Critique de film

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Teddy, la mort en peluche

"The Pit"
affiche du film

L'histoire parle d'un jeune garçon, Jamie (Sammy Snyders), qui mène une vie dure dans sa ville, tourmenté par ses camarades de classe ou durement réprimandé par des grands-mères acariâtres. Sa sexualité naissante le trouble également, ce qui le pousse vers sa baby-sitter et sa bibliothécaire. Jamie n'a qu'un seul ami proche : son ours en peluche, Teddy, avec qui il entame de longues conversations. Un jour, Jamie découvre dans la forêt près de sa ville un grand trou dans lequel semblent coincées des créatures étranges tapies au fond dans l'obscurité. Velues, aux yeux brillants et aux dents pointues, Jamie nomme ces bestioles tra-la-logs (trolls en version française). Il leur ressent de l'affection ; étant mal-aimé lui-même, il a de l'attachement pour les animaux mal-aimés. Il décide de les nourrir d'abord avec de la nourriture diverse, jusqu'à ce qu'un jour, son ours Teddy se mette à lui parler, lui faisant constater que les trolls étant de dangereuses créatures affamées, Jamie pourrait plutôt entraîner les gens de son entourage dans le trou pour se venger d'eux...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Teddy, la mort en peluche - Canal peluche
Par : Damien Taymans

Étrange être que ce Jamie Benjamin qui entretient une relation fusionnelle avec un ours en peluche et, dans le même temps, se montre incapable de nouer le moindre lien d’amitié avec ses camarades de classe. Puni pour avoir amené à l’école un livre pour adultes, haï par le voisinage et délaissé par ses propres parents partis visiter Seattle sans cet encombrant moutard, l’aîné Benjamin (fortiche, le gamin !) reste seul à la casbah en compagnie de la douce Sandy, baby-sitter aguerrie en matière d’enfants turbulents. L’amour qu’il éprouve pour sa nounou temporaire (les précédentes ont filé à l’anglaise, apprend-on au cours d’une discussion anodine) lui donne des ailes : il lui avoue tout, sans conditions, son amour pour la beauté sculpturale de plus de dix ans son aînée, ses confidences intimes avec Teddy le nounours et surtout, l’objet de ses escapades diurnes : une colonie de trolls parquées dans une fosse subsistant grâce aux apports journaliers en graisse animale qu’il leur dispense...

Alors, histoire de nounours maléfique ou de créatures anthropophages ? A vrai dire, même Ian A. Stuart, concepteur du script, semble l’ignorer. La seule certitude, c’est que l’intrigue entière se focalise sur le possesseur dudit jouet, Jamie Benjamin, qui multiplie les frasques et les blagues douteuses (il menace l’une de ses voisines par téléphone et lui ordonne de se dévêtir si elle veut revoir sa nièce soi-disant kidnappée) et en fait voir de toutes les couleurs à son voisinage. Dans le monde manichéen du jeune Jamie n’existent que deux catégories de personnes : les bonnes gens (sa mère protectrice, sa baby-sitter sexy) et les railleurs cruels (la vieille aigrie en chaise roulante du voisinage, sa petite voisine qui lui joue des tours, le chef de bande qui lui a collé un bourre-pif devant témoins) promis à servir d’encas aux monstrueux trolls (ou Tra-la-logs à en croire la vo) qui végètent au fond d’un trou, dans la forêt du coin.

Plutôt ténu, ce fil rouge s’émousse de temps à autre lors de séquences plus coquines qui s’attardent sur les formes délicieuses de Jeannie Elias (petite anecdote : l’épouse du metteur en scène aurait refusé qu’il tourne lui-même ces scènes de nudité, refilées officieusement au scénariste), pour finalement disparaître en fin d’œuvre lorsque les créatures préhistoriques (à en croire les grimoires locaux) font le talus (pas le choix, pas de mur dans l’excavation de la clairière) et dégomment plusieurs âmes de la petite ville tout en émoi face à un tel déchaînement de violence. Du coup, le seul voile qui embrumait encore l’intrigue (les créatures sont-elles une création de l’esprit dérangé du jeune garçon ?) s’envole et les hypothèses psychanalytiques liées aux travaux de Jung et Freud cèdent définitivement la place à la seule thèse nanardesque. Cette altération du script originel n’aura finalement pas eu l’effet escompté : Teddy, création caractéristique de l’épouvante des années 80, demeure aujourd’hui une simple curiosité à peine recommandable.

Nanar canadien éminemment sympathique, Teddy la mort en peluche se consomme sans la moindre modération. Mécanique à l’excès, surréelle de bout en bout, la bande de Lew Lehman, scénariste du Phobia de John Huston, livre une quantité de séquences absurdes qui, si elles ne subissaient pas le poids de la dynamique routinière utilisée par les scénariste et metteur en scène, auraient constitué autant de petits moments d’anthologie en matière de perversité infantile.


Commentaires sur le film

0 etoiles

21 janvier 2012 à 15:01

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