Critique de film

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Sinister 2

"Sinister 2"
affiche du film

Alors qu’il reprend son enquête inachevée sur les homicides non résolus, l’ex-shérif adjoint fait la connaissance d’une jeune mère de famille et de ses jumeaux. Ces derniers viennent de s’installer dans une maison où des événements macabres se sont produits. Tout porte à croire qu’il s’agit une nouvelle fois de la même entité surnaturelle et que la famille est en danger ...

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Trailer - Sinister 2 (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sinister 2 - Suite honorable
Par : Jonathan Chevrier

Même si les péloches qu’il produit depuis plus de six ans maintenant ont toujours été hautement douteuses, force est d’avouer qu’il est impossible de ne pas reconnaître la mainmise sur le box-office de la méthode Jason Blum, la plus prolifique du cinéma de genre ces dernières années. Pour preuve, quasiment un film sur deux produit par le lascar avec des budgets toujours hautement raisonnables - rarement plus de cinq millions de dollars -, ont fait des malheurs en salles, multipliant souvent par dix (voire plus) leurs mises de billets verts initiales. Des franchises Paranormal Activity, American Nightmare, Sinister et Insidious en passant par Dark Skies ou même Un Voisin trop Parfait, le Jason est en train de gentiment imposer un nouveau modèle économique à Hollywood, un cocktail détonnant entre concepts bandants, des atours de top budget et un potentiel cinématographique foutrement franchisable.

Reste qu’à l’instar du concept du found footage qui a fait une grande partie de son succès, la méthode Blum a rudement été mise à l’épreuve par la concurrence au box-office, et notamment celle de la Warner et du raz-de-marée complètement incompréhensible de leur piteux Annabelle (le premier d’une longue série malheureusement). Mais si ces recettes sont un poil moins impressionnantes qu’à l’époque de son apogée, la firme s’est offert une jolie crédibilité au sein de la hiérarchie du septième art ricain grâce au triomphe d’estime du merveilleux Whiplash de Damien Chazelle. Comme on ne change pas une méthode qui gagne - et encore moins à Hollywood -, après les piteux Ouija et Unfriended en début d’année et le très correct Insidious - Chapitre 3 le mois dernier, le voilà de retour dans nos salles obscures en cette fin d’été ciné avec l’attendu Sinister 2, suite de ce qui incarne l’une des plus belles flippes de la décennie sur grand écran, le rudement efficace Sinister de Scott Derrickson.

Suite directe reprenant le concept original (le film dans le film dans une maison hantée avec les péloches insoutenables en 8mm et un Boogeyman, le Bughuul, façon papounet d’accueil de mioches démoniaques) mais avec des protagonistes différents - logique vu la fin du premier opus -, ce second opus signé par le méconnu Ciaran Foy (le génial Citadel) et sur lequel pèse plus d’une attente, conte l’histoire d’une mère de famille, Courtney Collins et de ses deux jumeaux, Dylan et Zachary, qui viennent d’emménager dans une baraque ou des événements macabres se sont produits par le passé. Tout porte à croire qu’il s’agit de la même entité surnaturelle, le Bughuul, qui s’amuse à frapper les familles et emporter avec elle les enfants...

Au sein d’une année horrifique assez épouvantable dans les salles obscures (It Follows et dans une moindre mesure Insidious - Chapitre 3, sont les seuls films à retenir de la cuvée 2015), Sinister 2 arrive sans grande peine à trouver sa place parmi le haut du panier même s’il n’atteint évidemment pas la maestria d’un premier opus tutoyant du bout de la pellicule le statut de chef-d’œuvre (ne serait-ce que dans ses mini-films en 8mm, la grosse valeur ajoutée de l’original). Toujours couvé par un Derrickson qui a abandonné la réalisation mais qui chapeaute tout de même ici le script, le film reprend à merveille l’ambiance macabre et étouffante du métrage original au sein d’un cadre encore plus prenant (l’Amérique sudiste mystérieuse et poisseuse), pour incarner un beau petit moment de terreur foutrement dérangeant dans son rapport entre l’innocence de l’enfance et la mort dans ce qu’elle a de plus glauque et insoutenable (puisqu’elle instrumentalise les petites têtes blondes pour perpétuer un plan des plus machiavélique).

Rentrant ici bien plus vite dans le vif du sujet - normal pour une suite - et offrant un véritable contre-point à l’intrigue de son ainé (dans sa manière de mettre en scène le mécanisme malveillant du basculement dans l’horreur des enfants), ce second opus s’avère bien plus maléfique encore que Sinister premier du nom, Foy poussant jusqu’à son paroxysme sa fascination pour la transformation morbide et monstrueuse de l’enfant en meurtrier froid et implacable, via le quotidien morbide de deux jumeaux (le traitement fascinant de la gémellité est ici parfaitement exploité) contraints d’emménager dans le lieu d’un massacre, en fuite avec leur mère pour échapper à un mari violent.

De tout son long, la bande est parcourue par un sentiment de malaise et d’angoisse, sentiment que vient appuyer une mise en scène joliment inspirée et rythmée mais surtout une esthétique en tous points parfaite, qui parvient à palier des lacunes techniques évidentes (des jumps scares pas toujours réussis, un scénar assez léger et peu inventif ainsi qu’un casting pas forcément intense ni convaincant), mais surtout la baisse de qualité d’un second acte forcée - le final est tout simplement manqué - et manquant cruellement de finesse et de subtilité. Comme si le film était coincé le cul entre deux chaises, avec la volonté de proposer un divertissement d’épouvante old school comme l’original et une péloche horrifique bien contemporaine accro à la surenchère et au sadisme frontale.

Pas de quoi chier une pendule non plus et encore moins de bouder son plaisir, Sinister 2 étant une honorable suite efficace et appliquée, certes pas exempte de poncifs un poil dommageables. Reste que le Blum serait tout de même prié de ne pas pondre un Sinister 3 encore plus au rabais d’ici quelques mois, pas sûr que cette fois-ci (tout comme pour un potentiel nouveau Insidious) le bonhomme s’en sorte autant avec les honneurs...


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