Critique de film

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Traque (La)

"La traque"
affiche du film

L’action de Prey débute un soir où plusieurs cerfs se jettent inexplicablement sur la clôture électrique d’une exploitation agricole. Apercevant de profondes traces de morsures sur les cadavres des bêtes, les propriétaires de l’exploitation comprennent qu’un prédateur sévit dans les bois alentours. Décidée à le chasser, la famille d’agriculteurs s’enfonce au cœur de la forêt voisine. Stupéfaits, ils constatent que la nature environnante se meurt, ravagée par un mal inconnu. Alors que le soleil décline, des hurlements retentissent autour d’eux. Les chasseurs sont devenus les proies...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Proie - Razor-back
Par : Damien Taymans
Tags : Animaux-tueurs, BIFFF 2011

Etre serf au Moyen Age, c’était certes pas tous les jours folichon, mais être cerf de nos jours, c’est pas forcément un coup à avoir son bout de bois quotidiennement. La preuve : en Bourgogne, v’là qu’ils se mettent à se suicider sur des les clôtures électriques pour manifester contre les engrais chimiquement modifiés que l’entreprise du patelin vient de déverser dans leurs forêts. Pourtant, cette version harakiri de type "Life is a biche" n’est que le cadet des soucis des chasseurs qui prennent le diable au cor : bientôt ils se retrouvent confrontés à une fameuse équipée de sangliers plutôt féroces...

Un first time director frenchy qui s’attaque à une version hexagonale du Razorback de Mulcahy, les frissons parcourent l’échine de l’amateur de genre, persuadé que cette nouvelle livraison française n’est qu’une énième zèderie non-assumée qui, à coups de dialogues tout droit sortis du plus nullâtre des Navarro et de personnages stéréotypés jusqu’à l’indigestion, risque de venir garnir un tableau de chasse déjà bien fourni. Les récentes prospections bleu-blanc-rouge sur les terres des zombies (La Horde, La meute), du survival à tendance monstrueuse (Lady blood), nazie (Frontières) ou préhisto-comique (Humains) naviguant entre le mi-figue mi-raisin et le franchement blet, la partie de chasse annoncée menée par des campagnards bourguignons à l’encontre des sangliers mutants provoquait quelques rictus incontrôlables à la commissure des plus dubitatifs.

Pourtant, sous ce titre insipide de Proie, se cache une pellicule plutôt bien montée qui parvient à faire naître la tension à partir de quatre bouts de ficelles et d’un brin d’ingéniosité (les attaques porcines sont suggérées par l’animation des feuillages et par les grognements assourdissants qui agressent les tympans des protagonistes) et à faire parfois oublier le budget rachitique dont a disposé Antoine Blossier pour porter à l’écran cette odyssée horrifique champêtre. Pas dépaysante pour un sou, la forêt bourguignonne cède d’ailleurs la vedette, en matière d’exotisme, à la bourgeoisie locale moins inféodée aux traditions qu’au capitalisme ambiant, le gérant de l’entreprise de pesticides familiale négligeant le patrimoine au profit d’une compétitivité sans cesse plus astreignante.

L’économie de moyens perpétuelle dont fait preuve, par contrainte, le réalisateur entraîne souvent le spectateur hors des sentiers battus, au point qu’il s’égare dans cet amas de broussailles ténébreuses desquelles point assez rarement le bout d’un groin. Avec des séquences d’attaques plus lisibles et des personnages moins stéréotypés, Proie aurait certainement proposé un spectacle plus attractif...


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