Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Pour tester sa diabolique drogue miraculeuse, un professeur psychopathe prend la population d'une paisible bourgade pour cobayes. Les habitants sont alors victimes d'hallucinations, se transforment en mutants ou se mettent littéralement à fondre ! Qui pourra arreter ce massacre ?
Plus rien ne va à Peebles Court, ville retranchée habituellement paisible, depuis qu’un scientifique véreux ne prenne les habitants de la bourgade pour réaliser contre leur gré ses expériences étranges. Après une première phase hallucinatoire et une seconde glandulaire (texto !), les cobayes meurent dans d’atroces souffrances des suites de bizarreries biologiques des plus étonnantes…
L’émergence de Bad taste et Braindead, deux fleurons goresques de l’inénarrable Peter Jackson, permit à un
cinéma néo-zélandais en mal-être de croire en ses chances en exploitant le filon mis en place par le génie jacksonnien. Aussie (comment ça un mauvais jeu de mots ?), l’Australian Film Commission décide de placer quelques billes dans un nouveau projet gore développé par la société Dumb films. Le projet, intitulé Body melt (aka Body trash), émane d’un certain Philip Brophy, compositeur électro dont le scandaleux court Salt, Sliva, Sperm and Sweat choqua une génération de cinéphiles aguerris, qui rêve de se faire un nom autre part qu’en terre néo-zélandaise.
S’appuyant sur une trame des plus simplistes (comme la majorité des films à tendance fortement sanguinolente), Body trash conte les pérégrinations d’une brassée d’individus (trop nombreux) exposés à un produit toxique généré par une compagnie pharmaceutique douteuse. Inspiré par une série de splatter movies célébrissimes, Brophy reprend un à un les éléments essentiels de ses modèles. Au rendez-vous, des scènes répugnantes à gogo, des hectolitres de sang, des rednecks timbrés et des élucubrations pseudo-scientifiques en bonne et due forme. Motivé par son entreprise foireuse, déstabilisé par les multiples fonctions qu’il assume (compositeur, scénariste, storyboarder), Brophy distille maladroitement ici et là ses scènes grandguignolesques sans
jamais s’attacher à une quelconque trame narrative.
Un placenta qui bouffe la mère, une verge qui explose, des veines qui gonflent, une langue surdimensionnée, des gerbes verdâtres, des décompositions, toute une galerie splatter que n’aurait pas reniée un certain Muro, à la seule différence que le steadycamer adoptait un second degré manifeste sur fond de peinture sociale corrosive. Or, hormis ce gorefest extravagant, le métrage néo-zélandais ne propose rien de plus, étirant au mieux son heure et quart au gré d’une enquête policière insipide qui part dans tous les sens pour atterrir, en toute impunité, dans le commissariat pour une scène finale qui résume à elle seule la médiocrité de l’œuvre.
Réduit à une succession aléatoire d’épanchements gores, Body trash n’est qu’un merdier sanguinolent inintéressant dont le pouvoir d’attraction se retrouve amenuisé par les carences d’un scénario ressemblant étrangement aux rues de Manhattan un 11 septembre ensoleillé sous les gravats.
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