Renvoyez la censure !

RENVOYEZ LA CENSURE !

30 mai 2012 | Par : Darkness Fanzine

The Bunny Game en version intégrale en France ?

Alors qu’il est toujours interdit d’exploitation dans tout le Royaume-Uni, The Bunny Game (2010) de A. Rehmeier sortira en DVD aux États-Unis le 17 juillet prochain dans sa version uncut de 76 minutes. Pourrait-il également sortir en France, en version intégrale sur le marché de la vidéo, comme ce fut le cas pour The Human Centipede (First Sequence) de Tom Six en octobre 2011 ? La réponse est oui, absolument ! La France aurait-elle donc un des systèmes de classification des films les moins contraignants au monde ? Oui et non. En réalité, aucun organisme français ne classe aujourd’hui les sorties en vidéo. Les distributeurs ont donc très vite exploité ce vide juridique afin d’éviter le contrôle organisé pour les films sortant en salles. Une grosse partie des films d’horreur produits aux États-Unis, désormais distribués exclusivement sur le marché de la vidéo, échappe ainsi aux règles d’attribution du visa d’exploitation et donc au risque de censure. The Devil’s Chair (2006) de Adam Mason, Trick’r Treat (2007) de Michael Dougherty, Train (2008) de Gideon Raff ou encore Halloween 2 (2009) de Rob Zombie ont été proposés à la vente, sans aucun contrôle de la part des pouvoirs publics. Pour bien comprendre, il faut remonter au milieu des années 70, à l’heure où le gouvernement français décide de mettre fin à l’étalage des films pornos sur les devantures des salles de cinéma.

LA LOI DU 30 DECEMBRE 1975

Après le vote de la loi de finances du 30 décembre 1975 pénalisant fiscalement et financièrement les films X, à caractère pornographique ou incitant à la violence, les professionnels ont cherché à contourner le dispositif. Très vite, le marché plus porteur de la vidéo a ouvert de nouvelles perspectives en attirant une nouvelle clientèle tout en échappant à la loi fiscale. L’industrie de la vidéo porno explose ! En 2002, la location de films pornos concerne 10% de la masse de transactions annuelles évaluées à près de 70 millions de locations.

Bien que la loi de finances de 1983 organise l’application des dispositions fiscales de la loi de 1975 aux cassettes vidéos, leur pénalisation effective n’existe pas, aucun décret d’application n’ayant jamais été pris : « Il n’y a aucun contrôle préalable organisé pour la vidéo. Le système du cinéma permet de donner un visa à un film. Quand il s’agit de cassettes proposées dans les supermarchés, ce n’est plus la même chose. Il faudrait mettre en place un appareil administratif que la Commission n’est pas capable d’organiser. » déclarait le président de la Commission de classification des œuvres cinématographiques en 1993 et d’ajouter : « Les Anglais avaient une autre idée qu’ils n’ont pas appliquée. Elle consistait à distribuer des vignettes de classification aux commerçants et aux loueurs de cassettes et de faire des contrôles réguliers, pénalisant très fortement ceux ne les apposant pas. Il s’agissait de déplacer la responsabilité sur le distributeur ou le loueur ». Un transfert de responsabilité qui sera finalement codifié en France sous la forme d’une signalétique obligatoire en 1998.

La loi du 17 juin 1998 réglemente la mise à disposition du public de « tout document fixé par un procédé déchiffrable par voie électronique en mode analogique ou en mode numérique » lorsqu’il présente un caractère pornographique ou « un risque pour la jeunesse en raison de la place faite au crime, à la violence, à l’incitation à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants, à l’incitation à la consommation excessive d’alcool ainsi qu’à la discrimination ou à la haine contre une personne déterminée ou un groupe de personnes ». La loi instaure dorénavant une signalétique pour tous les films loués ou vendus en vidéo – physique ou en VOD – s’ils ne disposent pas déjà d’un visa d’exploitation. Une Commission est spécialement créée pour l’occasion. Mais ne se réunissant en tout et pour tout qu’à quatre reprises, elle tombe très rapidement dans l’oubli. Du coup, les pouvoirs publics se tournent vers les professionnels en imposant à l’éditeur [ou à défaut, au distributeur chargé de la diffusion en France] d’en limiter la mise à disposition à certaines catégories de mineurs, en fonction de leur âge. En l’absence de définition légale ou réglementaire, l’appréciation du contenu du film est laissée aux professionnels et au juge en cas de litige.

The Bunny Game pourrait donc très bien sortir en version intégrale, en France, sur le marché de la vidéo, avec un simple avertissement laissé à l’appréciation de l’éditeur, positionné en petits caractères au verso du boîtier...

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