Critique de film

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Watchmen - Les gardiens

"Watchmen"
affiche du film

New York, 1985 sur notre calendrier, minuit moins douze sur l'horloge de l'holocauste nucléaire. Une loi interdit désormais aux superhéros d'exercer leurs pouvoirs. Seuls quelques-uns restent à la solde du gouvernement. Les autres vieillissent et s'interrogent sur leur inutilité. Il semble pourtant que quelqu'un cherche à éliminer un à un les membres d'un ancien groupe, comme si leur présence constituait une menace. Rorschach, vengeur masqué et psychopathe qui a préféré devenir un hors-la-loi plutôt que d'accepter les nouvelles règles, mène l'enquête. Il cherche à convaincre ses anciens partenaires qu'un tueur est après eux. Un tueur derrière lequel se cache une terrible vérité.

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Trailer - Watchmen - Les gardiens (2008)
Par : Damien Taymans


Bande-Annonce Watchmen Trailer par FilmGeek-TV

Les critiques à propos de ce film

Critique de Watchmen : Les Gardiens - Apocalypse Now
Par : Romain Mollet
Tags : Super-héros

1986-1987 : Alan Moore et Dave Gibbons publient un graphic novel de 12 chapitres nommé Watchmen, qui met en scène des super-héros déchus, interdits de lutter contre le crime dans une Amérique alternative où Richard Nixon est sur le point d’engager un conflit nucléaire contre une URSS belliqueuse. Le choc est là : nulle question de gentils héros pour sauver le monde, comme il en peuple d’innombrables comics, les personnages proposés au lecteur sont avant tout des humains pris dans la noirceur ou la misère de leur existence, impuissants face à la violence de leur époque et une apocalypse grandissante que même un surhomme ne pourrait empêcher. C’est d’ailleurs la première fois que le Prix Hugo est décerné à une bande-dessinée.

1989 : Terry Gilliam s’empare du projet et tente de transposer ce que l’on prétend être inadaptable pour la Fox, et prévoit d’embaucher Sigourney Weaver, Robin Williams, Gary Busey et Arnold Schwarzennegger pour camper les protagonistes costumés. Faute de budget, le projet sera rapidement avorté.

Années 2000 : le projet retombe dans les mains de Darren Aronofsky, ce qui semble emballer fans et curieux. Mais il quitte le navire et laisse sa place à Paul Greengrass, fort du succès de son Bloody Sunday très engagé et de ses deux épisodes de la trilogie Jason Bourne. Puis il s’en va, et le projet retombe dans les mains de Zack Snyder. Un bonhomme qui n’a signé pour l’heure que deux longs-métrages plus ou moins mitigés mais qui avaient le mérite de proposer une véritable audace visuelle. Ce qui lui valut un succès franc dans le monde entier grâce à son adaptation de 300. Les fans purs et durs connaissent le personnage et s’inquiètent. Aujourd’hui, le film est sorti dans le monde entier... qu’en est-il réellement de ce défi tant craint et attendu ? Eh bien, il n’y avait rien à craindre, le pari est plutôt réussi. Zack Snyder désire ne pas prendre trop de risques et préfère "copier/coller" le roman graphique, tout en apportant bien entendu quelques modifications pour le spectateur qui ne connait pas l’oeuvre originale, impossible à résumer, et en imposant sa patte visuelle. Comme d’habitude, Alan Moore refuse d’être associé à cette entreprise. Pourtant Dieu sait comment le metteur en scène respecte son univers.

Le Comédien est mort. Lui, ancien super-héros reac’ limite nazi, devenu pion de la CIA, le pire des salauds, tué par un illustre inconnu. Attaquer l’un de ces soi-disant héros anéantis, c’est les attaquer tous. Rorschach, détective dérangé aux instincts de psychopathe, est l’un des seuls à être encore en activité (en tant que hors-la-loi), pense à un complot visant à faire tomber les anciens justiciers masqués. Il prévient donc ses anciens compères, rangés de force par la Loi Keene : Dan Dreiberg, dégonflé impuissant qui ne cesse de se remémorer les vielles années 40, l’époque où le monde avait besoin de ces héros ; Sally Jupiter, ex-justicière sexy et son petit-ami le Docteur Manhattan, véritable demi-Dieu nucléaire, omnipotent mais pourtant absent, utilisé malgré lui par l’armée américaine ; et Adrian Veidt, qui profite de son image de héros au quotient intellectuel surdéveloppé via sa puissante multinationale.

Tous ont une vie fausse, maquillée, et quand ils ne sont pas sous leur costume en latex, ils sont vulnérables, tout aussi humains que leur compères anonymes eux-aussi victimes d’un monde qui ne cesse de péricliter, comme le prouve un excellent générique annonçant d’emblée le ton du film, bercé par le "Times They are A-Changing" de Bob Dylan. En effet, nous ne sommes pas dans une production à la Spider-Man comme le marketing l’a maladroitement fait croire, mais bel et bien dans un univers qui exagère la violence d’un monde bien réel, et qui, 20 ans après la publication du graphic novel, s’avère toutefois similaire. C’est évident, Zack Snyder, tout comme Alan Moore à son époque, profite de cette intrigue pour dénoncer l’histoire pas franchement jolie de l’Amérique, que ce soit à travers les conflits au Japon et au Viet-Nâm (ce dernier est remporté grâce au Docteur Manhattan lui-même, bien plus destructeur qu’une Bombe-A) ou les mouvements pacifistes tant réprimés. Dès lors, le pays dans le film devient un monde morne et déprimant, sachant que la mort nucléaire les guette, où les gens semblent trouverune sorte de réconfort dans la violence.

Un mal que parviennent à retranscrire parfaitement les acteurs, que ce soit Jackie Earl Haley, dans le rôle traumatisant de Rorschach, où il apparait tellement malsain qu’il dérange autant qu’il ravit (la meilleure scène du film - et probablement la plus brutale - est celle du premier meurtre), ou Billy Crudup, impressionnant en demi-Dieu malgré lui, piégé par ses émotions, même s’il se voit tartiné d’effets numériques. Deux personnages-clés du roman graphique dont le passage sur grand écran s’avère parfaitement réussi. De son côté, Jeffrey Dean Morgan s’avère tout aussi impressionnant dans le rôle dangereux du Comédien, tandis que Patrick Wilson et Malin Ackerman s’en sortent efficacement en Hibou et Spectre Soyeux, même si leur relation semble quelque peu ratée, malgré une scène d’amour (soft) pas si mémorable. Matthew Goode, lui, fait un Ozymandias sympathique mais très - voire trop - différent de celui de la BD. Watchmen possède indéniablement plusieurs niveaux de lectures : il est à la fois une intrigue fantastique passionnante, un pamphlet à peine caché du monde actuel, une oeuvre satirique à l’humour noir et un véritable drame combiné à un film d’action impressionnant. Bien que la BD était déjà elle-même très inspirée par les codes cinématographiques, Zack Snyder profite des dessins de Dave Gibbons pour parfaire sa maîtrise de la mise en scène. Photographie luxueuse, décors réussis, effets spéciaux (presque) invisibles et bande-originale décalée et savoureuse (Dylan, Simon & Garfunkel, Leonard Cohen, KC and the Sunshine Band...) : le cinéaste magnifie l’ensemble et réussit même avec ses fameux ralentis tant craints par les fans puristes.

Ce procédé rend la plupart des scènes sublimes, leur conférant une dimension plus perturbante dans des scènes d’action ultra-violentes (explosions de tripes, membre coupés et effusions de sang : le R-Rated permet une grande liberté dans ce domaine) et inattendues, mais aussi une dimension quasi contemplative, notamment avec la partie consacrée au personnage du Docteur Manhattan.
Malheureusement, quelques scènes dérangent plus qu’elles ne passionnent : l’abus de ralentis rend certaines scènes exagérées et involontairement ridicules, comme ce sauvetage en immeuble faussement impressionnant. D’autres parti-pris apparaissent dérisoires et clichés ("Hallelujah"), tandis que certains chapitres du livre sont maladroitement adaptés (le dernier quart du film complètement bâclé).
Ce qui n’enlève rien au crédit de Snyder tant il paraît incroyable de faire un film aussi nihiliste et sombre que Watchmen de nos jours. Et si la fin du film est différente de celle de Moore, elle n’en reste pas moins tout aussi intelligente et justifiée, même si elle perd considérablement niveau impact.

Au final, s’il y a tout de même de nombreux défauts, qu’une seconde vision permet de révéler, cette adaptation s’avère tellement forte dans son propos et son aspect qu’elle ne peut qu’être assurée d’atteindre prochainement le statut d’oeuvre culte. Pas le désastre ni le chef-d’oeuvre annoncé, juste un excellent film, audacieux et trépidant qui donne envie de relire ou de découvrir le graphic novel d’origine, tellement plus puissant. Peut-être que le montage final du film, avec près de trois-quarts d’heures supplémentaires, permettra de s’approcher le plus possible de la perfection dégagée par le monument littéraire... ou l’inverse.


Critique de Watchmen : Les Gardiens - Snyder watches Watchmen !
Par : Quentin Meignant

Roman graphique légendaire, Watchmen d’Alan Moore a, de tout temps, déchaîné les passions. Souvent évoquée, jamais réalisée, l’adaptation de cette œuvre majeure des 80’s paraissait improbable et les fans désespéraient de voir un jour leurs héros débarquer sur grand écran. Source d’un conflit d’intérêt entre la Fox et Warner (la première nommée avait les droits mais la seconde s’était permise de produire le film), le projet fut néanmoins lancé avec, à sa tête, un Zack Snyder resté sur l’échec critique 300. Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, Watchmen - Les Gardiens se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l’Horloge de l’Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l’un d’entre eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l’humanité... Mais qui veille sur ces gardiens ?

Comme Snyder l’avait déjà prouvé avec son spectaculaire 300, son sens graphique apparaît d’emblée comme excessivement aiguisé. Lors d’une entrée en matière (ab)usant de ralentis et lorgnant déjà clairement vers l’atmosphère très sombre de la légendaire œuvre d’Alan Moore, le réalisateur place la barre très haut. Ce niveau d’excellence graphique rivalise alors de génie avec un score étonnant et déroutant. Il ne reste dès lors au cinéaste qu’à suivre son glorieux exemple, tout en y apposant son empreinte au détour de quelques séquences particulièrement percutantes. Car, si Watchmen est un roman graphique qui vaut essentiellement pour les thématiques qu’il aborde, Snyder parvient à y ajouter divers éléments de son cru. D’une fable contestataire et profonde, le cinéaste parvient à tirer la quintessence, offrant à son récit des scènes véritablement anthologiques. Tantôt gore (désintégrations extrêmement sanglantes), tantôt sensuel à la limite du torride (la sublime Malin Ackerman y est pour beaucoup), Watchmen se décline savoureusement comme une synthèse presque parfaite.

Si les puristes, adeptes du roman d’origine, peuvent se sentir lésés par les quelques infidélités par rapport au récit de base, aucun reproche inhérent à un quelconque manque de respect ne peut être fait à Snyder. Les éléments occultés relevant avant tout de détails insignifiants (Le New Frontiersman, le vendeur de journaux,…), l’adaptation peut être sans nul doute être qualifiée de très fidèle. Hormis quelques détails dérangeants sans doute dus à une clique hollywoodienne trop bien-pensante à l’heure actuelle (le tabagisme ultra-présent renforçant l’obscurité du propos dans l’œuvre de Moore est, ici, réduit à peau de chagrin), Snyder, en tant que fan inconditionnel, n’oublie rien, transformant même ce qui pouvait être perfectible en un véritable régal. A la fois débridée et émouvante, l’aventure captive donc véritablement, imposant le film comme une référence du genre. A l’image d’un générique initial simplement bluffant, Snyder est donc parvenu à cerner au mieux une des meilleures œuvres littéraires du siècle dernier.

Watchmen s’impose donc comme la meilleure bande héroïque jamais réalisée. Malgré quelques approximations, Snyder signe sans doute là LE film qui le fera passer à la postérité et l’une des oeuvres majeures de la décennie. Un spectacle incroyable, une expérience en soi, oui, Watchmen est légendaire tant en livre qu’à l’écran.


Critique de Watchmen - Les super-humains
Par : Samuel Tubez

Ca y est, le graphic novel le plus inadaptable de tous les temps a été adapté au ciné ! Et en plus, il s’avère que le long métrage en question soit une belle réussite véhiculant avec lui un véritable renouveau dans l’univers trop souvent aseptisé des super-héros. Donc, si par malheur vous ne croyiez plus à la magie du cinéma, c’est le moment ou jamais de recommencer à rêver !

Nous sommes en 1985. Nixon a été réélu à la présidence et les super-héros font partie du quotidien dans cette Amérique alternative où une menace nucléaire est sur le point d’éclater. Lorsque l’un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué plutôt déterminé, va découvrir un complot qui menace d’éliminer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu’il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers (un groupe hétéroclite dont un seul être possède des pouvoirs surhumains), Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur…

A partir de cette base déjà bien solide, Watchmen développe toute une réflexion sur le statut de super-héros. Leurs multiples facettes et toute leur complexité est ainsi déclinée à la manière du support papier bien connu des fans. Même si l’on n’a pas lu les multiples cases créées par Dave Gibbons et Alan Moore, on peut toutefois constater en les survolant brièvement que d’un point de vue graphique, le travail d’adaptation a été considérable. La majorité des plans sont identiques aux compositions de Gibbons et la photographie ainsi que les effets visuels (au passage le Dr Manhattan est une vraie belle réussite) confèrent au long métrage de Zack Snyder une atmosphère à la fois mélancolique et délétère absolument renversante. Evidemment, en terme de fidélité d’adaptation, le format cinématographique impose certaines ellipses sur lesquelles certains geeks s’insurgeront mais il ne faut quand même pas déconner, vu le matériau d’origine, cette version ciné est absolument maousse.

C’est bien simple, le Watchmen de Zack Snyder (son meilleur film à ce jour) est un film de super-héros destiné aux adultes qui s’avère captivant de bout en bout. Dense, réflexif, nihiliste, très violent dans ses scènes d’action et même sexuel, Watchmen n’est incontestablement pas fait pour les spectateurs uniquement habitués à voir des lopettes du genre des Quatre Fantastiques se foutre de la gueule du monde. Ici, Rorschach (Jackie Earle Haley, déjà parfait en pédophile dans Little Children) et Le Comédien (Jeffrey Dean Morgan) tiennent plus du vigilante ou du psychopathe que de sauveur de l’humanité, Le Hibou (Patrick « Hard Candy » Wilson) et Le Spectre Soyeux (Malin Akerman) baisent et excitent les sens dans leurs costumes moulants, Le Dr Manhattan (Billy Crudup) est déchiré entre sa condition divine et ce qui lui reste d’humanité tandis qu’Ozymandias (Matthew Goode) se croit omnipotent. Mais tous, qu’ils soient fous, mégalos ou bleus, restent incroyablement humains. Et on le sait, l’Humain est complexe. D’où les innombrables phases de dialogues et de questionnements (questions restant d’ailleurs…sans réponse) qui risquent de décourager plus d’un spectateur. Mais on ne fait pas dans l’atypique et le monumental sans casser des œufs, c’est bien connu. Et pour le coup, on dira tant pis pour les mécontents car les satisfaits, eux, jubilent.

Le défi était plus que de taille et Zack Snyder peut aujourd’hui être fier du résultat. Dans ce véritable film d’auteur déguisé en blockbuster, le réalisateur de 300 trouve un sujet en or pour appliquer sa maestria technique à une histoire d’envergure. Visuellement renversant, doté d’un casting parfait, bénéficiant d’une tracklist aussi étonnante que jouissive (la scène d’introduction, visitant 40 ans de l’Histoire Américaine sur fond de Bob Dylan est un petit chef d’œuvre en soi), parsemé de questionnements passionnants et politiquement chargé, Watchmen paraît condenser de façon admirable l’œuvre originale. Les 2h45 passent sans problème et on s’étonne même à en demander plus à l’annonce d’un director’s cut qui promet d’être absolument dantesque (3h35 de métrage en comptant la fameuse « BD dans la BD » Tales of the Black Freighter). Voir ces anti-héros exister sur le grand écran est un pur moment de bonheur et ce, que l’on connaisse ou non le graphic novel. Néanmoins, un petit conseil : essayez d’éviter la vf, Rorschach semble avoir été doublé par Mozinor !


Critique de Watchmen - Parce que je le vaux bien
Par : Seb Lecocq

Je me souviens avoir découvert Wachtmen d’Alan Moore dans ma prime adolescence et m’être pris une claque bédéphilique comme jamais. Je l’ai lu et relu des dizaines de fois et, à chaque lecture, je découvre de nouvelles choses, un nouveau niveau de lecture, un détail qui rend l’œuvre encore plus dense, plus brillante. J’étais donc impatient de ne pas découvrir cette œuvre sur grand écran. De nombreux réalisateurs s’y sont cassé les dents, et pas des moindres, puisque Paul Greengrass et Darren Aronofsky ont notamment jeté l’éponge. Un jour, v’la t’y pas que j’apprends que ça y est c’est officiel, Zach Snyder, pardon, le réalisateur visionnaire de 300, Zach Snyder allait officiellement s’y coller. Et oui, en effet il s’y est collé, il l’a fait alors que tout le monde pensait l’oeuvre inadaptable. Grand débat, grande question. Watchmen est il adaptable en un film de cinéma. Personnellement, je pensais que c’était impossible. Maintenant, j’en ai la confirmation.

Je m’attendais, vu le très faible crédit que je porte à Zach Snyder, à ce qu’il livre une immondice cinématographique, mais en fait son travail n’est pas nul. Non, ses 165 minutes sont juste inutilement vaines et creuses. Le syndrome de la coquille vide quoi. Syndrome qui s’applique parfaitement aux 3 films du corpus cinématographique de Zakounet. Snyder utilise la méthode Sin City, celle qu’il avait déjà appliquée sur 300. Celle-là même qui en avait fait un très mauvais film. 90% des cases de Watchmen, la bande dessinée, sont reprises à l‘identique dans le film. 90% des dialogues et voix-off sont repris à la virgule près dans le film. Dans les deux cas, les 10% restant sont le résultat des quelques modifications opérées par le réalisateur, histoire d’ajouter sa touche à l’ensemble. Force est de constater que ces ajouts ne font que surligner des choses qui n’avaient pas à l’être et qui étaient habilement suggérées dans l’œuvre de Moore. Force est de constater également que les coupes ou raccourcis mis en place amoindrissent la portée politique du livre.

Le problème majeur de Watchmen résulte principalement de sa longueur et de son manque de rythme flagrant. A la vision, le film semble d’autant plus interminable que le lecteur de l’œuvre originale possède toujours plusieurs plans, voire plusieurs scènes d’avance sur son auteur. Le problème des photocopies. Le film semble donc verbeux, bavard, interminable et confus. Extrêmement confus. Il est parfois bien difficile de se retrouver dans la temporalité mise en place par Snyder. Son intrigue majeure semble se passer sur deux nuits, ce qui n’est absolument pas le cas. On passe la majeure partie de la séance à suivre d’un œil mi-clos les pérégrinations improbablement amoureuses de deux has-been regrettant le temps qui passe. Inintéressant et long, long, long… La mise en scène pachydermique de Snyder ajoute encore une grosse couche de vernis tape à l’œil sur un imbroglio d’intrigues secondaires ou prioritaires (le sait-on encore vraiment ?).

Snyder n’est là que pour shooter des plans qu’il aimerait iconiques mais qui, au final, ne sont que des boursouflures égocentriques. Le réal donne à chaque action, chaque événement la même importance. L’ouverture d’une porte et la mort de l’un des personnages principaux de son intrigue sont traités exactement de la même manière. Photoshop et ralentis « wouah vous avez vu comment il est trop cool mon plan avec les éclats de bois qui volent ? » à gogo. De par ce fait, il rallonge inutilement des séquences qui n’en ont nullement besoin comme l’interminable scène de passage à tabac du Comédien. Trop de cool attitude tue la cool attitude. Surtout quand on s’attache à filmer une histoire qui en est à l’exact opposé. N’est pas Michael Bay qui veut. Grosso modo, il nous livre en pâture ses images retravaillées jusqu’à la gueule et interprétées par des comédiens au jeu, pour la plupart, totalement à coté de la plaque. Ozymandias ridicule, Laurie dont la sex attitude et la parfaite épilation du maillot n’a d’égale que la fadeur de son jeu, un Comédien cabot comme pas deux et Sally Jupiter nous réinvente Joan Collins dans Dynastie. Seul Rorschach tire son épingle du jeu en se la jouant Clint Eastwood. C’est pas original, certes, mais ça marche. Tout cela bien sûr en passant sous silence le coté profondément pathétique des personnage ici passé à la trappe et remplacé par une bonne dose de stéroïdes et de jambières en vynil. Les héros de Watchmen sont des êtres humains plein de bassesses, has been, remplis de pathos et égocentriques, ce qui ne transparaît jamais dans le film de Snyder. Incapable de se créer sa propre patte, Snyder persévère à fournir depuis trois films un brouillon cinématographique : il aime les vilains ralentis, les scènes de combats en scroling horizontal et dénaturer un matériau de base explosif, référentiel et profondément politique. C’est peut-être ça, la touche Snyder. Prendre une œuvre politique, la rendre inoffensive et la refourguer au plus grand nombre...

En définitive, Watchmen n’est ni mauvais ni nul. Juste inutile, vain, verbeux et au final guère passionnant. On a la nette impression de voir une formidable histoire gâchée par l’incompétence et la méconnaissance du matériau de base d’un tâcheron plus proche d’un Brett Ratner que du John Milius dont il se revendique. Comble du malheur, le film est si fidèle qu’il parvient à gâcher la lecture de lecteur qui voudrait découvrir le comic book. Vraiment du travail de cochon. On pensait Watchmen inadaptable, grâce à Snyder, on en a maintenant la certitude.

Commentaires sur le film

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

ce film est une véritable bombe ! je crois que je vais me le matter encore une fois... <3

16 mars 2009 à 15:03 | Par Metzgerin
I love watchmen

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Action , amour, gore, noirceur, érotisme, ...Tous les genres s’y retrouvent et s’y mêlent !!!! Zack Snyder nous offre un magnifique film et fidèle au roman graphique d’origine à quelques petits détails prêts.. Avec une B.O qui nous ramène + de 40 ans en arrière, (Générique avec Bob Dylan) Vraiment les watchmen nous font rêver !

" The times they are a-changin"

16 mars 2009 à 17:03 | Par Carrie
Enfin un film qui ose ...

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

... montrer des gens, héros ou non, sous des facettes plus réalistes qu’à l’accoutumée. Prenant, avec des personnages très charismatiques (Rorschach étant mon préféré) et une histoire à la hauteur, je le conseille à tous ... pour peu que les quelques temps morts de réfléxion durant le film ne vous découragent pas.

31 mars 2009 à 15:03 | Par YellowMan

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