Critique de film

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La Piel que habito

"La piel que habito"
affiche du film

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye…

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Les critiques à propos de ce film

Critique La piel que habito - La créature de Frankenstein
Par : Samuel Tubez
Tags : Psychologique, Savant fou

Une fois de plus sélectionné en Compétition officielle au dernier Festival de Cannes, Pedro Almodóvar lorgne ici pour la première fois vers le thriller à tendance horrifique, adaptant le roman « Mygale » de Thierry Jonquet et s’inspirant, plus plastiquement cette fois, du chef d’œuvre de Georges Franju Les yeux sans visage, l’un de ses films de chevet.

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau grâce à laquelle il aurait pu la sauver. Douze ans après le drame, il réussit à cultiver une peau qui est une véritable cuirasse contre toute agression. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert un cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant au cobaye...

C’est la sublime Elena Anaya (révélée en 2001 dans Lucia y el sexo et depuis aperçue en vampire dans Van Helsing ainsi que dans le Fragile de Balagueró) qui remplace à merveille une Penélope Cruz initialement envisagée (mais qui préféra aller faire joujou avec les coquillages des Pirates des Caraïbes) dans la peau de cette « créature de Frankenstein » élaborée et manipulée par un chirurgien (impeccable Antonio Banderas) débordant de traumas et prêt à tout pour toucher à nouveau le visage (voir plus si affinités) de son épouse tragiquement décédée. Fidèle à lui-même, Almodóvar joue avec ses thèmes de prédilection (sexe, violence, drogue, filiation) pour nous livrer l’un de ses films les plus sombres et troublants. Comme pour détendre l’atmosphère, le cinéaste ajoute à son film une touche de sordide qui n’altère en rien un rebondissement tétanisant survenant à mi-parcours. Almodóvar déploie avec La piel que habito des ficelles clairement définies et parfaitement cohérentes avec son univers (manque d’originalité diront certains), réussissant une fois de plus à faire mouche auprès de ses aficionados. Notre côté déviant pourrait reprocher au cinéaste de n’avoir pas été plus loin dans la description de ces amours morbides et « contre-nature », optant un peu trop dans l’ensemble pour de la provoc’ "bourgeoise", mais ce serait oublier tout le savoir-faire de l’homme ainsi que l’excellence du casting mené par la sensuelle et irrésistible Elena Anaya. Et puis merde, un film d’horreur signé Almodóvar, ça ne se refuse pas !

Sexe morbide, violence, filiation, chirurgien taré, manipulation génétique,…La piel que habito peut sans aucun doute être considéré comme un véritable film d’horreur, enrichissant ainsi la filmographie d’un cinéaste qui sait faire peau neuve tout en conservant son style si frais et particulier.


Commentaires sur le film

5 etoiles

Quand le mythe de Frankenstein rencontre le thème de la transidentité. Almodovar signe peut-être là son film le plus vertigineux.

28 avril 2012 à 18:04 | Par Fred Bau
Machiavélique

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Une réalisation parfaite pour ce type d’histoire, qui mêle la science-fiction (enfin pas tout à fait) et thriller. La première heure est moins impressionnante que la seconde qui est magistrale. Le scénario offre beaucoup de surprises avec toute les frustrations et obsessions sexuelles ainsi que plusieurs scènes machiavéliques. Le couple Elena Anaya et Antonio Banderas est incroyable, ils sont tous les deux très bons.

2 janvier 2013 à 13:01 | Par AnarchYgor

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