Critique de film

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Tarzan, l'Homme Singe

"Tarzan, the Ape Man"
affiche du film

James Parker et Harry Holt partent dans la jungle africaine pour mettre au jour un cimetière d'éléphants. L'or ainsi récolté leur assurera la richesse. Jane, la fille de Parker, est de l'expédition. Elle ne tarde pas à rencontrer Tarzan, l'homme singe, dont elle en tombe amoureuse.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Tarzan l’homme singe - Il était une fois dans la jungle
Par : Fred Pizzoferrato

Personnage universellement connu, Tarzan fut créé, voici un siècle, par l’écrivain Edgar Rice Burroughs. Apparu dans « Tarzan seigneur de la jungle », l’Homme Singe reviendra dans pas moins de 25 aventures sous la plume de Burroughs (puis de bien d’autres, tant officielles qu’officieuses, comme, par exemple, celle de Philip José Farmer).

Même si Tarzan l’homme singe n’est pas la première adaptation du héros, elle reste, aujourd’hui encore, la plus définitive, celle qui introduisit, dans l’inconscient collectif, ce « bon sauvage » s’exprimant de manière très caricatural (le fameux « Moi Tarzan, Toi Jane » contredit complètement le Tarzan éduqué des romans) et toujours accompagné de son facétieux singe Cheetah. Là encore, nul trace de chimpanzé apprivoisé dans les aventures littéraires du Seigneur de la Jungle mais la présence de l’animal permettait une pointe d’humour dans un récit sinon plutôt sérieux et tragique.

Les origines de Tarzan, elles, ne seront pas expliquées dans ce premier épisode, ni d’ailleurs dans aucun des suivants, et la naissance aristocratique de l’ancien John Clayton, Lord Greystoke, ne sera nullement évoquée. Il faudra pratiquement attendre les années 80 et l’excellent Greystoke pour réintroduire auprès du public un Seigneur de la Jungle plus complexe que ce farouche Tarzan dont le discours ne dépasse guère les onomatopées et les phrases réduites à trois mots. Le succès de Tarzan l’homme singe entraîna, en effet, une inévitable séquelle, lancée rapidement (Tarzan et sa compagne), elle-même suivie de dix autres aventures dans lesquelles on retrouve à chaque fois un Johnny Weissmuller de plus en plus empâté et de moins en moins convaincant.

En dépit de la défection de l’acteur à la fin des années ’40 (après le désastreux Tarzan et les sirènes), la saga se poursuivit encore jusqu’à la fin des années soixante, le rôle de Tarzan ayant été repris par de nombreux athlètes, comme Lex Barker, Gordon Scott ou Mike Henry. Mais n’anticipons pas et revenons au début des années ’30, époque où l’idée d’une adaptation à gros budget (un million de dollars, ce qui, alors, représente une belle somme) des aventures du Roi de la Jungle est lancée par la Metro Goldwyn Mayer. Cette dernière venait de récolter un beau succès avec Trader Horn et possédait encore des décors exotiques réutilisables à moindre coût.
Un casting important est lancé pour trouver, d’une part, un acteur athlétique et raisonnablement séduisant (le champion de natation Johnny Weissmuller emporta finalement la mise) et, d’autre part, une belle brune d’une trentaine d’années (l’Irlandaise Maureen O’Sullivan).

Le film est confié au cinéaste W.S. Van Dyke, lequel a déjà un solide métier derrière lui puisqu’il a signé près de cinquante films en quinze ans, dont le précité Trader Horn. Confiante, la MGM offre à Van Dyke un budget conséquent, cinq mois de tournage et une ménagerie nombreuse (singes, crocodiles, hippopotames, éléphants,…) pour illustrer le côté épique d’une production immédiatement envisagé comme un divertissement grand public mêlant action, romance, drame et humour.

Revu aujourd’hui Tarzan l’homme singe souffre, malheureusement, de nombreux défauts criants. La transition entre le muet et le parlant n’ayant pas encore été pleinement réalisée, l’accompagnement musical est inexistant et handicape sérieusement le métrage, en particulier lors des scènes d’actions qui perdent une bonne partie de leur énergie brute. Dommage car les combats de l’Homme Singe contre les animaux féroces possèdent une véritable sauvagerie et une brutalité que l’on ne retrouvera plus lors des épisodes ultérieurs, beaucoup plus modérés.

Au niveau du rythme, Tarzan l’homme singe souffre également d’une mise en scène pas toujours du meilleur niveau : les transitions sont, par exemple, assurées par des fondus peu attrayants et maladroit. Pour l’exotisme, le métrage use de transparences horriblement voyantes et de décors peints, lesquels constituent l’essentiel des paysages africains. Une longue séquence, en outre totalement inutile, essaie d’ailleurs, péniblement, de nous convaincre des interactions entre les comédiens principaux et de très visibles stock-shots.

L’intrigue, pour sa part, se contente de balader, dans une Afrique fantasmée, une expédition comprenant le vieux chasseur James Parker et sa fille, Jane (of course), accompagné de Harry Holt. Le trio part à la recherche du légendaire cimetière des éléphants et les porteurs – quantité négligeable - commencent à tomber, victimes de bien des périls. L’expédition est finalement attaquée par les indigènes agressifs avant de rencontrer Tarzan, l’Homme Singe qui enlève Jane et l’emmène au cœur de la jungle. La demoiselle tombe quasi instantanément sous son charme viril mais son papa ne l’entend pas de cette oreille et tente de la retrouver. De leur côté, des pygmées cannibales veulent festoyer avec nos aventuriers et Tarzan devra, à nouveau, sauver les meubles…ou les lianes.

Durant une heure et quarante minutes, Tarzan l’homme singe va alterner le mélodrame, la romance neuneu et la pure aventure avec une série de séquences plus ou moins divertissantes : attaque de crocodiles affamés, hippopotames féroces détruisant une embarcation, tribu de redoutables pygmées, combat contre un guépard puis un lion et sa lionne, balade à dos d’éléphant,…Notre intrépide héros est même, lors d’un passage assez incroyable, transporté dans la gueule du pachyderme ! Quelques moments respirant la grande aventure qui permettent de pardonner les faiblesses générales du métrage.

Le climax final se révèle, pour sa part, plus typiquement fantastique et verse joyeusement dans un certain délire bis avec les pauvres Blancs jetés en pâture à un énorme gorille mangeur d’hommes. Pas très crédible mais divertissant.

En dépit de son statut mythique, Tarzan l’homme singe parait aujourd’hui daté et longuet, alternant les séquences d’action (efficaces, en dépit d’effets spéciaux ratés) avec de longs intermèdes ethnologiques pseudo-documentaires et une romance charmante mais désuète. Si son charme suranné permet de visionner ce premier Tarzan avec un certain plaisir (pour peu que l’on soit bien disposé), l’œuvre de W.S. Van Dyke apparaît davantage comme une date marquante et historique pour le cinéma d’aventures et de divertissement que comme un véritable chef d’œuvre du septième art. A revoir donc avec indulgence.


Commentaires sur le film

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31 octobre 2011 à 19:10 | Par antonio sanfilippo

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