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Reset : la promesse d’une série française post-apocalyptique

29 juillet 2014 | Par : Darkness Fanzine

Les chaînes de télévision françaises sont, paraît-il, sacrément décidées à mener une politique ambitieuse en matière de séries pour la rentrée 2014. Ainsi soient-ils (Arte), Engrenages (Canal+) et Les hommes de l’ombre (France 2) devraient ainsi toutes réapparaître en septembre. Dans le même temps, le tournage de la nouvelle saison des Revenants (Canal+) n’a toujours pas débuté même si avec Tunnel (2013-2014) Canal+ a démontré qu’il était parfaitement possible de coproduire une série franco-britannique de grande qualité. Sur le blog Des séries et des hommes (Libération), notre confrère et ami Benjamin Campion précise que, malgré la crise interne à France Télévisions, les séries Fais pas ci, fais pas ça et Un Village français continueront à satisfaire les attentes des téléspectateurs avides d’humour et de détente en famille. Difficile pour un petit nouveau de trouver sa place et de proposer de l’originalité à l’heure où les budgets étriqués n’autorisent que la fabrication de séries familiales ou policières, les grandes chaînes ne souhaitant pas s’écarter du chemin de briques jaunes... Comme souvent, seule Canal+ parvient à se distinguer

Des séries françaises cantonnées à la comédie et au policier

Les séries françaises s’exportent plutôt bien à l’étranger, Engrenages ayant même été ajoutée par Netflix à son catalogue. Mais si les produits Canal+ (Mafiosa, Braquo, Engrenages) constituent le haut du panier de la série française, avec des budgets avoisinant les 10 millions d’euros par saison, on est encore à des années lumières des investissements et de la qualité des séries américaines telles House of Cards (Netlix) ou Game of Thrones (HBO) produites pour environ 5 millions de dollars par épisode. Notons malgré tout le succès de la série suédoise Real Humans (SVT), diffusée sur Arte, qui est parvenue à imposer une lecture très européenne de la fiction d’anticipation avec un budget d’un peu moins de 700 000 dollars par épisode. En France, science-fiction et horreur ne sont toujours pas considérées comme des sujets économiquement viables pour les grandes chaînes de télévision à l’instar des films de genre délaissés par l’industrie cinématographique. Et pourtant, là encore, contrairement aux idées reçues, les films d’horreur made in France se négocient assez bien hors de nos frontières. On peut citer par exemple Martyrs (2008), de Pascal Laugier, pré-vendu dans trente-cinq pays avant même sa sortie en salles. Le cinéma et la télévision françaises manquent d’audace et d’ambition, c’est un fait. Pourtant, au milieu de cette routine audiovisuelle, où le succès de Joséphine, ange gardien (TF1) demeure la référence – 70 épisodes de 1997 à 2013, 1 million d’euros par épisode dont 250 000 pour le seul cachet de Mimi Mathy au cours des dernières saisons – Laurent Duroche, Christelle Gras et Yohan Labrousse font le pari de proposer la construction d’une série française novatrice : Reset.

Et si la fin du monde était une seconde chance ?

Ayant pour cadre une France ravagée par une épidémie dévastatrice, Reset raconte l’histoire de cinq survivants qui vont devoir s’unir pour survivre. Le dossier artistique dévoile les contours du projet : un TGV est sur le chemin d’une grande ville alors que le pays bascule soudainement dans le chaos. A son bord, cinq passagers qui n’ont pas pris le traitement distribué par le gouvernement lequel, au lieu d’éradiquer l’infection, a modifié les effets du virus en transformant les êtres humains contaminés en créatures enragées. Le décor est planté. Le ton de la série devrait, en partie, emprunter celui développé par Danny Boyle en 2002 dans 28 jours plus tard, s’attardant sur la psychologie des personnages confrontés à un environnement hostile et particulièrement violent. Les trois créateurs du projet expliquent : « Reset part de la volonté de raconter une histoire dans un contexte science-fictionnel, fait rare en France, et d’utiliser ce filtre pour interroger le fonctionnement de notre société et la notion même d’humanité. De fait, les personnages sont naturellement au centre du récit. Des personnages que nous voulons réalistes, pour une identification plus forte. » Si l’on comprend bien, il n’est donc pas question de rivaliser avec The Walking Dead (AMC) et ses hordes de zombies mangeurs d’hommes bien que la présence annoncée du spécialiste des effets spéciaux français, David Scherer (Lady Blood, The Theatre Bizarre), laisse [heureusement] présager quelques scènes de zombies et de grand-guignol. Une véritable prise de risque si l’on se réfère aux règles de diffusion imposées par le conseil supérieur de l’audiovisuel, puisque seuls les programmes de catégorie I (tous publics) et II (déconseillés aux moins de 10 ans) peuvent aujourd’hui être diffusés en clair à partir de 20h30. Une exception pour les programmes de catégorie III (interdits aux moins de 16 ans) autorisés dès 20h30 sur les chaînes de cinéma et les services de paiement à la séance. Des contraintes fortes qui limitent d’emblée le contenu de la série et le nombre de chaînes susceptibles de la diffuser. Mais à ce stade, les auteurs de Reset refusent de brider leur imagination, et c’est tant mieux.

Un appel lancé sur Internet pour la production du pilote

Afin de financer la réalisation d’un pilote, une campagne de crowdfunding a été initiée au début du mois de juin : « A travers Reset, nous avons l’ambition de proposer une histoire, un format (télévision et web) et un genre différents de ce qui existe dans le paysage séristique français, le tout porté par une exigence qualitative inspirée des séries anglo-saxonnes. » précisent les porteurs du projet sur ulule, et d’ajouter : « Une fois la collecte complétée, nous prévoyons le tournage en octobre. La post-production sera finalisée en décembre 2014. » Un pilote qui doit servir à convaincre une chaîne de télévision et/ou une société de production pour ensuite [peut-être] mettre en chantier dix épisodes de 45 minutes pour la première saison. Un format qui se rapproche du standard américain (52 minutes) adopté pour la série Borgia, créée par Tom Fontana, une coproduction franco-allemande disposant d’un budget de 30 millions d’euros pour douze épisodes tournés en langue anglaise. Toujours est-il que les concepteurs de Reset se donnent les moyens d’atteindre leur objectif en proposant, en plus d’un site support (PlatonicSolids) très soigné, un teaser, plutôt bien fait, destiné à convaincre les financeurs. Même si les créateurs du projet revendiquent un scénario qui ressemble davantage à La Route (2009, de John Hillcoat) qu’à la série The Walking Dead, où l’humain aura une place de choix, il leur faudra sans doute instiller quelques scènes d’action saisissantes pour espérer emporter l’engagement des investisseurs. A ce jour, plus de 10 000 euros ont d’ores et déjà été promis par les internautes sur les 15 000 espérés pour produire et réaliser le pilote. Il reste désormais un peu plus d’un mois pour offrir à Laurent Duroche, Christelle Gras et Yohan Labrousse, la possibilité de nous montrer qu’une nouvelle génération d’auteurs est capable de révolutionner le genre et le paysage séristique français. On ne peut qu’encourager et saluer l’initiative.

Profitons de l’occasion pour signaler la sortie du Lien du feu, un court-métrage post-apocalyptique réalisé par Matthieu Plessis et Jordan Le Galeze, tourné dans les environs de Nantes en mai 2014 et également financé en partie sur ulule.

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