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Red

"Red"
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Les critiques à propos de ce film

Critique de Red - Death sentence
Par : Chroniqueurs
Tags : Vigilante

Par Beatroce

Avery Ludlow est un vieil homme bien ancré dans sa petite vie monotone de villageois. Accompagné de son fidèle toutou nommé Red, le vieillard coule des jours paisibles dans son épicerie de village. Alors qu’il ne demande rien à personne, Avery est attaqué par une bande de trois jeunes malfrats patibulaires qui, sans sommation, prennent un malin plaisir à descendre Red, son ami de 14 années. Avery est bien décidé à faire entendre raison aux parents de ces jeunes frappes afin qu’ils reçoivent une correction digne de ce nom. Sauf que, le père du killer de bestioles est un homme influent qui a la loi de son côté…

Basé sur l’excellent roman de Jack Ketchum (The Girl next door), Red, sous ses aspects de vigilante movie traditionnel, éclate le cadre dressé par les œuvres classiques des seventies et eighties pour en imposer un autre, davantage axé sur la réflexion. Loin de tomber dans la décadence sanguinolente d’un Death wish, Red se contente dans un premier temps de poser les jalons d’un questionnement existentiel sur la nature des actes commis et leurs conséquences. Les préoccupations intellectuelles et émotionnelles se substituent aux explosions de violence. Soutenu par un brillant scénario signé Stephen Susco, Red préfère s’immiscer dans ses personnages, nourrissant le spectateur d’introspections efficaces qui soutiennent le processus d’identification forcément travaillé.

La quête d’Avery, d’excuses dans un premier temps et de reconnaissance dans un second, s’avère vaine eu égard aux considérations animalières d’une justice qui les dote simplement du statut de propriété, ne reconnaissant nullement le lien fraternel qui peut se tisser entre une bête à quatre pattes et une à deux. Dès lors, le métrage, ne se bornant pas à cette simple question législative, outrepasse le caractère légal du méfait commis pour en afficher les conséquences les plus effrayantes en posant une kyrielle de questions irrésolubles : à quoi mène la cécité de la justice ? La loi du talion est-elle louable ? Incapable de protéger les hommes comme les animaux, cette justice suffit-elle ? Autant d’interrogations qui mènent inexorablement le héros vers l’affrontement pur et dur, seule échappatoire à son mal-être judiciaire et, par extension, psychologique.

Ce magnifique projet, au décalage certain et aux préoccupations marginales, accuse malheureusement quelques lacunes sans aucun doute imputables à son enfantement tourmenté émanant d’une union bâtarde. L’entame de McKee qui abandonna le projet en cours de route pour d’obscures raisons fut peu à peu colmatée par son successeur Trygve Allister Diesen. Ce changement de réal (l’un américain, l’autre norvégien) entraîne irrémédiablement un glissement de ton de l’ensemble malgré une cohérence narrative intacte.

Développée sur un rythme languissant (et parfois ennuyeux), la thèse de Red transpire d’authenticité par le truchement d’un discours qui à défaut d’être convaincant sonne vrai. Malgré quelques considérations menées trop lourdement à grands renforts de fâcheux pré-mâchages, le métrage offre au spectateur un temps de réflexion ontologique nécessaire loin des débats vides et vains aux vérités indubitables.


Critique de Red - Raid meurtrier des producteurs...
Par : Quentin Meignant

Lucky McKee fait partie des nouveaux maîtres de l’horreur comme en atteste sa participation aux Masters of Horror par le biais de l’agréable segment Liaison Bestiale. Le cinéaste, qui s’est fait un nom grâce au somptueux May et qui a confirmé grâce au plaisant The Woods, se devait donc de confirmer son statut avec Red, métrage s’éloignant un peu du cinéma de genre qu’il chérit tant. Thriller psychologique au traitement très personnel, Red narre l’histoire d’Avery Ludlow, un vieillard qui, accompagné de son chien, Red, coule des jours heureux après une vie marquée par de nombreuses catastrophes. Malheureusement, un trio de jeune délinquants viennent perturber cette quiétude et assassinent Red. Alors qu’il leur demande de simples excuses, les jeunes et leurs parents nient toute implication dans l’affaire, ce qui a le don d’énerver Avery. L’explosion est proche…

Se présentant de prime abord comme un simple vigilante, cette adaptation d’un roman du célèbre Jack Ketchum donne lieu, dès son entame, à un traitement tout particulier qui l’emmène bien loin des sentiers battus du cinéma de genre. Là où beaucoup auraient simplement mis en scène une vengeance en bonne et due forme, certes jouissive mais légèrement irréfléchie, Lucky McKee se borne quant à lui à donner une certaine profondeur à son récit. Avec un questionnement existentiel fort poussé en clé de voûte, Red se décline dès lors plus comme un drame que comme un thriller.

L’habile adaptation scénaristique met dès lors en avant les qualités exceptionnelles d’un Brian Cox jouant comme à la belle époque, cachant derrière chacune de ses expressions faciales un contenu émotionnel extrêmement puissant. Doté d’un tel acteur principal, Red n’a alors plus qu’à suivre une voie toute tracée vers le succès, voie hélas entachée par quelques déchets incongrus, fruits du changement de réalisateur qu’a connu le projet en plein milieu de tournage. Dès lors, il en devient presque d’attribuer les plans ratés à un Trygve Allister Diesen tant son travail tranche avec celui de son glorieux prédécesseur. Forcément inégale, la seconde partie du métrage donne lieu à une vengeance dont la finesse psychologique laisse pantois. Victime de son tempérament et des stygmates d’une vie trop chargée, le protagoniste principal déraille quelque peu tout en conservant l’empathie que l’on peut éprouver à son endroit. Mais le fait que McKee ait quitté le projet se justifie hélas pleinement dans un final tout simplement ahurissant, passant du thriller finement amené à la fable familiale du genre Beethoven. Sans aucune justification si ce n’est celle de rendre le métrage grand public, les producteurs ont sabordé en l’espace de quelques minutes un contenu profond.

Adaptation certes réussie, Red est avant tout une œuvre très décevante, souffrant des interférences entre ses deux réalisateurs. Doté d’un final tout simplement vomitif, le thriller psychologique et dramatique très profond se laisse rapidement oublier à cause des envies de billets verts de producteurs peu scrupuleux.

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