Critique de film

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Ténèbres

"Tenebrae"
affiche du film

Un écrivain populaire américain, Peter Neal, spécialisé dans la série noire, se rend à Rome pour faire la promotion de son nouvel opus, Ténèbres. Dès son arrivée, plusieurs personnes sont assassinées selon un schéma comparable à celui des meurtres qui jalonnent son roman.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Ténèbres - Il Maestro e genialissimo !
Par : Quentin Meignant
Tags : Giallo

Ténèbres est à n’en point douter l’un des chefs-d’œuvre de Dario Argento ! Mieux, il prouve aux yeux des cinéphiles du monde entier la grandeur de son talent et la qualité de sa filmographie toute entière ! C’est une sorte d’aboutissement de l’implication du Grand Maître dans le Giallo, genre qui lui fut particulièrement cher.

Après une incursion dans le monde de l’horreur et du fantastique avec des titres particulièrement réussis comme Suspiria ou encore Inferno, Argento décida de revenir le temps d’un films à ses premières amours pour notre plus grand bonheur. Et dire qu’on croyait perdu le temps où Argento nous avait régalé avec ses Frissons de l’angoisse !

Le film commence comme un bon film de serial-killer : des victimes à gogo, un lien plus ou moins spirituel avec un écrivain à succès et un enquêteur borné prêt à tout pour retrouver le coupable. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil ! Ce manque d’originalité dans la première phase du film pourrait en décourager certains, pensant avoir droit à un film sans imagination aucune.

Que ces derniers se détrompent ! Argento est en train de placer les balises d’une intrigue bien plus profonde qu’il n’y paraît. Certes, on peut être rebuté devant cette première partie plutôt lente de l’ensemble mais c’est un mal pour un bien tant la deuxième partie est originale et attrayante.

Cette originalité est puisée dans le fait que nous assistons à une affaire criminelle particulièrement vicieuse à deux entrées. C’est une apologie de la cruauté, du fanatisme et des pulsions humaines. Rien n’est évident dans ce scénario sortit de l’imagination incroyable d’un Dario, qui aurait fort bien pu, à l’instar de notre héros Peter Neal, écrire des romans ! Rien ne saute aux yeux alors que tout est là, devant nous : le spectateur a toute les clés pour comprendre mais ne comprend rien.

Argento joue avec nos esprits jusqu’à un final incroyablement stimulant et riche en rebondissements ! Le frisson est bien entendu au rendez-vous comme lors de presque chacune de ses œuvres (hormis dans les derniers The Card Player et Vous aimez Hitchcock ?).

Le sang est l’autre grand intervenant du spectacle : parfaitement dans l’optique de « l’école Gialliste » de Mario Bava, les effets spéciaux des crimes sanglants sont d’une qualité et d’un réalisme extrêmes. Ainsi, la mort de la femme de Peter est vraiment impressionnante avec des giclées de sang dignes des plus grands. Un petit plus qui donne sa forme primaire et horrifique aux pulsions humaines décrites tout au long du métrage. Jouissive et de très bon goût, l’inventivité dont fait preuve Argento dans la mise en scène des crimes, aide aussi le métrage à pousser vers les sommets du genre.

Ainsi, l’utilisation de la caméra est d’une adresse rarement vue au cinéma. Des travellings vertigineux et des zooms affolants s’enchaînent au fil des minutes tandis que le célèbre plan fixe du dénouement est tout simplement à couper le souffle. Les frissons parcourent alors l’échine du spectateur et l’esprit du film prend alors tout son sens. En une seule image, Argento nous prouve que son film est un chef-d’œuvre indémodable et indéboulonnable !

Chef-d’œuvre encore renforcé par une musique d’une qualité incroyable, qui bénéficie de l’apport d’un GRAND compositeur ( Les frissons de l’Angoisse, Suspiria, Zombie,…) et qui en laissera pantois plus d’un ! La qualité des sonorités trouvées par l’ami Claudio et le reste de son équipe est hallucinante et symbolise à elle seule le renouveau de l’école musicale italienne si célèbre lors des 70’s !

Le casting est quant à lui d’une qualité tout aussi exceptionnelle avec un Anthony Franciosa au sommet de son Art ! Ce dernier parvient à entrer dans le « moule Argento » et à tirer le meilleur de ses capacités pour nous offrir une prestation éblouissante. Notons aussi la présence de quelques Scream Queens, comme Veronica Lario et Ania Pieroni, qui donnent encore plus de percussion aux scènes de crime grâce à des qualités vocales intéressantes.

Un mythe qui rappelle les plus belles années du Giallo ! Un thriller d’une qualité absolue ! Un film à voir absolument !


Critique de Ténèbres - Un giallo perfecto...
Par : Damien Taymans

Alors qu’on le croyait définitivement parti vers d’autres cieux avec son abordage retentissant sur la terre fantastique, Dario Argento effectue un tête-à-queue virevoltant pour revenir vers ses premières amours, à savoir le giallo, genre dans lequel il excelle.

Avant toute chose, Ténèbres est le film qui marque le renouveau de l’auteur et son ancrage profond dans le monde cinématographique national et international. Nous mettant face à une enquête assez complexe et au sein de laquelle des tas de fils s’entrecroisent, Argento parvient à réaliser la difficile tâche qui consiste à engluer le spectateur tout en le passionnant. Pourtant, de nombreux éléments nous échappent involontairement et on se trouve bien en peine de décrypter ces images venant des souvenirs de l’un des personnages, nous montrant une femme (qui est en réalité un homme, Argento l’avouera ultérieurement) aux chaussures rouges sur une plage.

Après nous avoir baladés durant la majeure partie de son métrage, le réalisateur livre un dénouement affolant qui ravira les plus sceptiques, non sans avoir préalablement fait jouir les fans de gore avec une scène d’une cruauté et d’une beauté faramineuses. Une fois de plus, Dario Argento prouve l’étendue de son talent et en met plein les yeux des spectateurs en signant cette fin improbable mais pas impossible…

Ténèbres reste aussi l’œuvre la plus étrange de l’auteur. Des décors futuristes présentant des villas étranges et des rues quasiment vides, des personnages dont aucun ne pourrait sembler innocent tant leurs paroles, faits et gestes tiennent à la limite de la folie, un discours parfois incohérent au niveau de l’image (comme cette réminiscence avec la dame aux chaussures rouges) : Argento n’a pas son pareil pour étonner (le titre de l’œuvre ne correspond aucunement à l’ambiance implantée puisque la plupart des crimes a lieu en pleine lumière, contrairement à ses oeuvres précédentes) ni pour choquer d’ailleurs (nombreuses femmes assassinées pour heurter la sensibilité des féministes en rut, scènes gores destinées à offusquer les censures).

En conclusion, Argento signe avec Ténèbres une de ses œuvres les plus décalées mais aussi l’une des plus élaborées. Un métrage qui culmine sans conteste au faîte des réussites du cinéma italien.

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