Critique de film

pub

Tombe de la momie (La)

"The Mummy's Tomb"
affiche du film

Un grand prêtre se rend en Amérique avec Kharis, la momie vivante, pour tuer les membres de l'expédition qui ont profané le tombeau de la princesse Ananka 15 ans auparavant...

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de La tombe de la momie - On prend les mêmes et on recommence
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Momies

Au début des années 40 la Universal, à la recherche d’une nouvelle star de l’horreur à même de remplacer Boris Karloff et Bela Lugosi, tente d’imposer Lon Chaney Jr. L’acteur se retrouve donc à plusieurs reprises dans le rôle du loup-garou, qui le rendra célèbre, mais reprend également les rôles popularisés par Karloff. Il est ainsi le monstre dans Le fantôme de Frankenstein et la momie dans ce Mummy’s tomb, troisième volet de la saga initiée une dizaine d’années auparavant par Karl Freund.

La tombe de la momie illustre la passation de pouvoir entre l’ancien et le nouveau Grand Prêtre de Karnak. L’intrigue débute réellement une trentaine d’années après le précédent épisode (La main de la momie) et se situe cette fois en Amérique au début des années 40. Steve Banning, à présent un vieillard, raconte à son fils John et sa future belle-fille Isobel, sa première rencontre avec la momie revenue à la vie de Kharis. Les dix premières minutes vont ainsi consister en une série de flashbacks rappelant aux plus distraits les événements survenus dans La main de la momie. Pendant ce temps le Grand Prêtre Andoheb, que l’on croyait mort, confie à son successeur, Mehmet Bey, le secret des feuilles de Tana capables de garder en vie et d’animer la momie de Kharis, laquelle a également échappé à la destruction par le feu.
Ce nouveau disciple de l’ancienne magie égyptienne possède à présent les informations nécessaires pour se venger des Occidentaux ayant violé la sépulture de la princesse Anankha. Devenu le gardien du cimetière d’une petite ville américaine du Massachusetts, Mehmet Bay prépare, incognito, sa vengeance. Steve Banning sera le premier à périr de la main de la momie mais nul ne parvient à trouver une explication à ce crime. « Babe » Hanson, qui participa lui aussi à l’expédition égyptienne, la fournira : Kharis est toujours vivant et décidé à se venger. D’abord incrédule John Banning finit par se rendre à l’évidence : la momie décime toutes les personnes ayant jadis profanés la tombe d’Anankha. Après la mort de son père, la malédiction pèse à présent sur lui et sa fiancée.

La tombe de la momie poursuit sans grande surprise une saga répétitive et linéaire dont les différents films se contentent de reprendre les éléments antérieurs en ne proposant que des variations minimes sur un schéma narratif peu original.
Lon Chaney Jr, catapulté star du long-métrage, n’offre pourtant qu’une figuration «  améliorée » : il traine la jambe, se tient le bras et avance d’une démarche de zombie léthargique, ne prononçant pas la moindre parole durant l’entièreté du film. L’aspect tragique, voire même romantique, du personnage se trouve ainsi évacué, une démarche comparable à celle effectuée sur la série des Frankenstein qui voit peu à peu le monstre devenir une simple machine à tuer. Niveau scénario, personne ne s’est vraiment foulé pour accoucher d’une intrigue originale et en dépit de sa durée très réduite (une heure pile poil !) La tombe de la momie paraît un peu répétitif. Le grand prêtre éveille la momie, l’envoie en mission, les loups hurlent à la (pleine) lune et les victimes, sans doute paralysées par la peur et l’incrédulité, attendent que les mains du monstre se referment sur leur gorge. Comme toujours le grand prêtre finit par tomber amoureux de la fiancée du héros, laquelle lui rappelle étrangement son défunt amour. Mais ce plan retors sera contrarié par le héros, justement, qui finira par s’interposer et battre la momie Kharis et le grand prêtre. Rien de bien neuf pour quiconque a encore en mémoire La momie et La main de la momie dont ce métrage recycle les thèmes principaux avec compétence mais sans le moindre enthousiasme.

La tombe de la momie n’a pas bénéficié d’un budget très important et cela se voit lors des scènes « empruntées » à des métrages antérieurs : les dix premières minutes sont pratiquement entièrement constituées de séquences puisées dans l’épisode précédent et le final recycle une nouvelles fois les scènes de foule de Frankenstein lorsque les villageois en colère partent traquer le monstre, la torche à la main. La transition entre les images de Tom Tyler (jouant la momie dans l’épisode précédent) et celles d’un Lon Chaney Jr beaucoup plus ventripotent demandera au public une certaine indulgence. Sans doute pas très regardant, le film rebaptise également le personnage de Babe Jenson, devenu Babe Hanson mais toujours incarné par Wallace Ford, néanmoins plus sérieux que dans La main de la momie. Le nombre de feuilles de Tana nécessaire à maintenir en vie la momie varie également d’un métrage à l’autre et le grand prêtre, mort dans le final du précédent épisode, revient à la vie sans aucune explication. Tout comme Kharis il n’était sans doute que blessé… Bref, La tombe de la momie ne fait guère d’effort pour respecter le mythe bâti dans les deux premiers volets et se montre souvent paresseux au point de multiplier les erreurs grossières. Le métrage en lui–même souffre en outre d’incohérence et use de trucs éculés pour éviter à l’intrigue de s’enliser. Citons ainsi ce vieil homme qui, apprenant qu’une momie sème la terreur, s’exclame soudain « Figurez-vous que le nouveau gardien de cimetière est égyptien et qu’il parle sans arrêt de sorcellerie, c’est quand même bizarre, non ? ». Il n’en faut pas plus pour que la foule en colère parte vers le cimetière pour demander des comptes à notre homme qui, bien sûr, n’est autre que le Grand Prêtre.

En dépit de ses nombreux défauts, La tombe de la momie demeure pourtant divertissant. Le rythme est correct, l’action ne traîne guère en route et le réalisateur ne perd pas beaucoup de temps à nous présenter les personnages, préférant se consacrer davantage à la momie qui, comme un futur Jason ou Freddy, surgit à intervalles réguliers pour assassiner un membre du casting. Si l’histoire est sans surprise, les décors sont potables, les acteurs relativement concernés et la mise en scène suffisamment professionnelle pour que cette oeuvre parvienne à distraire le spectateur nostalgique, d’autant que les éléments comiques du précédent et la dimension « aventures » du premier s’éclipsent pour accoucher d’un titre davantage porté vers le fantastique et les clichés (sympathiques) de l’épouvante. Une petite série B sans conséquence mais une heure qui passe agréablement, n’en demandons pas plus à cette Tombe de la momie.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage