Ose court

OSE COURT - Batman : Ashes to ashes

23 octobre 2008 | Par : Damien Taymans

Batman : Ashes to ashes

Focus sur le sensationnel court métrage explorant les tréfonds de Gotham city qui écume les festivals en ce moment même. Et en plus, c’est français... Que demander de plus ?

Bonjour Julien et Sam. Pourriez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

JM : Parce qu’il y a des gens qui nous connaissent ? (rires). Je suis jeune réal. Et je viens de boucler avec Samuel un fan film Batman dans l’univers de Sin City.

SB : heu… pareil je crois. Dans le passé, on a tous deux réalisé quelques courts-métrages. Puis on s’est rencontré, il y a quatre ans maintenant, et depuis, on a pas mal de projets en commun.

Comment est né le projet de ce court ?

JM : Nous étions en perdition suite à l’annulation d’un projet de court et d’un creux financier. Donc plutôt que de prendre pleinement conscience de nos soucis divers, nous avons pris le parti de faire la chose la moins raisonnable. Ashes to Ashes était né.

SB : JULIEN est venu me demander ce qu’il fallait qu’ « on ne fasse surtout pas ». Du genre un film qui nous ruinerait et serait trop gros pour nous… J’ai dit que j’avais quelque chose sur Gotham. Il s’est écrié : « comment faire un Batman sans tomber dans le ringard, comment créer la ville sans un rond ? On y arrivera jamais… quand est-ce qu’on s’y met ? »

Quel était le budget de Ashes to ashes ? Avez-vous reçu l’aide d’organismes pour le monter ?

JM : Environ 15 000 euro : auto-production et soutiens privés (boutiques de BD, banques…). Puis plusieurs structures nous ont soutenu (MU FILMS, SLEEPLESS PROD) et enfin pendant la postprod, j’ai créé ma société de production. Avec mes 2 associés nous avons injecté ce qu’il fallait pour achever la bête.

De son développement à la post-prod, sur combien de temps s’étale la création du court ? Combien de litres de sueur avez-vous déversé ?

JM : en gros 2 ans.

SB : en gros 128 hectolitres.

Les droits cinématographiques de Batman appartiennent à la Warner. Avez-vous contracté avec eux pour exploiter les personnages ?

JM : C’est en cours. Mais notre but n’est pas de se faire du fric sur le dos de Warner, DC ou de qui que ce soit. Nous voulons juste montrer notre film : en festivals d’abord et sur internet ensuite.

Visuellement et thématiquement, le court est un véritable retour aux sources de Frank Miller (il s’approche d’ailleurs beaucoup de Sin city et du futur The spirit). Comment êtes-vous parvenu à un tel résultat ?

SB : Mon premier MILLER fut un DAREDEVIL (période 1981/82/83). J’ai enchaîné avec le reste : DARK KNIGHT, tout SIN CITY, RONIN. On adore les thématiques que MILLER soulève, sa narration, sa noirceur… Notre Batman a en effet subit toute l’influence de son univers… mais aussi celle de MOORE, MIGNOLA…

JM : Aujourd’hui, avec de la patience, chacun peu obtenir un rendu identique au film, à condition d’y passer le temps qu’il faut. Les ordinateurs et softs mis à dispositions aujourd’hui ne coûtent presque rien en comparaison avec ceux d’avant. Nous avons beaucoup travaillé sur les comics plus que les films, nous avons favorisé les plans fixes et le travail sur la profondeur de champ.

Penses-tu que le contexte de sortie du court, post explosion du chef-d’œuvre de Nolan, va l’aider à s’expatrier ?

JM : Je ne sais pas. On l’espère. En tout cas les deux films ne jouent pas du tout les mêmes cartes. La comparaison n’est donc pas simple à faire (et tant mieux pour nous !).

SB : Je crois que l’univers de Batman restera hautement populaire, quoi qu’il arrive. Et puis sortir ce court juste derrière une bombe comme le film de NOLAN reste un honneur.

Batman est un véritable « vengeur » masqué dans Ashes to Ashes. Pourquoi avoir adopté un personnage aussi noir ?

JM : Nous ne voulions pas de Batman en personnage principal. Le fait qu’il plane au dessus de nos têtes amenait une menace plus intéressante. Dès les origines, Batman veut faire peur, c’est pour cette raison qu’il adopte son costume lié à un traumatisme infantile. Nous avons donc travaillé en ce sens et adopté le point de vue de ses victimes.

SB : nous avons voulu le déshumaniser au maximum, en faire une ombre vengeresse. Dans notre histoire, c’est lui le monstre.

Le court réquisitionne une belle partie de la faune des Batman. Vouliez-vous en faire un hommage à ce super-héros on ne peut plus moderne ?

JM : « Faune », je préfère parler de Dieux. Le mythe est fort grâce aux personnages et aussi à la ville qu’ils habitent : Gotham City. Si hommage il y a, c’est la ville qui nous a travaillé. « Moderne », je ne sais pas. Je trouve plutôt Batman intemporel. Il révèle le côté sombre de chacun, lié à nos peurs (aujourd’hui elles sont partout). Reste à savoir si nous qui créons nos monstres ou si ce sont nos sociétés qui le font.

SB : Nous avons voulu placer notre histoire dans un contexte précis : celui de la prohibition. Les monstres de Gotham, eux, y ont gardé leur place.

Quelle est la prochaine étape cinématographique pour vous ?

JM : Vidéographique d’abord ! Nous venons de finir notre premier clip : Vacuity pour Gojira. Nous travaillons sur quelques projets de courts-métrages et très activement sur l’écriture d’un premier long.

Teaser Batman : Ashes to ashes

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23 octobre 2008 | Par Guillaume Pierret

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