Critique de film

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Tripper (The)

"The Tripper"
affiche du film

Une satire politique sanglante autour d'un groupe d'amis qui se rend à un grand concert du type Woodstock pour un week-end de débauche. Ils se feront suivre par un tueur fanatique déterminé à finir ce qu'il a commencé des années auparavant.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The tripper - A very bad trip...
Par : Damien Taymans
Tags : Slasher

La fin des années 90 et le début des années 2000 vit une renaissance croissante des films de slashers, génération post-Scream dont les produits ne furent que rarement à la hauteur des espérances. Ainsi, on eut droit aux suites Souviens-toi l’été dernier, aux Urban legends et, plus récemment, à Behind the mask ou encore The hatchet. Fort de l’expérience en tant qu’acteur au sein de la trilogie qui relança cette mode, David Arquette décide de passer de l’autre côté de la caméra pour nous fournir sa propre vision des choses avec The tripper.

Nul doute que sieur Arquette, le chanceux mari de la magnifique Courteney Cox qui co-produit le film, est un véritable fan des films de genre et que sous l’œil avisé de Wes Craven, il a pu apprendre bon nombre de ficelles concernant ce type de film pour adolescents boutonneux. Bien plus, rappelons que Scream se faisait le porte-parole parodiques des contenus inévitables des films d’horreur, déstructurant chacun d’entre eux et en reproduisant les artifices les plus savoureux pour les besoins de la cause. En matière d’armes, on ne pouvait donc faire mieux. The tripper se ressent d’ailleurs de cette influence, arborant un style gentillet et jouant de manière abondante avec les codes du slasher inflexible.

De manière abondante mais pas irréfléchie puisque si la forme classique des films dont s’inspire The tripper est reproduite, elle l’est de manière décalée et tout à fait originale. Déplaçant quelque peu ses propos, Arquette nous sert son métrage dans une ambiance psychédélique, reproduisant à merveille les bad trips que subissent ces jeunes hippies écervelés. Une idée opportuniste qui permet au réalisateur de bâtir sur de sérieuses assises immuables une œuvre originale et comportant un certain intérêt, ne serait-ce que par l’utilisation très mouvementée de sa caméra qui nous emporte rapidement dans un ciel étoilé de couleur mauve, pourpre et bleu à la fois. De même, l’essai politique auquel s’essaie Arquette est une entreprise honorable, permettant de faire passer certaines allusions assez grossières sur les républicains et témoignant avec de gros sabots du danger imminent que représentent les personnes omnipotentes avides de guerre et de suprématie territoriale.

Cependant, si ces qualités sont indéniables, elles ne parviennent pas à faire complètement digérer un métrage trop inégal pour être réellement bandant. Les propos politiques peuvent aisément être balancés d’un tournemain tant ils ne respirent pas l’intellectualisme qu’ont pu insuffler à leurs œuvres des gens comme Romero et autres Cohen. Brossé à la va-vite, expédié en deux coups de cuillères à pots, ce traitement stratégique ne comporte finalement pas plus de fond qu’il n’y paraît et tombe très vite à plat. Une idée sympa qui se change en franche comédie rigolarde baignée dans une foule de distractions.

Peinant à se tenir à son film rouge, The tripper égare ses spectateurs par la multiplicité de ses propos. Des hippies en nombre, une fête étrange et un organisateur avide de blé, un shériff trop sérieux et son adjoint ridicule, un vieux garde forestier, l’ex de l’héroïne, le tueur au visage de Reagan, c’est un peu beaucoup pour un seul film. On sent alors que le seul but d’Arquette était d’offrir au public assoiffé de sang son lot d’hémoglobine. Contrat pleinement réussi au détriment d’une véritable histoire. Pari mal dosé puisque, à force d’en avoir trop dans la vue, le public ne parvient plus à suivre un scénario bien trop complexe pour être honnête.

Reste en définitive que ce métrage bouclé en 21 jours pour une poignée de dollars est rempli de bonnes intentions. Mais, comme tout le monde le sait, l’enfer en est pavé… Des choix sympathiques mais mal négociés, une idée brillante péniblement exploitée. Nul doute cependant qu’Arquette ne se dégonflera pas avec pareille mésaventure et que ses réalisations ne feront que se bonifier avec le temps…


Critique de The Tripper - Mauvais trip, peu de tripailles...
Par : Gore Sliclez

David Arquette fait partie de ces trentenaires qui ont passé leur enfance dans cette Amérique ultra républicaine qui se moquait des questions d’environnement, faisait sa guerre des étoiles avec l’URSS, le tout dans une inquiétante surenchère armée et en dépit de l’augmentation du déficit national. Un pays dirigé par le Grand Communicateur Ronald Reagan, quarantième président des Etats-Unis d’Amérique, capable de vous virer en un clin d’œil pas moins de 12 000 contrôleurs aériens qui avaient eu le malheur de faire grève et de soutenir le candidat Carter aux présidentielles.

C’est dire l’amertume d’un démocrate convaincu comme Arquette plus de vingt ans après et sa désillusion actuelle de revoir l’histoire se répéter sous le règne de W. Il n’en fallait pas plus à notre apprenti réal pour se lancer dans un projet satyrique qui règlerait ses comptes à distance et à titre posthume avec cette Amérique conservatrice et rigoriste.

« Un hippie est quelqu’un qui ressemble à Tarzan, marche comme Jane et pue comme Cheetah » lançait avec dédain Ronald Reagan au début de son mandat. Exploitons cette réflexion à travers une satire se dit Arquette et filmons alors une chasse aux hippies en plein Free Love festival où drogues en tous genres et pépés à poils sont au rendez-vous. Buzz le policier (Thomas Jane peu avant The Mist), la moustache et les lunettes YMCA (mais sans l’éclair vous me suivez ?) est un peu dépassé par les évènements surtout quand un serial-killer, couvert d’un masque en caoutchouc du célèbre président et muni d’une hache décime un à un les festivaliers. Parmi ceux-ci on reconnaîtra également Lukas Haas (vous vous souvenez du petit Witness ?) et Courteney Cox dans une très brève apparition (comme d’hab’).

Mais bon voilà, bourré de clichés horripilants,The Tripper n’arrive pas à nous faire peur (les scènes gore sont trop naïves, voire maladroites), ne fait pas rire (humour ras du plancher) et n’apporte aucune réflexion pertinente (on parlait de quoi encore ?), un comble pour un film satirique. Pire, le film accumule des longueurs qui cassent le rythme d’une œuvre déjà peu énergique et qui passe donc à côté de ses objectifs. Voulant bien faire et avec un cœur gros comme ça, Arquette s’emmêle les pinceaux et nous offre un slasher insipide et ennuyeux. Dommage car le projet était plutôt couillu et méritait mieux…


Critique de The Tripper - Même pas défoncé !
Par : Samuel Tubez

Quand le sympathique Dewey (remember Scream) passe derrière la caméra pour mettre en scène un slasher anti-républicain sanglant avec plein d’ados défoncés, on est forcément interloqué. Peace & Love ? Fuck & Gore ouais !

Alors qu’ils se rendent à un festival de musique très Peace & Love, quelques jeunes doivent lutter pour leur survie face à un redoutable tueur portant un masque de Ronald Reagan.

Comme dans beaucoup trop de slashers, le film de David Arquette se résume à une seule phrase. Et bien que le bonhomme soit pourvu d’une tonne de bonnes intentions, son « Tripper » tombe finalement dans les banalités du genre. Sans pour autant être honteux, le long métrage n’emballe pas plus que ça et s’oublie même très vite. Quelques seconds rôles amusants (Paul Reubens en grande forme), un gore débridé ainsi qu’un ou deux protagonistes qui se baladent à poil maintiennent l’attention mais on était en droit d’attendre davantage d’un slasher mettant en scène un tueur déguisé en Reagan. Quelques blagues font bien leur apparition pour marquer le coup (« Ne me tuez pas, je suis républicain ! » s’écrie une future victime), mais guère plus. On assiste donc au spectacle sans aucune véritable excitation et on observe les délires d’Arquette qui semble s’amuser à reproduire visuellement les effets provoqués par certains psychotropes. Las, pour me consoler et véritablement triper, j’vais plutôt m’en rouler un petit, tiens !

Amusant au début, The Tripper trouve malheureusement très vite ses limites et ne tient éveillé que grâce à ses excès gores et son ton on ne peut plus débridé. Plutôt un bad trip(per), donc.

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