Critique de film

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Sweet Home

"Sweet Home"
affiche du film

Un couple décide de passer une soirée romantique dans un immeuble abandonné. Malheureusement, ils comprendront trop tard qu’ils ne sont pas seuls dans cet immeuble. Celui-ci est habité par un serial killer... qui les a choisis comme ses nouvelles cibles.

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Trailer - Sweet Home (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sweet Home - Dans mon HLM
Par : Damien Taymans

Alicia est une petite amie en or. Inspectrice en matière de logements, elle fait prévaloir ses droits et offre à son petit copain une soirée d’anniversaire dans un des endroits les plus romantiques de Barcelone. Comprenez : un appart limite insalubre dans un immeuble promis à une démolition certaine. Seul hic : le bâtiment comporte toujours dans ses murs un résident qui ne veut absolument pas céder son appart’ et que les promoteurs ont décidé de chasser à grands coups de pompes dans le derche. De manière officieuse évidemment, en le zigouillant proprement pour faire croire à une mort naturelle. Mais leur plan est mis à mal par l’intruse qui comprend bien vite leur petit manège...

Amoureux des espaces clos, les Espagnols investissent tout lieu hermétiquement clos pour asseoir une terreur claustro et distiller une atmosphère étouffante. Quand Dani de la Torre enferme son personnage principal et ses moutards dans l’habitacle d’une voiture piégée (Retribution) et Rodrigo Cortes dans une boîte enterrée (Buried), d’autres privilégient des endroits plus vastes, moins confinés. A ce petit jeu, l’immeuble a la cote. Se sentant l’âme de promoteurs immobiliers, Jaume Balaguero (Rec, Malveillance, A louer), Alex de la Iglesia (Mes chers voisins) et consorts posent leur barda dans des immeubles désolés sans issue possible. Opérant aussi le même tour de proprio que ses prédécesseurs, Rafa Martínez investi jusqu’alors dans l’aspect marketing de toute une série de péloches espagnoles se propose de passer l’Ibère au chaud dans une vieille bâtisse nantie de nombreux étages et d’un ascenseur à la ramasse.

Hélas, son home Sweet Home se montre beaucoup moins bien meublé : un pitch au concept échevelé, des séquences vues çà et là dans des œuvres majeures (à côté des films cités, on rajoutera Leon et son Jean Reno en nettoyeur professionnel) et une incapacité à entretenir la moindre tension. Trop académique, le récit sous-développe ses personnages (même la mignonne Ingrid García Jonsson passe à la trappe) et offre toujours au spectateur, habitué aux survivals en milieu urbain, un coup d’avance en enfonçant continuellement des portes déjà ouvertes. Cette prédictibilité amenuise l’intérêt d’une bande pourtant bien foutue (quelques filtres monochromes qui nous versent dans un cauchemar psychédélique).

Sweet Home, à l’instar d’un Septimo, se prend les pieds dans le tapis de l’escalier en tentant d’entretenir l’angoisse dans un lieu clos tout en se dispersant et en tissant une intrigue cousue de fil blanc. Il y avait pourtant une idée intéressante à exploiter dans ce règlement clandestin de la crise immobilière.


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