Towanda ! Emprise, Trash Times et Hammer Forever

10 juillet 2015 | Par : Darkness Fanzine | Des mags

L’offre de fanzines n’a jamais été aussi dense. Vous vous rappelez ? Un constat posé sur ce site qui avait alors secoué le microcosme et provoqué une incompréhension voire quelques indignations. Un constat qui ne traduisait pourtant rien d’autre qu’une crainte argumentée de voir les mêmes sujets traités en boucle de fanzine en fanzine, d’année en année. Une fusée rouge, un appel confraternel à l’éclectisme et à l’authenticité. Le calme revenu, il me faut donc désormais confronter mon inquiétude à la réalité, en examinant d’un peu plus près certains des différents titres parus ces dernières semaines parmi lesquels, deux petits nouveaux.

Towanda ! est l’un d’entre eux. Sans prétention, le premier numéro d’une cinquantaine de pages photocopiées en noir et blanc, compilant chroniques et critiques, prolonge le blog éponyme tenu par Nathalie Egaleco, et nous régale d’informations inédites sur les courts métrages présentés au festival Bloody Movies de Villejuif en avril 2014. Oui, des informations tardives certes, mais inédites ! Pour deux euros seulement, le lecteur peut donc découvrir une flopée de réalisateurs peu (ou pas) connus dont le travail pelliculaire (ou numérique) est disséqué sans complaisance par la plume franche et parfois tranchante d’une fanéditrice passionnée de cinéma. Complètement décalé, le numéro de mai 2015 aborde des films et des sujets avec souvent plus d’une année de retard au compteur. Un choix éditorial délibéré et assumé qui finalement convient parfaitement à ce fanzine dont les libertés de ton et de forme nous font oublier certains petits défauts inhérents à la publication d’un premier numéro. A suivre avec un grand intérêt.

Emprise est également nouveau sur la scène du fanzinat. Le premier opus de l’entreprise, édité en mai 2015 par Nicolas Milin dans format A5 avec une couverture en couleurs et un contenu noir et blanc couché sur papier glacé, nous offre un regard affectueux et personnel mais un peu trop court sur l’œuvre magistrale de William Friedkin. Mais c’est incontestablement la tribune de Romain Raimbault sur la monstruosité et la sexualité à l’écran, qui m’a interpellé. Une réflexion poussée et captivante sur l’analogie discursive entre le gore et la pornographie au cinéma, articulée autour des œuvres de Cronenberg, Tsukamoto, Barker ou encore Nishimura. Un fanzine qui se cherche mais un numéro qui devrait permettre à ses auteurs de lui trouver rapidement une identité.

Trash Times est définitivement un objet pas comme les autres. Une mise en page à tomber, une signature incroyable et un contenu singulier caractérisent le quinzième numéro du « fanzine des profanateurs de sous-culture » disponible après dix années de purgatoire. Un curieux mélange de chroniques sur le cinéma indépendant, la musique punk, la lucha libre, les bandes dessinées underground et tout un tas de revues un peu déjantées, ponctué de très nombreux entretiens inédits dont ceux accordés par Jimmy Malson (Something Weird Video), Frank Henenlotter (That’s Sexploitation), Laurent Lerner (Label Delirium) et Rich Sala (The Creeps). Une mention particulière pour la rubrique freak-o-rama qui, dans ce numéro, nous propose l’histoire incroyable et émouvante de Maurice Tillet, le French Angel des rings, qui n’a malheureusement pas réussi à imposer sa « gueule » au cinéma malgré des apparitions dans Les Mains d’Orlac, Regain, ou encore le cultissime Plan 9 from Outer Space. Piloté par Guillaume Richard et sa bande, Trash Times (Redux) coûte 6 euros pour 36 pages pleines de couleurs et de folie.

Hammer Forever sort lui aussi du réfrigérateur au moment même où les cinéphiles du monde entier apprenaient la triste disparition de Sir Christopher Lee. Avec ce trente-neuvième numéro tout en couleurs, Didier Lefevre nous offre un beau cadeau, un retour illustré vers le passé glorieux des célèbres studios britanniques, accompagné pour l’occasion des avis éclairés de Romain Hermant (le co-fondateur du fanzine), de Yohann Chanoir, de Claude Gaillard et de Jacques Coupienne. Une quarantaine de pages bien épaisses pour tout savoir sur les Robin des bois de la Hammer, les châteaux de la Hammer, ou encore La Maison de tous les cauchemars... de la Hammer.

Bref, je ne peux que vous recommander la lecture estivale de ces quatre fanzines, très différents, dont l’unique point commun réside dans l’envie déraisonnable de parler de cinéma autrement. Au moment de boucler cet article, j’apprends que le seizième numéro de Vidéotopsie (déjà !) édité par l’ami David Didelot, devrait sortir en octobre prochain . Ah, que de fanzines (de qualité) !

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