Critique de film

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The Scribbler

"The Scribbler"
affiche du film

Antichambre de l’enfer sur terre, la Tour Juniper regroupe une variété de sociopathes et dégénérés mentaux, violents de préférence.Un enfer dans lequel vit Suki, une jeune femme qui tente de vaincre sa maladie mentale à l’aide d’un nouveau traitement dont elle ne contrôle pas tous les effets… Alors que les meurtres se succèdent à Juniper, Suki va très vite devenir le suspect n°1.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Scribbler - Vous reprendrez bien une petite dose d’électrochocs ?
Par : Fred Bau

Si John Suits ne s’est jusqu’ici guère illustré dans le genre que comme un faiseur relativement moyen (notamment en tant que réal d’un Breathing Room qui tentait d’emboiter le pas à Saw), il serait injuste et dommageable de rapprocher trop étroitement son troisième opus de Sucker Punch. Certes, à l’instar de ce dernier, The Scribbler nous propose de rentrer dans l’univers psychique intime d’une minette perturbée avoisinant l’adolescence. Mais Zack Snyder, rappelons-le, cédait à la tentation d’une débauche référentielle geek sans queue ni tête (ah bon, c’est ça que les filles ont dans la tête ?). John Suits se distingue quant à lui en adaptant le graphic novel éponyme méconnu de l’artiste indépendant londonien Daniel Schaffer (principalement connu en Angleterre pour sa série de comics déjantée Dogwitch, et à qui l’on doit le scénario de Doghouse), lequel aura participé directement à l’adaptation en tant que scénariste.

Situer The Scribbler au croisement du film de super-héros et du thriller psychologique, est, toute proportion gardée, à peu près aussi vain que de prétendre informer un spectateur sur ce qui l’attend en lui présentant un Lost Highway de David Lynch ou un Identity de James Mangold comme des thrillers schizophréniques. Car à bien des égards, sa trame narrative, complexe et multicouche (voix off, récit rapporté à rebours par témoignage et ponctué de flashbacks épileptiques, confusion volontaire permanente entre réalité et fiction), qui nous plonge de plein pied dans un chaos post-adolescent, oscille dans les mêmes eaux troubles, la maîtrise manipulatrice et les moyens financiers en moins, mais avec néanmoins un soupçon de fraîcheur et d’originalité inventive non négligeable. Nous suivons, ou plutôt, essayons de suivre Suki (Katie Cassidy), atteinte d’un trouble de personnalité multiple (dont la figure la plus inquiétante et mystérieuse est la gribouilleuse (the scribbler), celle qui écrit à l’envers), laquelle sort tout juste d’internement psychiatrique et intègre la tour Jupiter, afin de terminer elle-même son traitement au moyen d’une machine expérimentale. Un traitement qui n’est pas sans effets secondaires.

Dès son arrivée au pied de la tour, un résident se suicide en se jetant dans le vide. En atteignant le tarmac, le corps qui s’écrase éclabousse le visage de Suki qui fait une moue blasée. Puis peu après avoir croisé une fille toute nue qui a la phobie des vêtements, elle rencontre une certaine Cléo (la sublime Gina Gershon), qui lui souhaite "bienvenue dans l’aile des suicidés". Alors que Suki doit se battre avec sa propre maladie, elle deviendra le suspect numéro 1 d’une série de meurtres. Le ton décalé, caustique, irrévérencieux, et emprunt du sens de l’ironie subversif propre à Schaffer est immédiatement donné. La tour Jupiter, lieu quasi unique de tout le film, est, pour faire court, une sorte d’espace intermédiaire entre le monde du chaos, de la folie et de l’imaginaire, et celui de l’ordre et des conventions sociales. La machine, dont on ne saura pas grand chose en définitive, supposée guérir Suki, évoque sans complaisance des temps barbares pas si lointains que ça, où la psychiatrie prétendait soigner les gens à coups d’électrochocs et de lobotomie.

Avec aussi peu de moyens que d’acteurs, John Suits se débat vaille que vaille pour construire un petit film en définitive inclassable, et pas vraiment racontable. Si le graphic novel original pulvérise volontairement les codes du comic book en opérant une mise en abîme géniale du besoin d’évasion qui concerne autant l’auteur que le lecteur, le film souffre de trop peu de moyens, et de trop de scories maladroites (oui, on sait ce qu’est une métaphore mr Suits) pour pouvoir atteindre le statut de véritable déconstruction du film de super-héros. Il n’en demeure pas moins pertinent dans son traitement relativement adulte du chaos post-adolescent qui accapare son héroïne. Si la narration, elliptique, reste ouverte à l’interprétation, le thème qui se dégage est moins celui de la schizophrénie que de la découverte douloureuse de soi, et de la difficulté de construire sa propre personnalité. Une découverte qui passe nécessairement par le sexe, le sang, la merde, le doute, le tumulte, la révolte, l’angoisse et le désespoir. Une découverte où il n’est écrit nulle part que nous sommes tous destinés à ressortir épanouis.

A l’heure où le film de super-héros est devenu un genre à part entière, The Scribbler est à ranger aux côtés de Chronicle sur le rayon des films qui possèdent le mérite de naviguer sur un terrain extrêmement balisé et calibré en y apportant une fraîcheur bienvenue. Moins maîtrisé que ce dernier, mais plus subversif, et bien plus original.

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