Critique de film

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Sanctimony

"Sanctimony"
affiche du film

Les habitants de Seattle voient désormais le mal à chaque coin de rue, ils en parlent, ils peuvent même l'entendre. Parmi ses 16 victimes, un serial-killer a arraché les yeux des six premières, coupé les oreilles des six suivantes et arraché la langue des quatre dernières. Le détective Jim Renart et sa partenaire Dorothy Smith parcourent la ville, à la recherche du moindre indice qui permettra de le mettre hors d'état de nuire. De son côté, le lieutenant Mann s'efforce de maintenir à distance les agents fédéraux. Lorsque Renart et Smith interrogent l'homme qui a découvert la victime, ils se rendent compte que sa personnalité pourrait cadrer avec celle du psychopathe

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Sanctimony - American psycho boiteux
Par : Damien Taymans
Tags : Serial killer

Faire la distinction entre des nanars assumés et des séries B affligeantes n’est pas toujours chose aisée. Bizarrement, lorsqu’il s’agit de trancher, le simple nom d’Uwe Boll au générique fait pencher la balance plutôt du côté des merdes non assumées que des croûtes décomplexées. Malgré toute la sympathie qu’on peut éprouver à l’égard de ce pauvre hère du septième art, cet artiste incompris, que dis-je, ce génie au talent bien tapi, force est d’avouer que la plupart de ses œuvres sont loin d’être transcendantales. Aussi, avant de surfer sur la voie ouverte par le Elephant de Gus Van Sant et ses trépidations post-Columbine avec son Heart of America, l’Allemand avait déjà commis un premier méfait mémorable avec son imitation d’American psycho et de Seven intitulée Sanctimony.

Deux détectives sont confrontés à un serial-killer aux méthodes pour le moins singulières qui empile les victimes comme Don Juan le fait des femmes conquises. Malgré leur bonne volonté, l’enquête trépigne jusqu’à ce qu’un nouveau cadavre soit retrouvé par un badaud réputé. Le témoin, Tom Gerrick, richissime homme d’affaires, éveille les soupçons dans le chef des enquêteurs Renart et Smith…

Drôle de serial-killer que ce Tom Gerrick. Pâle copie du Patrick Bateman d’American psycho, le milliardaire change périodiquement de signature meurtrière. Ainsi, six victimes ont eu leurs oreilles coupées, six autres leurs yeux énucléés tandis que trois nouveaux cadavres ont vu leur langue coupée. Gerrick, interprété assez justement par Casper Van Dien, le général Rico de Starship Troopers, possède un dessein particulier : amasser six victimes de chaque série de sévices pour atteindre le nombre démoniaque 666. Petit souci : pas une fois le meurtrier n’évoque le nom de Satan et sa motivation semble plutôt symboliquement désintéressée que réellement réfléchie. D’autant que le bougre foutra en l’air ses projets en flinguant à tout-va, juste histoire de faire grimper son assassinomètre personnel.

Comme dans tout bon Uwe Boll, le métrage regorge d’incohérences frappantes mais amusantes qui permettent au spectateur de prendre un pied d’enfer de manière parallèle à l’intrigue à la noix qui est développée. Quelques perles viennent ici et là raviver le charme de cette série B handicapée dans sa narration et amputée de la moindre idée intéressante. Impossible de résister à ne pas pointer quelques-unes de ces approximations franchement délirantes. Le légiste qui vient d’examiner à quelques mois d’intervalle les corps des victimes du meurtrier s’exclame : « Je n’ai jamais vu un cas comme celui-là ». Une enquête nous met face à un snuff-movie … avant que celui-ci ne tombe dans les oubliettes du scénario. Gerrick exécute quatre personnes en direct sur un plateau de télé mais… essuie les traces sur son flingue. La gunfight a lieu lors du mariage d’Eve, la fiancée que Gerrick a plaquée… quatre jours plus tôt.

Toutes ces incohérences, pour jouissives qu’elles soient, témoignent également du peu de crédit que l’on peut accorder à ce métrage, un des premiers essais d’Uwe Boll. Un début difficile… pour une suite pas franchement meilleure. Pour rester tout à fait objectif, on notera la très jolie scène finale qui magnifie les mouvements des protagonistes par le truchement de ralentis maîtrisés. Ce qui est peu pour 1h30...

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