Critiques/Analyses

Une nuit en enfer - Saison 1 (2014)

18 mai 2015 | Par : Samuel Tubez

Canines en série

De : Robert Rodriguez
Avec : D.J. Cotrona, Zane Holtz, Jesse Garcia, Eiza González, Robert Patrick, Don Johnson, Madison Davenport,…

Entre les empoignades musclées de Machete et les multiples vices des citoyens de Sin City, le touche-à-tout Robert Rodriguez prolonge l’un de ses plus célèbres succès cinématographiques dans cette série désormais disponible en Blu-Ray/DVD après sa diffusion en exclusivité sur Netflix.

Fruit de la collaboration du maquilleur Robert Kurtzman, du scénariste Quentin Tarantino et du réalisateur Robert Rodriguez, Une nuit en enfer remporte un joli petit succès lors de sa sortie en salles en 1996 grâce à une rupture de ton pour le moins inhabituelle à l’époque. Suivant deux frères en cavale qui kidnappent un pasteur et sa famille pour passer la frontière mexicaine, le métrage basculait dans sa seconde partie dans l’horreur démonstrative, le road movie sordide faisant place au délire gore jouissif, sorte de rencontre alors improbable entre Pulp Fiction et Braindead. Entre le reboot et le remake, la série reprend les plus illustres éléments du film ainsi que ce retournement significatif pour nous raconter de nouveau la cavale de Seth et Richard Gecko qui aboutira au célèbre bar « Titty Twister ».
En chemin, les dix épisodes que contient cette première saison nous présentent de nouveaux personnages et tentent d’approfondir certains backgrounds. Ainsi, on retiendra que le sheriff McGraw (Don Johnson, qui poursuit son come-back entamé avec Machete), s’il ne survit toujours pas dès l’entame (le pilote mettant en scène l’altercation dans la boutique de spiritueux qui servait d’intro au film), revient régulièrement dans des flashbacks au fil de la saison pour aiguiller le nouveau ranger Freddie Gonzalez (Jesse Garcia alias Rafi dans Sons of Anarchy) qui poursuivra les malfaiteurs jusqu’au Mexique. Jadis interprété par Cheech Marin, le mafieux Carlos (Wilmer Valderrama, connu pour le rôle de Fez dans That ‘70s Show), que doivent retrouver les frangins une fois passée la frontière, prend ici de l’ampleur en se révélant être très tôt un redoutable suceur de sang, de même que la déesse Santanico Pandemonium (Eiza Gonzalez ; la telenovela Amores verdaderos) qui attire vers elle un Richie Gecko en proie à d’étranges visions…. Si l’intention de développer certains de ces personnages était louable et que certains ajouts s’avèrent parfois intéressants, comme l’utilisation de la mythologie mésoaméricaine pour donner de l’épaisseur à des créatures de la nuit arborant une apparence reptilienne, force est de constater que l’ensemble s’étire souvent inutilement là où le film faisait preuve d’une certaine efficacité.
L’incorrigible Rodriguez accumule ici une fois de plus les postes, dirigeant lui-même pas moins de quatre épisodes dont le pilote (Eduardo Blair Witch Sánchez ou Fede Evil Dead Alvarez figurant parmi les autres réalisateurs du show) où il n’hésite jamais à reprendre au plan près les séquences les plus cultes de son long métrage, punchlines comprises. De quoi se sentir floués face à des redites possédant bien moins d’impact que les scènes originales d’autant que le casting, singeant jusqu’à la caricature celui du film, n’offre que peu de satisfaction. Il en est par exemple ainsi de D.J. Cotrona et Zane Holtz (respectivement vus dans G.I Joe : Conspiration et Le Monde de Charlie) dans la peau de frères Gecko bien fades comparés à leurs homologues de 1996 (même s’il n’est pourtant pas difficile de rivaliser en terme d’acting avec Tarantino) ou de Robert Patrick (qui tenait par ailleurs le rôle principal dans le très médiocre « DTV » Une nuit en enfer 2 – Le prix du sang) dans la défroque d’un Jacob Fuller bien en-deçà de la prestation d’Harvey Keitel. Pas étonnant que Quentin Tarantino et Robert Kurtzman, qui sont à l’origine de l’histoire originale (le premier ayant « grossi » le script du second à l’époque), soient resté à distance, étant uniquement crédités en tant qu’auteurs de l’idée originale sur cette adaptation.

Difficile au final de ne pas se prêter au jeu de la comparaison face à cette série au demeurant riche en hémoglobine (à l’instar du 7ème épisode débutant sur les chapeaux de roues suite à la fameuse danse lascive de Santanico Pandemonium) et qui ne commence à véritablement se dédouaner du film qu’en fin de parcours, esquissant notamment une sous-intrigue impliquant l’existence de neuf seigneurs à la tête de la communauté vampirique qui devrait être développée dans une seconde saison. Mais il faudra jusque-là digérer les nombreuses scories propres au cinéma de Rodriguez : trop (auto)référentiel, visuellement bâclé (certains FX numériques sont hideux), tiré en longueur ou encore une outrance de tous les instants. Incorrigible, même sur format feuilletonesque, el pendejo !


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