Critique de film

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Vengeance of the Mummy (The)

"La venganza de la momia"
affiche du film

Le grand prêtre Assad Bey décide de ramener à la vie un ancien pharaon: Amenhoptep. Pour lui offrir l'immortalité, Assad Bey va alors écumer les rues de Londres à la recherche de jeunes vierges à sacrifier...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Vengeance of the mummy - Les bandelettes de la mort
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Momies

Après le succès des Vampires du dr Dracula, filmé en 1968, l’haltérophile Jacinto Molina, alias Paul Naschy, décide de poursuivre dans la même veine en incarnant la plupart des « grands monstres » du répertoire horrifique. Outre son lycanthrope Waldemar Daninsky, qu’il incarnera à une douzaine de reprises, Naschy va également revisiter Dracula (Le grand amour du comte Dracula), Mr Hyde (Dr Jekyll y el hombre lobo) et, en 1973, la Momie. Payant son tribut aux classiques de la Universal et aux trois productions Hammer (et en particulier l’initial La malédiction des pharaons), Naschy imagine une intrigue très simple et linéaire tenant davantage de l’hommage appliqué que de la volonté d’innover.

Quatrième collaboration entre l’acteur et le cinéaste Carlos Aured (après le giallo Blue eyes of the broken dolls, le plaisant L’empreinte de Dracula ou le culte Horror rises from the tomb), Vengeance of the mummy se révèle peu passionnant mais reste suffisamment divertissant pour mériter une vision par les amateurs d’horreur rétro.

Comme tous les films de momie, Vengeance of the mummy débute dans l’Ancienne Egypte et plus précisément durant le règne du Pharaon Amenhotep (Naschy). Ce tyran aime sacrifier de jeunes vierges pour boire leur sang et commettre d’horrible torture afin de distraire sa bien-aimée. Finalement, Amenhotep est empoisonné par son propre Grand Prêtre, lequel momifie le corps du souverain et lui interdit ainsi le voyage salvateur vers le pays des morts.

Bien des siècles s’écoulent. La tombe d’Amenhotep est découverte par l’égyptologue Nathan Stern qui ramène la momie à Londres. Quoique nous soyons à l’orée du vingtième siècle, les superstitions sont encore vivaces et Stern rencontre le mystérieux Assad Bey (joué également par Naschy), lequel semble fasciner par le Pharaon défunt. Il apparaît bientôt que le même sang coule dans leur veine et Assad Bey ramène à la vie son lointain ancêtre après une série de sacrifices humains.
Référentiel à souhait, Vengeance of the mummy ne propose rien de bien neuf et se contente de dérouler une intrigue rabâchée qui reprend les éléments déjà rencontrés dans la saga de la Universal. Néanmoins, actualisation du thème oblige, Naschy glisse au sein du métrage une sensualité plus affirmée, qu’il mêle souvent à un sadisme affiché incluant des scènes de torture et de flagellation graphiquement explicites. Niveau gore, Vengeance of the mummy se montre généreux et présente des gorges tranchées, des cranes éclatés, des coups de poignards ou de râteau bien saignants,…

En dépit de contraintes budgétaires parfois gênantes, Vengeance of the mummy parvient à se montre évocateur et efficace, le premier quart d’heure du métrage détaillant, par exemple, les dépravations du Pharaon avec une vigueur réjouissante. Quoique confinées dans une seule pièce, les cruautés détaillées s’avèrent brutales et Paul Naschy est convaincant en tyran avide de sang virginal. La suite, malheureusement, se révèle plus décevant, tant Vengeance of the mummy adopte une structure traditionnelle, accumulant les morts violentes commises par la momie ressuscitée dans un Londres Victorien raisonnablement crédible. La mise en scène de Carlos Aured, pour sa part, reste dans l’ensemble maîtrisée et combine adéquatement un climat de mystère, une atmosphère pesante et une complaisance visuelle réalisant la synthèse abâtardie entre les classiques d’antan et la volonté (à l’époque) contemporaine d’offrir au spectateur sa dose de barbarie sanglante. L’interprétation de Paul Naschy, parfois un peu limitée et figée, reste ici appréciable et sa momie, même ventripotente, est angoissante et possède une prestance menaçante appréciable.

De son côté, le vétéran du cinéma bis, Jack Taylor emporte le morceau en égyptologue distingué et les jeunes beautés espagnoles Maria Silva (L’horrible dr Orloff, La révolte des morts-vivants) et Helga Line (Kriminal, Terreur dans le Shangai Express) rendent le métrage agréable à l’œil.
La créature, pour sa part, loin de l’image traditionnelle d’une machine à tuer manipulée par un adorateur des anciennes divinités, est cette fois présentée comme un être maléfique dont la conscience supérieure lui permet d’imposer sa volonté aux plus faibles. Une intéressante variation sur les figures imposées du genre. Les séquences durant lesquelles la momie hante les égouts ou surgit de l’obscurité brumeuses disposent, elles aussi, d’un pouvoir de fascination appréciable qui élève Vengeance of the mummy au-dessus de la moyenne des productions horrifiques de la même époque.

Hélas, Vengeance of the mummy manque de nerf et de rythme pour réellement passionner, trop linéaire et répétitif pour emporter l’adhésion. Un défaut récurent des « mummy movies », particulièrement visible à la troisième ou quatrième attaque de notre créatures à bandelettes. L’habituelle intrigue policière, à savoir les investigations menées pour confondre l’Egyptien louche, demeure également prévisible et sans beaucoup d’intérêt.

Sans surprise et plutôt languissant, Vengeance of the mummy reste néanmoins un divertissement correct qui saura plaire aux nostalgiques, à condition d’accepter les outrances sanglantes d’un métrage partagé entre respect des traditions et volonté manifeste de jouer la carte de l’exploitation. Moyen mais distrayant, sans plus ni moins.


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