Critique de film

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Slit-Mouthed Woman (A)

"Kuchisake-onna "
affiche du film

Kuchisake-onna est une légende urbaine : ce serait une jeune femme qui apparaitrait le soir dans les rues d'un village, la bouche couverte d'un masque de chirurgien et une (grosse !) paire... de ciseaux tranchants à la main.

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Trailer - A Slit-Mouthed Woman (2007)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de A Slit-Mouthed Woman - Elle cause plus, elle mutile.
Par : Romain Mollet
Tags : Croque-mitaines

Fort de son succès au Japon et récemment sorti en DVD aux Etats-Unis sous le titre de Carved, Kuchisake-onna s’inspire directement des légendes urbaines japonaise, et du mythe de la femme défigurée par son mari violent qui revêt la forme d’un esprit vengeur pour défouler sa haine refoulée.

Dans cette adaptation, on retient uniquement l’idée d’une femme défigurée qui revient sur Terre, mais on en fait le bourreau et non la victime, ce poste-là revenant à de jeunes enfants d’un petit village qu’elle enlève un par un. Parmi eux, Mika, une jeune gamine maltraitée par sa mère qui l’élève seule. Deux instituteurs enquêtent alors sur cette affaire dans l’espoir de retrouver des survivants... Mais l’esprit vengeur, doté d’un masque de chirurgie et d’une grosse paire (!) de ciseaux n’est pas aussi facile à vaincre...

Kôji Shiraishi (Ju-rei, la malédiction) a beau avoir une mise en scène parfois inventive (comme le prouve la fin de son métrage), il n’apporte, comme avec son sujet, rien de novateur à ce genre de films tant chéri côté Nippon. Au contraire, si l’histoire partait avec de bonnes intentions (dénoncer la maltraitance, même de façon maladroite), le réal ne parvient jamais à maitriser entièrement ce qu’il veut nous démontrer. Et pourtant, ce n’est pas qu’il manque de volonté, juste que son long métrage est terriblement inégal. Malgré les efforts vains des acteurs (seul Haruhiko Kato s’en tire bien, malgré son personnage incohérent), on finit rapidement par s’ennuyer. Si la violence est plus suggérée que montrée (même si des gamins sont trucidés à l’écran, ce n’est jamais filmé en gros plan, mais toujours relégué au second), on reprochera surtout au film de ne pas faire peur une seconde, l’auteur préférant jouer la carte de la psychologie à deux sous et distillant la peur par des effets assourdissants et une musique qui se résume presque à quatre touches de piano enfoncées de manière répétitive... Le sommeil guette... Quant à "la" boogey(wo)man, on pourrait dire qu’elle contribue à l’échec du côté horreur, le maquillage de l’actrice étant efficace, mais pas gore.

Néanmoins, le film comporte quelques scènes très réussies, notamment la disparition de la petite Mika ou les origines de la "femme à la bouche scindée"... mais quelques dix minutes sur 1 heure 30 ne suffisent pas à passionner le spectateur qui finira par quitter le navire (comme moi) vers une fin assommante et ce, en dépit de sa photographie très efficace.

Un thriller d’horreur ennuyeux, malgré la présence derrière la caméra d’un réalisateur dont on sent qu’il pourrait faire bien mieux s’il possédait un sujet solide, car ce n’est pas avec un scénario aussi lourd de clichés et une ambiance parfois inexistante que l’on risque de s’émouvoir. Mais bon, un deuxième épisode est sorti cette année au Japon, réalisé par Kôtarô Terauchi , réalisateur d’un long-métrage gay (cherchez le lien)... on ne sait jamais, peut-être que cette suite surpassera le premier volet ?

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