Renvoyez la censure !

RENVOYEZ LA CENSURE ! - Bilan de l’année 2012

1er janvier 2013 | Par : Darkness Fanzine

Un an de censure au cinéma

La fin de l’année est toujours l’occasion de proposer un bêtisier et de faire un bilan. Qu’en a-t-il été pour le contrôle cinématographique en France et à l’étranger ? L’actualité censoriale en 2012 aura été plutôt calme si l’on excepte les 49 interdictions aux mineurs de 18 ans distribuées généreusement par le Bureau de classification britannique. En France, on dénombre 7 restrictions de projection aux mineurs de 16 ans (The Theatre Bizarre, The Raid, Kill List, Insensibles, Holy Motors et Guilty of Romance) dont une avec avertissement (Chronique sexuelle d’une famille d’aujourd’hui). Une seule interdiction aux moins de 18 ans a été délivrée pour le film Il n’y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni, la Commission expliquant que « ce documentaire sur les coulisses du cinéma pornographique comporte de nombreuses scènes destinées à un public majeur, et notamment des scènes de sexe non simulées ». Ce que personne n’a contesté.

En plus des quelques remous provoqués en début d’année par la campagne d’affichage publicitaire des films Les Infidèles (2012) et Underworld : Nouvelle ère (2012) – se reporter aux chroniques précédentes – l’été aura vu le Conseil d’État annuler, pour la seconde fois, le visa d’exploitation du film Antichrist (2009) de Lars Von Trier, le juge expliquant que l’interdiction aux mineurs de 16 ans décidée par le ministre manquait de motivation et ne s’appuyait pas suffisamment sur l’avis de la Commission. Une nouvelle décision d’interdiction aux moins de 16 ans est donc intervenue, en août dernier, le ministre s’appliquant à démontrer que « le film comporte quelques brèves scènes de sexe non simulées tandis que d’autres séquences traduisent la violence des rapports entre les deux personnages » sans qu’elles « ne justifient une interdiction aux mineurs de moins de 18 ans en raison du fait qu’elles n’occupent qu’une place limitée dans le film et se déroulent dans une atmosphère qui en relativise la portée ». Août a également vu le départ d’Edmond Honorat, président de la commission de classification des œuvres cinématographiques depuis 2010, et l’arrivée de Jean-François Mary, haut fonctionnaire au Conseil d’Etat.

2013 va finalement permettre au remake Maniac, de Franck Khalfoun, de sortir en France interdit aux seuls mineurs de 16 ans, et à Lars Von Trier – encore lui – de présenter Nymphomaniac au prochain festival de Cannes, un « drame pornographique » abordant notamment la sexualité chez les enfants. De son côté, Paul Verhoeven devrait adapter son roman – « Jesus de Nazareth » publié en 2010 – à l’écran présentant le Messie comme le fruit du viol de Marie par un soldat romain... Gloups ! Pas de doute, l’année 2013 devrait être passionnante.

Commentaires

Tu veux dire : à l’excellent fanzine Darkness ?

7 janvier 2013 | Par Damien Taymans

Oui, en France, le cinéma pornographique n’est pas un cinéma comme les autres puisqu’il est surtaxé et pénalisé depuis 1975. La vidéo a permis sa survie même si depuis 2005, les DVD de films pornos supportent une TVA 5 fois plus élevée que ceux proposant des films conventionnels. Notons aussi que depuis 2001 et l’affaire "Baise-moi", le gouvernement a rétabli l’interdiction aux -18 ans sans classement X, afin de ne pas pénaliser fiscalement des œuvres flirtant entre le film d’auteur et le film pornographique. Ce fut le cas pour le documentaire de Siboni. Certains films sont même classés aux -16 ans parce que ne proposant qu’une seule scène de sexe, non simulée, filmée furtivement. Pas toujours facile de s’y retrouver. Pour plus de détails, reportez-vous au 12ème numéro du fanzine "Darkness", traitant exclusivement du sujet. En vente un peu partout sur le Net et notamment chez Sin’Art.

7 janvier 2013 | Par Christophe Triollet

Cher Nico, dans l’oeil de la caméra, un coït n’est pas plus synonyme de plaisir sexuel réciproque échangé entre les acteurs, qu’un baiser ne l’est de sentiment amoureux dans une comédie romantique. Tout le paradoxe du cinéma porno, c’est qu’il a pour revêtement la crudité réaliste. Enfin, ce que j’essayais d’exprimer, c’est que la terminologie utilisée par la censure dans ce cas est bien approximative, d’autant qu’elle prétend légiférer la diffusion de l’expression cinématographique. ==>

6 janvier 2013 | Par Fred Bau

ce n’est pas un art de la simulation, en tout cas dans le registre porno ^^

6 janvier 2013 | Par nico

Il y a quelque chose de particulièrement trompeur dans la notion "de scène de sexe non simulée". Comme si le cul était une catégorie à part, échappant au paradoxe du comédien (Diderot). Et puis le cinéma n’est-il essentiellement un art de la simulation et de la prestidigitation ? Je sais bien que cette remarque ne fera en rien avancer ce débat de société. Mais bon..

6 janvier 2013 | Par Fred Bau

Moralité : qui veut bien infiltrer ces commissions et flageller les autres si Paranormal Activity s’en sort sans la moindre restriction ?

5 janvier 2013 | Par Damien Taymans

Plus les interdictions sont hautes moins on a de sales gosses au cinéma et ça ça n’a pas de prix, vive l’interdiction aux moins de 18 ans pour tous les films de genre :-)

4 janvier 2013 | Par Fred Pizzoferrato

Two thumbs up for Christophe Triollet !

1er janvier 2013 | Par Alan Deprez

Peu de restrictions finalement... comparé à l’Angleterre

1er janvier 2013 | Par Nicolas

ce Maniac-ci interdit aux moins de 16 ans ? ils abusent...

1er janvier 2013 | Par warhammer

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