Critique de film

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Poltergay

"Poltergay"
affiche du film

Beaux, jeunes et amoureux... Marc et Emma sont les nouveaux propriétaires d'une maison inhabitée depuis trente ans. Ils ignorent que la cave de la maison a abrité, il y a bien longtemps, une boîte de nuit gay. Le 29 avril 1979 à 2 heures du matin, suite à un incident électrique avec la machine à mousse, en pleine fête disco, la boîte a été dévastée. Parmi les danseurs, cinq corps n'ont jamais été retrouvés. Aujourd'hui, la maison est hantée par cinq fantômes fêtards, taquins et gays. Marc les voit. Emma ne les voit pas. Les "visions" de Marc vont précipiter le départ d'Emma. Marc se retrouve seul avec ses interrogations. Touchés par cet homme à la dérive, les fantômes vont l'aider à reconquérir Emma.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Poltergay - La cage aux fioles
Par : Damien Taymans
Tags : Fantômes

Marc et Emma viennent d’emménager dans un immense manoir inhabité depuis trente ans. Ils ignorent complètement que la bâtisse a accueilli dans les années 70 une boîte gay dans laquelle s’est produite une terrible catastrophe. Suite à la défaillance d’une machine à mousse, des gens ont trouvé la mort. Cinq corps n’ont jamais été retrouvés dans les décombres. Les cinq fofolles habitent depuis le lieu déserté et, une fois le soir tombé, se trémoussent grâce à un subtil déhanché sur le thème de Rasputin de Boney M…

Conter des histoires de revenants homosexuels, voilà à quoi est contraint le cinéma français pour renouveler quelque peu la comédie dans laquelle il excelle pourtant. Depuis le syndrome des Visiteurs, rien ne semble plus impossible. Aussi, si le pitch peut amener nombre de résignations parmi le public, l’évocation du nom d’Eric Lavaine comme réalisateur a de quoi rassurer. Certes, Poltergay, allusion au film de Tobe Hooper dont il n’emprunte que l’intitulé et au milieu homosexuel joliment rapatrié sous ce qualificatif aux faux airs joyeux, n’est que son premier film. Mais s’arrêter à cette partie de son cursus reviendrait à occulter les années de service empilées à Canal + en tant que scénariste des frasques des Guignols de l’info ou de certains sketchs savoureux des Robins des bois.

Retrouvant pour le coup son poto Hector Cabello Reyes, Lavaine se lance donc de plein pied dans un genre sacralisé en terre hexagonale : la comédie. Qu’elle soit franchouillarde ou déplacée, celle-ci n’a cessé d’attirer nombre de spectateurs dans les salles obscures, enclins qu’ils sont à ouvrir leur bourse en compensation de quelques éclats de rire. Il n’y a qu’à constater les films tricolores qui trônent au palmarès du box-office français : La grande vadrouille, Les visiteurs, Bienvenue chez les Ch’tis, … Poltergay est-il de cette trempe ? Assurément non. Il faut dire que l’idée de base entraîne interrogations et doutes chez le spectateur lambda. Délicat défi que celui de populariser un tabou encore ancré dans les listes rouges des élites bien pensantes. Et, à ce petit jeu-là, n’est pas Molinaro qui veut…

Pourtant, le réalisateur évite soigneusement toutes les dérives de ce genre de matériau, offrant à voir des homosexuels has been qui sont restés coincés dans leurs chers seventies. Pattes d’eph et chemises en flanelles, déhanché travoltien, coiffures improbables. Pas de doute, ces folles-là dénotent avec les milieux gays contemporains dépeints lors de l’incursion de Marc dans des boîtes parisiennes. Dès lors, ce glissement temporel permet à Lavaine de ne pas heurter la règle de bienséance et même de glorifier quelque peu cette communauté trop souvent décriée, en en faisant le parfait opposé des excentricités des fofolles des années 70.

Si la communauté gay peut se satisfaire de ce ton intelligent et de ce respect affiché d’entrée, le cinéphile lui, s’ennuie un peu devant cette histoire linéaire et prévisible à souhait. Se déroulant sur un rythme peu soutenu, l’intrigue met une bonne demi-heure à se mettre en place et n’offre, dès cet instant, qu’un entassement de gags, finauds parfois (allusions aux Queers), poussifs souvent (les dessins de verge répétitifs) pour devenir une comédie conventionnelle où l’on sourit (beaucoup) mais où l’on ne rit jamais vraiment.

Mélange incertain de Casper, La cage aux folles et SOS Fantômes, Poltergay est un essai de renouvellement d’un genre usé jusqu’à la corde qui s’avère au final mitigé. Les présences de Clovis Cornillac et Julie Depardieu n’y changeront rien, malgré son pitch excentrique, le métrage n’arrive jamais à soutenir ni dans l’humour ni dans le fantastique le niveau de son idée originelle.

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