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PIFFF 2013 - Odd Thomas

Stephen Sommers effectue un retour aux sources avec ce « petit » film tiré d’un roman de Dean Koontz, souvent présenté comme le Stephen King du pauvre. Véritable envie de revenir à la série B ? Besoin de s’aérer et de retrouver des projets à taille humaine après ses derniers gros mastodontes que sont G.I Joe et Van Hesling ? On ne sait pas vraiment, mais on peut effectuer un parallèle avec Michael Bay qui clamait son envie de mettre en scène des projets plus personnels et de simplement diriger des comédiens. Le parcours des deux hommes possède pas mal de similitudes et cet Odd Thomas pourrait être son Pain&Gain. Toutes proportions gardées bien sur car Stephen Sommers n’est pas Michael Bay.

On n’attendait pas forcément Sommers aux commandes d’un film comme Odd Thomas, un petit polar fantastique décalé et finalement assez touchant qui s’inspire beaucoup de l’univers des super-héros afin de mettre en images les tourments de son personnage principal. Odd Thomas (Anton Yelchin, excellent) est un type sympa, un peu étrange (« odd » signifiant « étrange » en anglais), qui vit dans la petite ville de Pico Mundo, travaille au « diner » du coin et vit une relation parfaite avec sa petite amie, la ravissante Stormy, jouée par la non moins ravissante Addison Timlin, l’atout charme du film. Mais Odd Thomas possède des dons de clairvoyance peut voir les morts qui le préviennent de dangers imminents. Odd utilise ses dons afin de protéger sa petite ville alors qu’il aspire simplement à vivre une vie normale avec Stormy.

Sommers s’est visiblement bien amusé avec le personnage de Dean Koontz qui lui offre un tout nouveau terrain de jeu avec la ville fictive de Pico Mundo sentant bon la Californie des années 50 et 60. Dès le départ, sa mise en scène est ludique, inventive et donne une vraie ambiance « cool » à son film. Fluide, bourrée de mouvements et d’effets rarement gratuits, elle colle parfaitement au personnage d’Odd. On sent que, comme Bay, Sommers retrouve le goût de simplement filmer des acteurs et du jeu. Mais Sommers reste Sommers : il ne peut s’empêcher de coller des monstres au sein de son récit, les Bodachs, sorts de fantômes sortis des Enfers afin de se repaître du sang des victimes de morts violentes. Graphiquement et techniquement très réussies, les créatures assurent la partie fantastique/horreur du film. La partie comédie policière revient aux acteurs, notamment Willem Dafoe et Anton Yelchin qui donnent le ton et le rythme à l’histoire.

Scénaristiquement, on est plongés en pleine série B mais l’ensemble est bien écrit, l’enquête n’est jamais redondante ni cousue de film blanc, on prend du plaisir à suivre Thomas et à la voir dérouler les pistes. Un fonctionnement relatif dû principalement à l’alchimie du couple Odd/Stormy qui déroule à plein gaz. Les deux se complètent parfaitement et permettent une identification immédiate au spectateur qui prend énormément de plaisir à les voir évoluer. Cette relation fait le sel du film et apporte une vraie touche de sensibilité à cette oeuvrette qui ne cesse de surprendre son auditoire. On pense souvent au Maitre des Illusions ou à Dylan Dog mais en version plus amusante, ludique et décalée (Odd Thomas n’hésite jamais à flirter avec la comédie). Polar, fantastique, comédie, sentiments : Sommers jongle avec un égal bonheur entre tous les genres et livre un film qui au final lui ressemble assez. Et, comme dans tout bon Stephen Sommers, on retrouve Arnold Vosloo dans un sympathique et désopilant caméo.

Sans être une œuvre majeure, Odd Thomas s’impose comme une solide série B, très plaisante, décalée et bourrée de charme, portée par une brochette d’acteurs qui prend du plaisir et un couple vraiment très attachant. Sommers retrouve le plaisir des choses simples, sait faire monter la pression lors des scènes d’horreur mais aussi faire rire et émouvoir. Il démontre son amour pour les monstres et prouve que la série B reste son terrain de jeu favori et qu’il se plaît visiblement à l’arpenter de long en large. Le personnage apparaissant dans plusieurs histoires de Koontz, on peut espérer retrouver Odd Thomas dans d’autres réjouissantes aventures.

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