Critique de film

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Shiver

"Eskalofrío"
affiche du film

Santi est photosensible. Il déménage avec sa mère pour se rendre dans un village reculé plus au nord. Dans ce nouveau lieu, des animaux morts sont retrouvés jusqu'à ce qu'on retrouve un ami de Santi...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Shiver - Promenons-nous dans les bois
Par : Chroniqueurs
Tags : Pouvoirs paranormaux

Par Swan

Santi, 16 ans est atteint d’une maladie rare qui le rend hyper-sensible à la lumière et au soleil. Récalcitrant, Santi quitte la lumineuse Barcelone avec sa mère en direction d’un village beaucoup plus reculé au nord, perdu au beau milieu d’une forêt profonde et noire. Alors que sa mère doit faire face au caractère pour le moins rustique des villageois, Santi a du mal à la jouer couleur locale et à se faire accepter par ses nouveaux camarades de classe. Un soir, un adolescent est retrouvé mort et horriblement déchiqueté dans la forêt. Santi et sa mère sont alors mis au courant de la légende urbaine qui rôde dans les bois jouxtant leur nouvelle maison : un monstre sanguinaire massacre depuis quelques mois tout le gibier, le bétail des fermiers et les quelques infortunés qui osent s’aventurer seuls dans la forêt touffue. S’agit-il d’un ours ? D’un loup-garou ? De la bête du Gévaudan ? De Joséphine l’ange gardien ? De Gargamel ?... Rien de tout ça ! Santi va bien malgré lui trouver la réponse à ces questions et découvrir que dans son nouveau village d’adoption, ce n’est pas forcément la créature rôdant dans la forêt qui s’avère la plus monstrueuse…

Sept ans après son excellent Fausto 5.0, l’Espagnol Isidro Ortiz nous revient avec un nouveau film qui fut l’un des temps forts de cette 26ème édition du BIFFF. A l’heure où de moins en moins de films de terreur provoquent réellement des frissons… (Quelqu’un se souvient-il encore de Silent Hill ou de Ils ? – Personne ? C’est normal, moi non plus !) …il était donc très rafraîchissant de voir que dans la grande salle de Tour et Taxis, les traditionnels cris de guerre du genre « Dans ton cul » ou « à poil » étaient, une fois n’est pas coutume, remplacés par de réels cris d’effrois.

Depuis The Descent de l’ami Neil Marshall, peu de films pouvaient se targuer de convoquer chez ses spectateurs les peurs les plus primales, de leur donner la chair de poule avec un concept aussi simple qu’efficace. Comment Ortiz s’y est-il donc pris pour nous glacer d’effroi ? Tout d’abord en filmant une forêt terriblement inquiétante comme un véritable personnage. Rarement la forêt aura recelé autant de ténèbres et de coins sombres, rappelant fortement les impressions enfantines perçues à la lecture des contes de Perrault. Lieu cinématographique par excellence, la forêt, par son côté mystérieux, par sa valeur métaphorique héritée des contes de fées, par sa géographie aléatoire propice aux jeux de cache-cache et à l’utilisation à des fins horrifiques de l’obscurité, est un espace qui se prête à merveille au cinéma fantastique. Il sera d’ailleurs intéressant de constater à quel point le passage de ce film sur le petit écran risque d’en diminuer l’impact… Mais ne soyons pas pessimiste ! La photographie fantastique et contrastée du chef op’ Joseph M. Civit (un pro déjà responsable de la photo de, euh… People – Jet Set 2… un film effrayant pour des raisons quelque peu différentes) participe en grande partie à la peur, bien secondée par des effets sonores simples mais efficaces et surtout par la personnalité enfin dévoilée du monstre en question.

Ce n’est pas gâcher le film que de révéler l’identité du tueur des bois puisque Ortiz lui-même nous la dévoile après 45 minutes de projection : le monstre sanguinaire n’est autre que Erica Hassel, une fillette de 5 ans retournée à l’état sauvage, terriblement défigurée, à la force décuplée par des années de vie dans la nature et dont l’arme de prédilection est un scalpel tranchant avec lequel elle piège ses proies en leur coupant le tendon, blottie dans un buisson avant de leur sauter dessus pour les dévorer. Rôle difficile pour la jeune actrice Berta Ross dont la première apparition « en pleine lumière » (si on peut dire) risque bien de marquer durablement les rétines. A de nombreuses reprises, l’aiguille du trouillomètre vient dangereusement tutoyer les cimes, notamment lors d’une scène où notre bon Santi endormi dans le salon familial est victime d’une visite inattendue. On ne saurait trop vous conseiller de prévoir des couches de rechange si vous sortez avec grand-père... Car quoi de plus effrayant effectivement qu’une fillette sauvage et défigurée, symbole suprême de l’innocence pervertie le plus apte à provoquer un véritable malaise digne de L’Exorciste de Friedkin ?

A cette question, Ortiz répond sans ambages dans le dernier acte de son film : sans dévoiler la teneur de ce retournement de situation inattendu, disons pour faire simple qu’Ortiz change de registre pour nous livrer une excellente relecture des Chiens de Paille, le chef d’œuvre de Sam Peckinpah. Et de nous démontrer une fois de plus que la nature humaine poussée dans ses derniers retranchements et poussée par ses instincts les plus primaires peut s’avérer bien plus monstrueuse que tous les monstres tapis dans le noir.

Ortiz signe donc ici un film maîtrisé de bout en bout, que ce soit dans sa narration ou dans sa facture formelle, et réussit magistralement un authentique film de trouille doublé d’une réflexion passionnante sur les actes, les tréfonds de la nature humaine et de ses pulsions homicides. En plus de confirmer l’excellent état de santé du cinéma de genre ibérique (Rec, L’Orphelinat, etc… ), Ortiz termine son excellent film sur un plan terrifiant qui saura à coup sûr vous faire crier « Maman » !

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