Critique de film

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Réincarnation

"Rinne"
affiche du film

Il y a 35 ans... Un massacre est commis dans un paisible hôtel de tourisme... Pris d'une crise de folie, un professeur d'université se livre à un véritable carnage, faisant 11 victimes parmi les clients et le personnel de l'hôtel et assassinant toute sa famille, tout en enregistrant ses meurtres à l'aide d'une caméra vidéo. Aujourd'hui... Le réalisateur Matsumura s'apprête à porter ce fait-divers à l'écran sous le titre ''Réminiscence''. Il choisit la jeune actrice Nagisa Sugiura pour en tenir le rôle principal. Alors que le tournage approche, Nagisa est la proie de rêves atroces et d'hallucinations morbides. C'est alors que Matsumura annonce à son équipe son intention de tourner son film sur les lieux mêmes du massacre...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Réincarnation - Une oeuvre désincarnée
Par : Damien Taymans
Tags : Asiatique, Fantômes

Takashi Shimizu lâche enfin un petit peu sa saga des Ju-On. Après s’être adonné à en livrer plusieurs versions asiatiques et américaines, le réalisateur (passé entre temps par l’excellent Marebito) fait une nouvelle proposition dans le domaine des ghost storys avec Réincarnation.

On le sait : Shimizu n’a jamais été doué dans l’agencement scénaristique de ses métrages. En réalité, il ne dote jamais son film d’une quelconque organisation narrative et préfère enchaîner des tableaux fantasmagoriques tous reliés à un thème central. Dès lors, le spectateur le moins attentif a tôt fait de s’égarer au sein de ces œuvres devenues trop absconses pour lui (d’autant, qu’avouons-le, il n’est pas toujours évident de distinguer qui est qui dans ces films asiatiques). Rassurez-vous, Takashi n’a pas changé son fusil d’épaule et fournit dans le présent film le même bordel scénaristique qui hantait ses précédents opus.

Cependant, il est incontestable que Shimizu reste un maître dans l’art de la terreur. Grâce à cette désorganisation sans doute structurée pour lui (à l’image du gamin qui range jamais sa chambre mais y retrouve tout ce qu’il cherche), les intrigues explorées sont livrées de manière moins fixe, moins convenue. A force de s’y perdre, le public se surprend à voir apparaître l’un ou l’autre spectre au détour d’un couloir. Plongé dans une histoire qu’il ne comprend pas, le spectateur lambda sursaute (davantage de surprise que de frayeur) lors des scènes d’épouvante.

Une équipe cinématographique réalise un film sur un fait divers macabre : un professeur est devenu fou au sein d’un hôtel et a abattu de sang froid une belle brochette de personnes. Fidèle à son habitude, le réal nous impose son éternel (mais perturbante) éclatement spatio-temporel, faisant coexister ces deux histoires en un seul et même lieu. L’équipe technique et les acteurs du film rencontrent au détour d’un vestibule les victimes rageuses dudit carnage et subissent les conséquences de leurs tourments. Explosion du cadre, entrecoupement des personnages, poursuite aléatoire et montages en parallèle sont les attributs narratifs de ce métrage fidèle à la stratégie filmique de Shimizu.

Même si le tout a un goût amer de déjà-vu et en dépit d’un laxisme narratif, Réincarnation innove sur quelques points. D’abord par sa mise en abyme intéressante, proposant de voir un film dans le film. Mélange savoureux des coulisses d’un tournage, des souvenirs du lieu du crime et d’un document en 8mm, montrant chacun les mêmes images mais de manière décalée, permettant ainsi une certaine cohérence dans les faits malgré trois points de vue différents. Ensuite, par son traitement méta-cinématographique, Shimizu remet les pendules à zéro en matière de cinéma fantastique asiatique, signifiant une fois pour toutes que les œuvres de ce type participent davantage à sacraliser des croyances communes de tout un peuple qu’à emplir une quelconque filmographie du cinéma de genre. Par ce biais, le réalisateur règle plus ou moins ses comptes avec le cinéma hollywoodien qui s’amuse à reprendre à la lettre en les dénaturant les métrages horrifiques asiatiques.

En fin de compte, Réincarnation échoue si près du but. Se faisant le porte-parole d’une tradition séculaire, le métrage n’en livre qu’un bien maigre feuillet. Shimizu se contente assez lamentablement de cette histoire digne du simple divertissement, fort éloigné des classiques inébranlables. Preuve est faire encore une fois que le réal a un talent indubitable mais qu’il a du mal à le mettre en pratique…

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