Critique de film

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Street Trash

"Street Trash"
affiche du film

Fred et Kevin sont deux adolescents paumés qui vivent dans une décharge, au royaume des clochards. Par misère ou méchanceté, tous ceux qui gravitent autour du bidonville leur en veulent et essaient d'avoir leur peau, sans compter un alcool frelaté qui transforme les buveurs en une flaque de bouillie jaunâtre.

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Trailer - Street Trash (1987)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Street trash - Du gore en veux-tu en voilà...
Par : Damien Taymans
Tags : Gore

Pas la peine de fouiller dans la filmographie de Jim Muro pour voir quelles sont les œuvres qu’il a créées depuis son fameux Street Trash. En effet, ce film réalisé alors qu’il n’avait que 22 ans est le dernier de sa carrière de réalisateur. Hésitant entre une carrière de metteur en scène ou de caméraman, celui-ci a opté pour le deuxième choix et on le retrouve maintenant en train de filmer des plans larges tout à fait réussis pour des réalisateurs comme James Cameron ou encore Martin Scorsese. Il fut l’un des premiers à avoir une telle maîtrise de l’objectif avec sa steadycam qu’il a réussi à s’imposer à Hollywood.

Street Trash est une réelle satire sociale puisqu’elle n’a comme personnages principaux que des clochards de Brooklyn. Véritable film de société, tout à fait novateur. Aucune œuvre n’était jusqu’alors arrivée à dépeindre les bas-fonds de la société new-yorkaise d’une manière aussi réaliste. Tout est sale dans ce film, tout est dégueu. Une répugnance et une crasse qui semblent traverser l’écran pour se déverser sur nous. Une micro-société où domine la loi du plus fort. L’un des sans-abris impose sa loi aux autres à coups de poings et de couteaux.

Au-delà de cette crasse innommable, Muro traite l’anormalité de ce cadre. Tout est hors-norme, sans règles. Pour parvenir à s’en sortir, certains clochards n’hésitent pas à frapper, voler, violer ou tuer. Outre la crasse règne la violence. Une violence parfois tellement naturelle qu’elle en devient insoutenable.

Notons encore une maîtrise incroyable de l’humour chez Muro qui nous gratifie d’une pléiade de scènes d’une franche hilarité : la partie de football où le ballon n’est autre qu’un sexe fraichement coupé, des dialogues faramineux tenus par un clochard surpris en flagrant délit de vol dans un supermarché, ... Véritable fer de lance de ce renouveau de l’horreur de la fin des années 80-début 90, la comédie horrifique est ici pleinement atteinte.

Mais, malheureusement, à côté de tous ces points positifs résident de nombreuses zones d’ombre. Le scénario est inexistant : aucune trame sérieuse mise en place, aucune logique dans la progression des scènes. C’est comme si on avait joué certaines scènes selon le bon vouloir des acteurs et qu’on les avaient montées bout à bout.

Partisan de la mode horrifique de l’instant, Street Trash pourrait être comparé aux comédies horrifiques telles que Evil Dead 2 ou encore Bad Taste. Pourtant, le film n’arrive à la cheville d’aucun des deux et, mis à part la véritable maîtrise gore de l’œuvre, Street Trash n’a rien en commun avec ses cousins.

Un film franchement désordonné donc, un peu ennuyeux même, mais dont certaines scènes méritent notre sympathie.


Critique de Street Trash - Affreux, sales et méchants...
Par : Gore Sliclez

Un épicier de New York découvre et vend pour un dollar des bouteilles d’alcool frelaté que les clochards de la cité viennent acheter. Mais cet alcool ravageur fait fondre les buveurs de gnôle comme des poupées de cire exposées après deux heures au soleil. Ce qui ne semble pas émouvoir ce petit monde de sans-abri réunis au cœur d’une décharge automobile et effrayés pour la plupart par l’autorité de Bronson, un vétéran du Vietnam dont les occupations premières sont de boire et baiser selon un ordre aléatoire.

Street Trash, Corbeau d’argent au festival du BIFFF en 1987, est l’œuvre unique du caméraman J. Michael Muro qui préféra continuer par la suite le métier de technicien plutôt que la réalisation malgré un succès retentissant et un film devenu désormais culte.

L’irrévérencieux Street Trash ne se prive de rien et surtout pas de nous choquer pendant plus d’une heure trente à coups de scènes obscènes ou gores ainsi que de dialogues salaces. À un noir en train de mourir : « C’est un noir, personne n’en a rien à foutre » ou encore à une petite vieille témoin d’un vol : « R’tourne à l’hospice plutôt qu’emmerder les honnêtes gens ! », personne n’est épargné.

Viols, nécrophilie, bastons, meurtres, cette Cour des Miracles, regorgeant ici d’affreux, sales et méchants, nous gratifie de personnages hauts en couleurs, sans scrupules et présentés comme des rats des villes, rampant en quête d’alcool et de sexe.

Comme son titre l’indique, c’est un film trash aux effets spéciaux très réussis offrant des résultats plutôt pop-art avec ces mousses verdâtres, ces couleurs vives explosées comme des œuvres d’un quelconque artiste contemporain lourdingue. Des scènes délirantes qui, aujourd’hui encore, imposent le respect grâce à une technique innovante et des plans caméra devenus modèles du genre.

Une œuvre nihiliste, punk, provocante et jouissive à la fois, faisant preuve d’une liberté totale et choisissant délibérément des clochards comme héros, comme pour bousculer une Amérique conservatrice, préférant ignorer ces laissés-pour-compte qui renvoient une image à contrario du rêve américain. Un gros délire vulgaire, hilarant et je-m’en-foutiste qui parfois fait du bien par où il passe…

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