Critique de film

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The Woman

"The Woman"
affiche du film

L'histoire d’une femme qui est l’unique survivante d’un clan violent ayant sévi pendant des décennies sur la côte Nord-Est. Lorsque le dernier des siens est tué dans une bataille avec la police, la Femme se retrouve seule, sévèrement blessée... et vulnérable. Malheureusement, elle est à présent une proie bien trop aisée pour le dénommé Christopher Cleek, chasseur local, un homme de loi fortuné et homme de famille sérieusement perturbé. Lequel décide de la capturer et de la civiliser, une décision qui menacera bientôt la vie de Cleek, de sa famille et de la Femme....

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The woman - Sick girl
Par : Damien Taymans
Tags : Etrange festival 2011

La Femme, l’expression résume l’entièreté de la filmographie de Lucky McKee, le cinéaste s’étant toujours plu à faire le portrait de personnages féminins psychologiquement et physiquement torturés, victimes de leur propre folie ou de celle de leurs congénères. De son côté, Jack Ketchum, auteur d’épouvante sensationnaliste, a défrayé la chronique en dépeignant l’inhumanité faite homme, par le biais de Off season ou The girl next door. Hommes-femmes, mode d’emploi, ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Deux ans après une première expérience douloureuse (le tournage de Red, adapté d’un roman de Ketchum, duquel McKee est finalement évincé), naît The woman, certainement l’œuvre la plus séminale et fascinante de cette décennie.

Andrew Van den Houten, qui vient de terminer l’adaptation d’Offspring, espère obtenir de Lucky McKee une idée pour une séquelle potentielle. Le réalisateur avale le bouquin de Ketchum et s’envole pour New York afin de découvrir le film sur grand écran. Au sortir de la salle, l’idée est toute trouvée : la suite s’attachera au personnage de la Femme, seule survivante du clan cannibale traqué dans Offspring. L’intitulé de ce futur métrage signale déjà la résurrection de l’horreur hallucinogène à tendance oestrogénée de McKee : The woman. Ketchum et McKee collaborent pour l’écriture du scénario qui deviendra un bouquin, sorti depuis janvier dans les librairies US. Défini par l’auteur comme une "exploration de la vraie définition de l’horreur", conçu pour susciter "les sentiments de peur, de choc, de nervosité, de consternation, d’anxiété et de dégout", le film est présenté au festival de Sundance en début d’année dans une ambiance plutôt... électrique. Des gens quittent la salle, d’autres se disent indignés par la radicalité et l’ultra-violence de l’œuvre, la presse crie au coup de massue politiquement incorrect. Les noms d’oiseaux des uns couplés aux expressions galvanisantes des autres entraînent l’adhésion des amateurs de bandes ultimes et jusqu’au-boutistes dans un paysage horrifique dominé par l’étalage inoffensif de monceaux de chair des torture porns actuels. The woman relance, comme Martyrs sur nos terres, le débat infécond sur la gratuité de l’ultra-violence au cinéma responsable du dévoiement de notre jeunesse.

La séquence d’ouverture donne le ton : la femme, néandertalienne contemporaine (ses guenilles sont en lycra), donne la becquée à un nourrisson dans une grotte ; en surimpression, une gueule de loup atteste de la sauvagerie de l’indomptable. Changement d’ambiance. Peggy, une adolescente allongée au bord d’une piscine renie les avances d’un garçon et se retourne pour observer son père. De son côté, Darlin, une petite fille se fait sermonner par sa mère ("No more kissing"). Sur le terrain de basket, quelques garçonnets malmènent une fillette sous le regard impassible de Brian. La caractérisation est réduite à son plus simple appareil : ces trois mômes partagent des liens fraternels et vivent sous la domination du père de famille, Chris, qui de sa terrasse contrôle les faits et gestes de sa petite meute. Mâles dominateurs et glaciaux, femmes conditionnées et effrayées, la charpente est mise en place, la suite de l’œuvre ne fera que la consolider. Le paroxysme de l’hominisme survient lorsque Chris, agent immobilier de jour et chasseur la nuit, traque et capture la Femme. Enchaînée dans le cellier, celle-ci devient le jouet de la famille qui, sous l’égide du patriarche, a pour devoir de l’éduquer. Pas très éloigné dans la dynamique de The girl next door adapté du même Ketchum, The woman plonge le spectateur dans les abîmes d’un enfer dont on pense deviner les différentes gradations. Les sévices s’enchaînent pourtant dans le chaos le plus total, chaque nouvelle étape contribuant à densifier une tension qui ne se libérera que dans un dernier acte stupéfiant.

The woman n’a pas usurpé sa réputation sulfureuse. Poétiquement incendiaire (une musique très rock accompagne des séquences aussi viscérales que magnifiques) et dramatiquement vraisemblable (ces personnages pourraient être nos voisins), cette première fournée officielle du tandem Ketchum-McKee pénètre profondément la chair et malmène l’un après l’autre tous nos sens. The woman embarque le spectateur dans l’horreur, la vraie, celle redoutable et tangible qui menace de s’inviter chez vous à tout moment. Ne cherchez plus, c’est le film d’horreur le plus viscéral de la décennie.


Critique de The woman
Par : Maureen Lepers

Huit ans après May, et cinq ans après The Woods, Lucky McKee continue son voyage en terres féminines avec le très prisé en festivals The Woman, l’histoire terrible d’une jeune femme sauvage capturée et séquestrée par un avocat puant qui, avec le concours de sa femme et de ses enfants, se met en tête de la civiliser.

S’il tient là un pur scénario de film de genre, plein de tripailles et de râles, de gorges sanglantes et d’ongles terreux, le cinéaste pourtant fait d’emblée de son sujet un prétexte pour filmer l’Americana, ses dérives et ses malaises, sa perversité. Plus qu’un artefact de genre donc, la créature enfermée dans la cave de ce cottage douillet qui sent bon les années 60 et les cookies chauds, se fait le reflet d’un mal plus profond qui gangrène toute la famille du personnage principal, Chris, et qu’il faut, de fait, absolument contenir pour préserver, aux yeux du monde, l’équilibre familial.

La force de The Woman est de multiplier les contrepoints et de substituer à l’animalité de la jeune femme séquestrée, le repli et l’effacement dont font preuve les deux autres personnages féminins, l’épouse de Chris, Belle, et sa fille aînée, Peg, terrassées par la peur que leur inspire non pas le monstre, mais bien ce qu’il révèle de leur mari et père, à savoir sa violence d’homme. Plus qu’un film de genre, Lucky McKee signe ici une chronique familiale, un portrait de femme battue d’une grande finesse qui, loin de céder au clinquant de la brutalité et de la torture, préfère se tourner du côté de l’insidieux, du contenu pour mieux rendre compte de l’impuissance et de l’impasse dans laquelle ses personnages se trouvent, mais également mieux montrer les limites des archétypes auxquels il s’attache, celui de la desperate housewive en tête (Belle ainsi, dont le prénom de conte de fées n’est sûrement pas choisi au hasard).

Portrait d’une féminité en crise, mais aussi d’un pays dont les valeurs tendent à devenir obsolètes, The Woman fait finalement jaillir en creux le questionnement brutal auquel est aujourd’hui soumise la mythologie américaine : moi qui ne peux en définitive me résoudre à disparaitre, dois-je finalement me taire ou devenir ce monstre que toutes les familles cachent ?


Commentaires sur le film

Pas de surprise !

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Tout est décalé ! idée, scénario, acteurs, images, dialogues ... c’est limite barjo et tellement génial !
La qualité des mauvaises critiques ne fait qu’inciter les amateurs à voir ce petit délire cinématographique qui n’est finalement pas le GORE attendu mais illustre plutôt le retour atavique de tout un chacun dans sa quête de domination de l’autre.

16 mars 2012 à 21:03 | Par arts.expo
Une mouture de plus sur the human beast.

3 etoiles

Un "Dogville" brut et primitif, ultra-viscéral, qui ferait presque prendre Délivrance pour une promenade en plein air. Et pourtant, une fois l’impact visuel digéré, on réalise qu’on se remet bien plus vite de ces morceaux de barbaques et de cet os, que de l’organisme sociétal monstrueux de Dogville.

8 juillet 2012 à 13:07 | Par Fred Bau

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

impressionnant . Ou est le bien ? ou est le mal ?
Qui peut juger ou condamner ?
Notre société montrant ses plus pervers aspects refoulés.

Un film qui ne laisse pas indifférent
Bravo ++ pour une réalisation aussi rapide

14 juin 2013 à 13:06 | Par Falco

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

impressionnant . Ou est le bien ? ou est le mal ?
Qui peut juger ou condamner ?
Notre société montrant ses plus pervers aspects refoulés.

Un film qui ne laisse pas indifférent
Bravo ++ pour une réalisation aussi rapide

14 juin 2013 à 13:06 | Par Falco

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