Critique de film

Psychose

"Psycho"
affiche du film
  • Genre : Thriller – Thriller psychologique
  • Année de production : 1960
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alfred Hitchcock
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h49
  • Budget : 800.000 Dollars
  • Scénariste : Robert Bloch, Joseph Stefano
  • Musique : Bernard Herrmann
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Anthony Perkins, John Gavin, Vera Miles, Martin Balsam, Janet Leigh
  • Récompenses : Nominé aux Oscars dans les catégories Meilleure actrice pour Janet Leigh, Meilleurs décors en noir et blanc, Meilleur photographie noir et blanc et Meilleur réalisateur en 1961
    Edgar Allan Poe Award de la meilleure photographie 1961
    Golden Globe de la meilleur actrice pour Janet Leigh en 1961
    Golden Laurel pour Janet Leigh et du meilleur drame en 1961

Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l'entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l'épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire le laissant sans le sou... Mais un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s'enfuit avec l'argent. Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l'angoisse de se faire prendre et l'excitation de mener une nouvelle vie, Marion roule vers une destination qu'elle n'atteindra jamais. La pluie est battante, la jeune femme s'arrête près d'un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère. Après un copieux repas avec Norman, Marion prend toutes ses précautions afin de dissimuler l'argent. Pour se délasser de cette journée, elle prend une douche...

Les critiques à propos de ce film

Psychose - Le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre
Par : Damien Taymans


Psychose émerge à l’apogée de la filmographie d’Alfred Hicthcock juste après le succès énorme que remporte Fenêtre sur cour. Tiré du livre éponyme de Robert Bloch, le film va marquer son époque et devenir l’une des pierres angulaires du cinéma américain et mondial. Pourtant, la Paramount n’est pas emballée par le projet car la société n’a apprécié ni le livre original ni le titre du film (pas assez vendeur). Malgré tout, le maître du suspense va parvenir à monter son film avec un budget de 800.000 dollars et marquera d’un énorme coup tout Hollywood.

Hitchcock reprend scrupuleusement tous les éléments du livre de Bloch. Ainsi, la scène de la douche, la disparition rapide de l’héroïne figurent dans le métrage hitchcockien. Mais le réalisateur arrive surtout à sublimer l’œuvre originale en réalisant le film parfait. Un métrage étonnant par son montage particulier, ses enchaînements et son excellente qualité photographique et sonore.

Il faut dire que la maître du suspense en a surpris plus d’un et est parvenu à détourner du droit chemin nombre de spectateurs. Hitchcock joue avec eux du début à la fin de son film et poursuit un seul et unique but : étonner un public pourtant déjà bouleversé par le talent du génie. C’est pour cette raison qu’Hitchcock fermera la porte des studios : aucune image ni révélation ne peut être filtrée. Il interdit quiconque de toucher le plus petit mot à propos du métrage, changeant même le titre de celui-ci en Wimpy afin que certains fans n’aillent pas s’aventurer dans le livre de Bloch et en découvrir ainsi toutes les scènes à rebondissement.

Dans le film même, le réalisateur jongle avec les genres, nous déroutant sans cesse. Dès le début, on est persuadés d’assister à un film sentimental mettant en scène les aventures de ce couple quasi adultérin. Ensuite, dès le vol des 40.000 dollars par Marion, on s’attend à un policier avec ses éternelles enquêtes. Mais l’événement clé doit seulement arriver. Et cet élément est la scène de la douche. Dès ce moment et cette apothéose filmique, on comprend qu’Hitchcock nous a leurrés sur toute la ligne. Dès lors débute un nouveau métrage déstabilisant en tous points. Car à aucun moment le spectateur lambda ne pourra identifier qui est le meurtrier. L’auteur profite du film pour poursuivre sa réflexion sur le voyeurisme entamée dans son fameux Fenêtre sur cour.

Mieux encore : le réalisateur confie le rôle de vedette à Janet Leigh, véritable star montante que tout Hollywood s’arrache. Quelle n’est pas la stupeur du public lorsqu’il apparaît que celle-ci, l’héroïne du film, meurt après seulement une vingtaine de minutes… Non, ce n’est pas possible, il n’a pas pu faire ça ! Et bien si, il a osé et c’est ce genre de manipulations qui consacrent un peu plus le statut du génie.

Et puis, il y a cette fameuse scène de la douche… Combien de litres d’encre ont déjà coulé suite à ce moment inoubliable qui a traumatisé une génération entière ? Au point de devenir dans certains sondages la meilleure scène du cinéma américain. Pour cette scène, quelques ingrédients essentiels : une surprise totale, une lumière éreintante et 46 secondes de bonheur lue sous 70 positions de caméras différentes… Il aura en tout et pour tout une semaine de filmage pour en arriver à ce résultat. Janet Leigh confiera le calvaire qu’elle a éprouvé pour le tournage de cette scène, souffrant de son corps incessamment mouillé.

Dès ce moment, l’auteur nous livre une œuvre aussi schizophrénique que son meurtrier. Tout est fracturé, divisé en deux, empli de miroirs reflétant le côté sombre de Norman Bates. Eternel duel entre lumière et ténèbres duquel triomphent la destruction et le meurtre. Ode magistrale à la schizophrénie. Œuvre d’un génie dégénéré qui a sur surprendre et effrayer comme plus personne n’y parviendra.

Sans avoir vu Psychose, on ne peut pas vraiment savoir ce qu’est un thriller. Bien plus, on ne connaît rien du vrai cinéma, celui qui affecte, déchire et transcende.


Oeuvres liées :

Psychose 2 (1983)
Psychose 3 (1986)
Psychose 4 (1990)
Psycho 98 (1998)

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