Critique de film

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Opération Peur

"Operazione Paura"
affiche du film

Le Dr Eswai débarque dans un petit village sur lequel a lâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Opération Peur - Opération réussie !
Par : Quentin Meignant
Tags : Fantômes

Mario Bava, grand précurseur du genre horrifique italien, signe avec Opération peur un retour aux sources qu’il avait si brillament exploitées six ans plus tôt avec le Masque du Démon. En effet, le réalisateur s’était par la suite quelque peu égaré dans des oeuvres mi-figue mi-raisin comme Le corps et le fouet ou dans des films SF du genre de La planète des vampires. Même si cette période lui fut bénéfique au point de vue du Giallo (Six femmes pour l’assassin et La fille qui en savait trop) , Bava revint nous livrer un film d’horreur dont lui seul a le secret !

Certes, on ne peut pas ranger Opération peur dans le clan des "chefs-d’oeuvre bavistes" (de mauvaises langues diront baveux), mais néanmoins, on sent l’envie de bien faire du réalisateur transalpin mais aussi toute sa créativité !

Il est ainsi incroyable de constater ses virevoltants mouvements de caméra : le matériel a souffert, c’est un fait ! Assister au tournoiement optique de la caméra tient, pour l’époque, autant du prodige technologique que du talent débrouillard de Bava. Il prouve ainsi qu’il est un maître du genre qui reste encore inégalé à ce point de vue-là malgré le grand nombre de réalisateurs-calqueurs qui essaient tant bien que mal de l’imiter. Ainsi, les mouvements optiques dans le Ténèbres d’Argento ont sans aucun doute été trouvés dans cet Operazione Paura.

A cette véritable Maestria vient encore s’ajouter l’univers propre à Bava et dont Burton s’inspire ardemment aujourd’hui. Cet univers, peuplé de contrejours et de contrastes lumineux, est encore une fois une pure merveille. Le côté sombre rendu par la pellicule nous entraîne véritablement dans la dimension lugubre et malsaine du film.

De plus, la multiplication des zooms avants et arrières (parfois plusieurs en quelques secondes) met en avant des éléments de l’intrigue qui auraient pu nous échapper ou tout simplement des choses que le réalisateur tient à mettre en évidence. Ainsi, il nous propose une séance de fouet bien plus réussie et jouissive que toutes celles contenues dans Le corps et le fouet. Bava n’a pas commis deux fois les mêmes erreurs et cerne ici toute la souffrance et tout le côté sadique du rituel. Pour ce faire, il nous offre même un peu de gore aussi soft qu’efficace et bienvenu.

Cette scène est réellement agréable à suivre dans un ensemble qui souffre parfois d’un manque évident de rythme. Ce côté inégal est à mettre sur le compte d’un scénario qui est loin d’être un modèle du genre. Rien de bien original, ce qui est dommage pour une oeuvre où Bava nous démontre son grand talent. En fait, il signe avec ce métrage le film utile, le brouillon du chef-d’oeuvre que sera La baie sanglante cinq ans plus tard.

En effet, le côté purement sociologique d’Opération peur n’est pas sans rappeler celui de La baie sanglante où une opposition violente se fait jour entre les gens de la ville et ceux de la campagne. Dans ce cas-ci, Bava choisit de démontrer à quel point le décalage est grand entre ces deux tranches de la population italienne. Les gens de la ville sont trop sûrs d’eux et de leurs croyances tandis que les villageois sont coincés dans leurs superstitions lamentables qui les empêchent d’avancer.

Les acteurs, quant à eux, sont tout à fait agréables à suivre dans les élucubrations scénaristiques de Migliorini et Natale ainsi que dans le superbe décor créé par Antonio Rinaldi et Mario Bava lui-même ! Quel plaisir de voir évoluer de tels comédiens dans un cimétière plus vrai que nature et dans une auberge où personne ne voudrait mettre les pieds !

Ainsi, Giacomo Rossi-Stuart (The Last Man on Earth, première version de l’adaptation du roman de Matheson qui donnera aussi le jour à Le survivant et Je suis une légende) est très convaincant dans son rôle de médecin on ne peut plus cartésien obligé de constater des phénomènes plus qu’étranges. Il est très bien aidé par la sublime Erika Blanc (Body Puzzle, de Lamberto Bava) qui donne ce qu’il faut de contenance à son rôle.

C’est donc un moment assez agréable que Bava nous propose avec son Operazione Paura ! Même si l’on est encore loin du chef-d’oeuvre La baie sanglante au point de vue de l’intensité, on sent que l’homme est prêt et que sa technique est impeccable ! Un très bon moment de cinéma !

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