La commission parvient dans un village qui n'apparaît sur aucune carte, et qui est situé dans un marais. L'étrange village, dont même les habitants ne savent rien de ces origines, abrite un sauna, inquiétant et attirant à la fois, ou l'on peut laver ses pêchers.
Finlande, 1595. Erik, géographe, et son frère Knut, vétéran de guerre, tous deux membres de la commission russe, parcourent de vastes territoires afin de délimiter de nouvelles frontières, les conflits Russo-finlandais venant de prendre fin. En chemin, ils sont responsables des morts atroces d’un paysan et de sa fille, qu’ils enferment, agonisante, dans une cave, lui retirant le peu de chances qu’elle avait encore de s’en sortir. Knut, rongé par le remord, sent la présence du fantôme de cette dernière, qui semble le hanter à chacun de ses gestes. La commission arrive dans un étrange village qui n’est répertoriée sur aucune carte et dont même les habitants semblent ignorer les origines. Situé dans un marais, le hameau abrite un sauna, aussi inquiétant qu’attirant ; la légende prétend que quiconque y pénètre se verrai lavé de ses pêchés…
Projeté en première européenne au Festival Européen du Fantastique de Strasbourg, en présence de l’acteur Tommi Eronen, Sauna est un
film de genre comme on en a peu vu ces derniers temps, offrant une vision plus viscérale et profonde de la forêt, endroit chéri des réalisateurs à la recherche de sensations horrifiques, certainement influencé par le cultissime Evil Dead de Sam Raimi. Les paysages, sombres et tordus, renvoient à l’état d’esprit torturé des deux protagonistes, achevés et fatigués par la violence d’une guerre sans fin. L’homme de lettre comme le soldat finissent par sombrer dans la bestialité, quelque peu manipulés par leurs instincts, mais toutefois guidés par leurs traditions, la culture dans laquelle ils ont vécu avant les tensions. Et cette baraque blanche, perdue au milieu des ruines et des bois, entourés d’une eau noirâtre sans fond, leur semble justement être une voie vers la rédemption. A moins que ce soit une entrée vers leur propre enfer, vers une introspection au plus fond de leur personne. Et à la vue des ténèbres qui envahissent le lieu, que même la lueur du feu ne semble éclairer, il est évident qu’Erik mais surtout Knut ne sortiront pas de leurs souffrances, dissimulées ou apparentes. Mais n’est-ce pas le propre de l’être humain ? Chaque personne dissimule un côté plus sombre, sans cependant tomber dans la schizophrénie et autres tendances psychopathes ; seule la manière d’y évoluer diffère, et cet aspect semble marqué dans Sauna : a-t-on au fond de soi la force de faire face aux épreuves les plus pénibles, ou y reste-t-on emmuré ? C’est justement cet édifice typiquement finlandais qui pousse à la confrontation, où les hommes affrontent enfin leurs responsabilités et leurs démons, priant pour que les émanations de chaleur les lavent de tous leurs péchés. Et c’est à ce même endroit que se déroulera un des derniers meurtres, atteignant un sommet de cruauté. Une sorte de représentation d’un Dieu lassé que ses disciples ne suivent pas ses commandements ?
Durant quatre-vingt-cinq minutes, on a le sentiment de replonger dans une époque lointaine, entourés de symboles, de sortilèges, dans un décor ancien et rude. A ce niveau-là, Antti Jussi Annila réussit admirablement. Les plans sont véritablement sublimes, au point que même la violence y paraît belle et photogénique, notamment dans un
plan revenant en début et fin de film, où l’on voit l’eau ruisselante d’un courant, qui ne tarde à prendre une intense couleur rouge, le sang s’y déversant sans retenue. Cela commence comme une scène d’ouverture, laissant sous-entendre l’atmosphère du film, mais sera aussi sa clôture, se renfermant sur un drame constant. Cependant, quand il s’agit d’avoir une linéarité au niveau de l’histoire, il y a de quoi perdre pied dans les marécages. A force de jouer dans les sous-entendus, les manifestations surnaturelles inopinées et les ellipses narratives, il devient difficile de s’en sortir. Pas étonnant qu’en interrogeant quelques spectateurs à la sortie du film, beaucoup serinaient « Très beau film, mais j’ai pas tout compris… » Dommage, car il y aurait sûrement eu matière à discuter. Probablement que le manque de référence culturelle (il faut avouer que mes connaissances en histoire finlandaise avoisinent le zéro…) et les dialogues mystérieux (soucis de traduction ?) accentuent fortement ce sentiment d’incompréhension.
Néanmoins, guettez la sortie DVD de Sauna, ne serait-ce que pour l’intensité du jeu des acteurs, qui n’est pas à remettre en doute un instant, et cette tension constante, atteignant des sommets d’horreur par moments.

Coup de coeur !Je n’ai pas vu le film, Et cette chronique est suffisament bien faite pour donner envie sans dévoiler. Très bon travail, donc, A prioris Ici se trouve un excellent Membre de votre Equipe.

Daube !chiant à mourir, incompréhensible, bref, je suis pas rentré dedans un instant.

Coup de coeur !Vu a Gérardmer !!! tout simplement du grand cinéma comme j’aimerais en voir plus souvent ... Quelle ambiance et Quel Film !

Coup de coeur !La première remarque que je voulais faire concerne l’article. Knut est cartographe et Erik, le soldat sanguinaire. Aussi, il me semble que les deux frères sont suédois et non finlandais. En ce qui concerne le récit lui-même, j’ai trouvé qu’au-delà de la référence à Sam Raimi remarquée par l’auteur du texte, il y avait aussi une évocation du Stalker de Tarkovsky. Ce film m’a fasciné du début à la fin. A la dernière minute, terrifiante, s’ajoute la justesse du cinéaste qui distille le fantastique avec précision et avec une connaissance des attentes du spectateur étonnante.

Coup de coeur !la confusion finlande-suede vient du fait que la Finlande n’existait pas en tant qu’état indépendant au XVie siecle, c’était encore partie intégrante du royaume de Suède. donc nos 2 frerots sont les représentants de la partie Suedoise de la commission ...russo-suedoise dans le film...tout en étant clairement suggéré qu’ils sont d’origine finlandaise, histoire de justifier leur propres connaissances des traditions finlandaises évoquées dans le film
Pas de news associées � ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
Très bon article metzgerin !!! ET QUEL FILM.......