Critique de film

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Proie (La)

"La Proie"
affiche du film

La Proie suit un braqueur qui s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La proie - Traqué
Par : Samuel Tubez
Tags : Serial killer, Action, BIFFF 2011

Eric Valette est un bon. Auteur d’un premier long métrage enthousiasmant (Maléfique) et d’un excellent thriller aux consonances westerniennes (Une affaire d’état) tournés en France, il tenta sa chance aux States avec le remake One missed call et le toujours inédit Hybrid. Deux échecs cependant, que le cinéaste assume complètement, mais qui ne l’empêchent pas de revenir aujourd’hui dans son pays natal pour un polar transpirant l’amour pour un cinéma de genre bien fait.

Retenu en taule pour un braquage qu’il a commis, Franck Adrien partage sa cellule avec un certain Maurel, un tueur en série aux accents pédophiliques. Peu après que ce dernier soit innocenté et relâché, Franck se retrouve sur le qui-vive : non seulement les crimes commis par Maurel lui sont attribués, mais en plus celui-ci est sur le point de s’en prendre à sa fille. Franck n’a alors d’autre choix que de s’enfuir et de se lancer à la poursuite de son ancien codétenu, avec une Brigade spécialisée à ses trousses et le statut d’ennemi public n°1 collé sur le dos…

Bourré de séquences musclées à l’américaine, La proie n’en oublie pas pour autant ses origines européennes, s’ancrant parfaitement dans la grande tradition du polar français tout en apportant en bonus une petite touche poliziotteschi (la présence au casting de la belle Caterina Murino n’étant pas tout à fait innocente). Notre fugitif (Albert Dupontel, plus physique que jamais) cavale, chute, se prend des balles, fait un détour par un cimetière où est enterré son butin, s’écroule en découvrant le cadavre de son épouse, mais parvient toujours à se relever. Physiquement et psychologiquement atteint, il continue de courir, dans le seul but de retrouver sa fille et la sauver des griffes de cet enflure de psychopathe qui l’a trahi (Stéphane Debac, réellement inquiétant avec son allure de faux gentil). Les incohérences du script sont nombreuses et les énormités sont légions. Mais on les pardonne aisément, Eric Valette faisant preuve d’une belle maîtrise dans la mise en scène de ce polar à l’ancienne dépourvu d’effets de style arrogants, mais non dénué d’une certaine férocité (la confrontation précédant l’évasion du héros étant assez…mordante). En plus, après Rachida Brakni dans Une affaire d’état, le cinéaste continue d’offrir à ses actrices des rôles musclés qui tiennent la dragée haute aux personnages masculins, mettant ici en avant la charmante et non moins efficace Alice Taglioni, jusqu’ici trop souvent cantonnée à des rôles de belle blonde et de faire-valoir (Les chevaliers du ciel, L’île aux trésors, Ca$h, et autres Doublure). Et rien que ça, c’est suffisamment rare que pour être souligné.

Malgré les nombreuses incohérences parsemant le scénario, Eric Valette parvient au final à atteindre son objectif premier avec La proie, à savoir nous servir un bon petit polar d’entertainment, sans pour autant tomber dans les travers du divertissement bien propre sur lui et politiquement trop correct. On ne peut donc que s’incliner devant un tel savoir-faire doublé d’une humilité de tous les instants dont certains réalisateurs de genre français feraient bien de s’inspirer. Merci donc à monsieur Valette de poursuivre dans son travail à livrer un cinéma de genre francophone respectueux et de qualité.


Critique de La Proie - Proie facile
Par : Quentin Meignant
Tags : Serial killer, BIFFF 2011

Après un passage effroyable aux States où il a livré les peu enviables Hybrid et One Missed Call, Eric Valette est de retour sur la terre de ses exploits avec La Proie, film au budget plutôt important, présenté en première internationale lors du BIFFF 2011 à quelques jours de sa sortie en salles. Avec un casting réunissant des grands noms pas forcément rodés au cinéma de genre (Albert Dupontel, Stéphane Debac, Zinedine Soualem mais aussi l’inénarrable Sergi Lopez), le métrage d’Eric Valette laissait planer l’incertitude quant à son inclinaison. Concourant dans la catégorie thriller lors de l’événement bruxellois, La Proie a pour héros un braqueur qui s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Si l’espoir de voir Eric Valette revenir à ses premières amours étaient grands, le cinéaste se démarque rapidement de ses réussites françaises précédentes, telles que Maléfique ou Corps étranger, qu’il avait tourné dans le cadre de la très bonne série Sable Noir. En effet, avec un casting qui ressemble à tout sauf à celui d’une honnête série B qui s’assume, le cinéaste place son film sous le signe du spectacle grand public, voire du téléfilm à certains moments. Avec un Dupontel en braqueur fugitif, un Debac en tueur en série et un Zinedine Soualem en chef de la police, il est impossible de croire une seule seconde en l’intrigue déployée tant ces contre-emplois tournent en ridicule chaque séquence.

La morne Alice Taglioni n’arrangeant en rien ces aspects, Sergi Lopez est le seul à surnager dans ce marasme incroyable. Dès lors, La Proie paraît totalement vain et inutile, phénomène qui est encore accentué par une histoire abracadabrantesque sans grand intérêt. Assez soigné au niveau de sa mise en scène et de son montage un brin nerveux, le métrage est au moins respectable esthétiquement, tandis que la B.O., que l’on doit à Noko parvient à convaincre. Dès lors, sans jamais convaincre, La Proie s’avère juste être tout simplement regardable et finira sans doute ses jours dans la grille horaire d’un dimanche après-midi sur France 2 ou France 3.

Encore fort influencé par son aventure américaine (le classicisme et le formalisme de La Proie en sont la preuve), Eric Valette livre une œuvre ennuyeuse à souhait qui n’a pour seul mérite que de réunir un casting hélas mal agencé. La Proie fait donc partie de ces ratages grand public qui déçoivent les amateurs de la première heure. Eric, reviens-nous vite !


Critique de La proie - Traqués
Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Il est de ces réalisateurs qui condensent en un peu plus de vingt ans de carrière ce que d’autres connaîtront à peine sur une vie. Eric Valette fait définitivement partie des premiers ; démarrant son parcours dans le milieu de la pub et à la télévision (Les guignols de l’info), il se frotta avec succès au format court (Samedi, dimanche et aussi lundi, 1999, Il est difficile de tuer quelqu’un, même un lundi, 2000 et Dégustation, 2002), engendra un chef d’œuvre du film de genre horrifique, alors sans précédent dans l’Hexagone (Maléfique, 2002), céda aux sirènes hollywoodiennes, expériences douloureuses avec des résultats en demi-teinte (le remake One Missed Call & Hybrid), pour finalement revenir en France développer des projets de polar « hard boiled » et/ou politisés (Une affaire d’état, La proie). Un cheminement qu’Eric nous confie dans une interview carrière exclusive, avec son accent chantant du Sud. (vidéo).

La proie (2011) nous relate la destinée de Franck Adrien (campé par un Albert Dupontel monolithique), braqueur incarcéré après un dernier gros coup. Il rencontre en cellule ce fieffé manipulateur de Jean-Louis Maurel (l’excellent Stéphane Debac, LA révélation du film ; pour l’interview, c’est par ici), avec qui il se lie d’amitié, et lui confie certaines choses… Mal lui en prit… Maurel, libéré sur ordre du juge, s’empare du butin d’Adrien, assassine sa femme (la « muy caliente » Caterina Murino) et kidnappe sa gamine (pour assouvir l’instinct maternel contrarié de la crispante Natacha Régnier). Il ne tarde pas non plus à démontrer un penchant incontrôlable pour les jeunes filles, qu’il aime tendres et pures… Adrien s’échappe de taule avec fracas pour traquer ce prédateur sexuel de la pire espèce, avec une belle étiquette d’ennemi public numéro un placardée sur la gueule et la grande cavalerie de la police française aux trousses… d’autant que Maurel s’est arrangé pour qu’on lui incombe un bon nombre de ses meurtres… Toute ressemblance avec le cas Fourniret - Hellegouarch (NB : membre du Gang des postiches - dont le tueur en série aurait massacré la femme pour s’emparer du pactole et acheter le manoir du Sautou, dans les Ardennes, où il enterra d’autres victimes) ne serait pas fortuite…

Voici le point de départ d’une œuvre ambitieuse, loin des poncifs des polars/séries policières frenchies (immobilisme, découpage plan-plan, rythme « pantouflard », …), et où Eric Valette fait preuve d’une maîtrise formelle sidérante et d’un « souffle » rare, emballant des poursuites à l’américaine, amples mouvements de caméra à l’appui. Celle-ci imprime au film un rythme haletant, privilégiant les plans aériens à la grue, contrebalancés par une caméra épaule « brut de décoffrage » et un montage nerveux. Une maestria technique qui se voit malheureusement tourner à vide, la faute à un scénario cumulant les invraisemblances et incohérences en tout genre. Côté interprétation, si Albert Dupontel (Bernie, Irréversible, Le convoyeur), minéral/musculeux (il a d’ailleurs effectué en personne la majorité des cascades) et Stéphane Debac (la mini-série L’affaire Villemin, Djinns) se tiennent la dragée haute, on ne peut pas en dire autant du reste du casting… La belle Alice Taglioni (La bande du drugstore, Brocéliande) se montre peu nuancée dans son rôle de fliquette « qui en a », Sergi López (Harry un ami qui vous veut du bien, Le labyrinthe de Pan) vient payer ses impôts, Natacha Régnier (La vie rêvée des anges, Les amants criminels) se montre peu convaincante, Caterina Murino (Les bronzés 3 : amis pour la vie, Casino Royale) apporte sa caution glamour, tandis que Zinedine Soualem (Le clone, Ah ! Si j’étais riche) flirte avec le ridicule, dans un rôle « archétypesque ». Un vrai gâchis. L’exemple parfait de l’œuvre où le fond ne soutient pas la forme.

Extrêmement plaisant, un divertissement haut de gamme, sous ses atours de thriller nerveux, entre Friedkin, Corneau et le Olivier Marchal des grands jours. Dommage que La proie pêche par un scénario faiblard, vers un final à côté de la plaque (le personnage du père meurtri en quête de vengeance & son intervention très « deus ex machina ») et un ultime pied de nez hors propos (très « Jason Bourne » dans l’esprit). Des défauts flagrants qui empêchent le film de s’ériger comme une date du polar français qu’il aurait dû être. Reste la découverte du « caméléon » Stéphane Debac, promis à un brillant avenir, et le sentiment d’avoir visionné une œuvre à l’exigence technique si rare dans la production française. La prochaine fois, Eric Valette ferait bien de mieux choisir ses scénaristes, comme pour le brillant Une affaire d’état (les fidèles Alexandre Charlot et Franck Magnier, déjà à l’œuvre sur Maléfique).


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