Critique de film

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Vampire lovers (The)

"The Vampire Lovers"
affiche du film

Autriche, début du 19ème siècle. Charmante femme vampire, Carmilla va tenter de se repaître du sang de ceux qui ont commis lâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The vampire lovers - Le déclin de l’empire Hammer
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé alors que la Hammer amorçait son déclin, The vampire lovers reste, en dépit de sa qualité assez moyenne, un des plus fameux métrages produits par la firme durant la dernière décennie de son règne. A cette époque, la vénérable firme anglaise tentait de renouveler son audience sans se départir de son fond de commerce (le fantastique horrifique à l’ancienne, d’inspiration gothique) mais en optant pour un ton voulu plus moderne. Suivant la voie tracée par une plus grande permissivité de la censure, la Hammer décida d’user d’un érotisme prononcé et de scènes d’horreur plus saignantes, une démarche qui l’amena peu à peu à embraser les modes (entre autre le kung-fu) pour se conformer aux gouts – supposés - du public.

The vampire lovers constitue le premier volet d’une trilogie dite « des vampires Karnstein », inspirée de la célèbre nouvelle « Carmilla » écrite par Sheridan LeFanu. L’intrigue, parfois un peu confuse et peu crédible, épouse toutefois une trame classique : une comtesse et sa très jolie fille, Marcilla (Ingrid Pitt), participent au grand bal donné par le vénérable Général Spielsdorf (Peter Cushing dans un rôle fort secondaire). Suite à la mort d’un de ses amis, la comtesse est forcée de partir mais Marcilla, elle, reste chez le général qui l’accueille généreusement dans sa demeure. Peu après, la fille de Spielsdorf, Laura, commence à souffrir de cauchemars récurrents dans lesquels elle s’imagine menacée par un énorme chat. En dépit des efforts entrepris pour l’aider, Laura s’affaiblit et ne tarde pas à mourir tandis que Marcilla quitte la maison du général. Nous la retrouvons ensuite, toujours aussi attirante, auprès d’un certain Roger Morton. Elle se fait alors appeler Carmilla et la jeune fille de Morton, la belle Emma, ne tarde pas à succomber elle aussi à ses charmes vénéneux. Carmilla, bien sûr, est en réalité une vampire lesbienne assoiffée du sang des jeunes demoiselles.

The vampire lovers déroule donc une intrigue fort convenue mais remise au goût du jour par l’utilisation d’une sexualité plus explicite. L’argument saphique est bien sûr utilisé pour deux raisons principales : d’une part renouveler un tant soit peu cette très classique séduction d’une victime par son « bourreau » vampire et, d’autre part, afin d’offrir aux spectateurs une poignée de séquences érotiques. Aujourd’hui, ces passages paraîtront d’une grande pruderie mais, en 1970, ces très suggérées séquences de séduction féminine, assorties de fréquentes nudités (parfois intégrales !) permirent au film de Roy Ward Baker d’obtenir son petit succès commercial.

Le métrage bouleverse également certaines règles concernant les vampires puisque ceux-ci, privés de leur linceul, ne peuvent pas trouver le repos. Il est également possible de les décapiter pour les détruire, alternative pratique au traditionnel pieu dans le cœur, mais leurs seules faiblesses sont l’odeur des fleurs d’ail et la vue de la croix. Les vampires peuvent, en effet, se promener en plein jour (même si l’éclat du soleil leur pique les yeux) et préfèrent le confort d’un lit au traditionnel cercueil, ce qui s’avère plus pratique lors de leurs ébats amoureux. Leurs canines sont, en outre, rétractables, ce qui leur permet davantage de discrétion. Ils semblent aussi avoir le pouvoir de se dissoudre dans l’air ou de se transformer en animal mais The vampire lovers ne se montre guère explicite à ce niveau.

Dommage qu’en dépit d’une durée assez courte (à peine une heure trente minutes), The vampire lovers s’égare parfois dans des digressions sans intérêts. Les apparitions, plus grotesques qu’effrayantes, d’un maître vampire ricanant sur son cheval n’apportent par exemple strictement rien au récit et s’avèrent totalement inutiles. Le manque de moyens et les ambitions limitées (visant la rentabilité à tout prix) rendent également certaines scènes assez risibles, les dialogues souvent insipides n’arrangeant pas non plus les choses. Roy Ward Baker, artisan solide ayant quelques belles réussites à son actif (en particulier l’excellent Les monstres de l’espace), donne un certain style au métrage mais parait peu à l’aise lorsqu’il s’agit de filmer l’érotisme, pourtant l’argument principal de cette production un peu trop racoleuse pour convaincre.

Quelques belles séquences subsistent pourtant, en particulier le très efficace prologue, mais, dans l’ensemble, The vampire lovers distille surtout un ennui poli en dépit des passages gentiment sexy ou vaguement sanglants qui le ponctue à intervalles réguliers. Notons toutefois un intéressant glissement du « potentiel de sympathie » envers les vampires, présentés ici comme de jeunes femmes libérées, amoureuses et avides d’une relation éternelle avec leurs victimes. Les chasseurs de vampires, eux, paraissent des êtres rigides, réprimés et répressifs, aveuglés par la religion et le puritanisme. Une vision romantique reprise ensuite par de nombreux métrages ultérieurs, comme par exemple les versions de Dracula signées John Badham ou Francis Ford Coppola, sans oublier les adaptations de Anne Rice. Malheureusement, cette thématique, plus esquissée que frontalement abordée, ne suffit pas à rendre The vampire lovers réellement passionnant.

La présence de la sensuelle Ingrid Pitt et du toujours très professionnel Peter Cushing donne un certain intérêt à The vampire lovers mais rien ne permet d’élever le résultat au-delà du simple divertissement sympathique pour nostalgiques. La Hammer, commercialement satisfaite du résultat, poursuivra pourtant la saga avec Lust for a vampire et Les sévices de Dracula.

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