Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Ennemi du crime, le sergent Jack Slater est le plus grand et le dernier des héros de film d'action. Un jour, il est rejoint dans son monde imaginaire par Danny, un gamin de 11 ans possesseur d'un billet de cinéma magique...
Danny Maddigan est un ado passionné de cinéma, en particulier du cinéma d’action. Il voue ainsi un véritable culte à son héros de toujours, le flic incorruptible et invincible : Jack Slater. Il a la chance de visionner le film la veille de sa sortie grâce à un ami projectionniste, qui lui offre un ticket de cinéma, dont la légende voudrait qu’il appartenait à Houdini. C’est alors que l’incroyable se produit : le billet magique entraîne le jeune Danny de l’autre côté de l’écran, pour lui faire vivre en direct les aventures de son héros préféré !
Ce film est assez méconnu et n’a pas le succès qu’il mérite. Pour moi, il
s’agit tout simplement d’un des meilleurs films d’action de l’histoire. Outre les séquences spectaculaires, l’aspect parodique permet de décortiquer les automatismes du genre : qui d’autre pouvait le faire mieux que John Mc Tiernan, celui-là même qui créa ces codes avec Piège de cristal ?
En effet, tous les gimmicks récurrents du genre sont réunis en un seul film : qu’il s’agisse de la faille du héros, son invincibilité, le chef des méchants, le bad guy félon, le psychopathe, la jolie blonde, le chef insatisfait et hurleur, le spectaculaire, la caricature (la chute d’Alan Rickman dans Die hard est reprise), l’humour potache et les répliques cinglantes, tout cela forme un melting pot a priori hétéroclite, mais qui s’avère être un tout homogène, et culotté ( la bande annonce de Hamlet version Schwarzi est un bijou !).
Par l’entremise de ces artifices, Mc Tiernan va analyser, décortiquer et reconstruire le mythe du héros. Et le point culminant de ce travail analytique intervient au dernier tiers du film, lorsque les personnages imaginaires passent à leur tour de l’autre côté de l’écran. Mais le monde
réel n’est pas celui de la fiction. Ici, briser la vitre d’une voiture à main nue fait mal ! La sempiternelle séquence des deux voitures qui se foncent dessus ne se termine pas par le changement de direction du méchant, mais par un accident ! Autant de séquences jubilatoires qui servent l’argumentation de Mc Tiernan pour étayer sa réflexion sur la réalité et l’imaginaire.
Alors quand Arnold et Mc Tiernan jouent la carte de l’autodérision à fond (à ce titre la scène des Oscars est très intéressante) pendant que Mc Tiernan appuie ses références (Le septième sceau de Bergman, ses propres films, Roger Rabbit), on se dit qu’on tient là un des films d’action les plus intelligents qu’on ait vu depuis ....
... depuis quand déjà ?
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Ce film est un vrai bijoux du cinéma d’action. On a pas le temps de s’ennuyer et en plus on rit. Que demander de plus ?