Ose court

OSE COURT - Ab Aeterno

28 juin 2011 | Par : Quentin Meignant

Très bientôt au Bloody Week-End !

Réalisateur du très bon court-métrage Ab Aeterno, proposé à Audincourt dans quelques jours à l’occasion du Bloody Week-End, Alan Deprez, alias Vivadavidlynch, le pervers pas si pépère que cela de la rédaction, revient avec nous sur sa création. Projeté au BIFFF il y a un an de cela, Ab Aeterno se lance maintenant à la conquête du public hexagonal, fort d’une esthétique très travaillée et d’un rythme très prenant. Focus sur un court qui nous en dit long sur la passion d’Alan…

Salut Alan, les lecteurs du site ne connaissent jusque-là que le volet chroniqueur de ta carrière. Quel est ton parcours jusqu’ici ?

Dès que j’ai décidé de céder à l’appel du 7ème Art et d’en faire mon métier (une volonté qui remonte à longtemps), j’ai suivi des études supérieures (graduat) de Cinématographie à l’INRACI, dont je suis sorti diplômé en 2007, spécialisé en réalisation et en image. L’INRACI propose un apprentissage polyvalent, qui nous force à toucher à tout - dans une certaine mesure-, donc sitôt sorti de ce parcours scolaire, qui ne m’a pas toujours semblé enrichissant artistiquement parlant, j’ai commencé à travailler comme assistant-réalisateur, électro, cameraman, scripte télé (sur le JT de Télé Bruxelles), … Des expériences formatrices (quoi qu’on en dise, c’est sur le terrain que l’on apprend réellement le métier et se familiarise avec la technique) mais pour certaines plutôt « alimentaires ». En parallèle, j’ai surtout privilégié mes projets de réalisateur. En 2009, je me lance tête baissée dans la réalisation de mon premier documentaire (format long) « Princesse Mimi », consacré aux premiers pas d’un jeune gay dans le transformisme (shows travesti), la condition d’homosexuel en Belgique au XXIème siècle, le regard des autres (famille, entourage, …) par rapport à l’homosexualité, l’acceptation de celle-ci, etc. Un tournage qui s’étalera sur plus d’un an, pour enchaîner ensuite avec un montage sur un même laps de temps. Nous sommes d’ailleurs toujours en train de bosser d’arrache-pied sur les finitions du docu (montage son, étalonnage, mixage, …). Par après, de fin 2009 à 2010, j’ai réalisé divers clips (dont Je Ne Sais Quoi pour l’artiste suisse Genevan Heathen), plateaux télé et donc ce fameux Ab Aeterno… Concernant mon activité de critique ciné, j’ai attrapé très tôt le virus de l’écriture et c’est toujours un réel plaisir pour moi de m’y adonner. Voilà pourquoi j’écris pour notre site adoré (sous le pseudo de Vivadavidlynch), autant que pour le webzine Nouvelle Chair (lié à Cinétrange). Je serai d’ailleurs au sommaire du prochain numéro du fanzine Darkness, consacré au sexe et à la censure en France (sous l’hégide de Christophe Triollet), aux côtés de plumes averties (je l’espère connues des lecteurs), tels Lucas Balbo, Norbert Moutier ou Laurent Garreau. Et puis, je continue à prendre soin de mon bébé : Le Loup derrière la Bergerie…

Qu’est-ce qui t’a donné l’amour du cinéma ?

Depuis tout gosse, j’adore le cinéma et dévore les films de façon boulimique. Je suis fils unique et l’imaginaire avait énormément d’importance pour moi, enfant. Je devais être un gamin très particulier, qui vivait beaucoup dans sa tête, s’inventait continuellement des histoires… J’ai tellement visionné les VHS d’une bonne poignée de productions Amblin, de Beetlejuice et Batman Returns de Burton, de Bloodsport (quand j’étais tout gamin, je voulais que le coiffeur me fasse la raie sur le côté à la Van Damme !), … que la bande de ces cassettes en était irrémédiablement foutue ! J’étais aussi passionné par l’étrange, le paranormal (abonné à la revue Facteur X, les plus vieux se souviendront !), les OVNI , serial killers, etc.

Programmé l’an dernier hors-sélection lors du concours court-métrage du BIFFF, Ab Aeterno a reçu un accueil favorable. Quelle sensation cela fait-il d’être acclamé par le public bruxellois ?

Tout d’abord, je précise pour les lecteurs : Ab Aeterno était projeté hors compétition parce qu’on en avait rendu la copie beaucoup trop tard (l’étalonnage et le mixage s’étaient terminés peu de temps avant le début du festival). Ce qui était bien dommage, mais c’était déjà un super cadeau et une chance inouïe d’être là. J’en profite pour encore remercier les organisateurs du BIFFF (ainsi que Jean-Marc Cambier, chargé de la sélection des courts), qui font un boulot admirable. Etre projeté au BIFFF, c’était déjà un immense honneur ; c’est un festival qui me tient tellement à cœur et dont je fais partie des habitués (j’y suis présent chaque année, pour visionner un maximum de films). J’étais dans mes petits souliers et d’autant plus stressé parce que j’attendais cela depuis longtemps… Voir son œuvre projetée devant le public si particulier du BIFFF (les éternels habitués, des amis, professionnels du métier, …) ; accompagné de quelques personnes de ma famille, de mes acteurs et membres de l’équipe technique… ça n’a pas de prix ! C’est un plaisir à chaque fois renouvelé. Ce fut pareil au Razor Reel Fantastic Film Festival (à Bruges), dans d’autres conditions (en ouverture d’un long).

Ton court sera bientôt présenté à Audincourt à l’occasion du Bloody Week-End. Est-ce que cette incursion sur le territoire français pourrait être une sorte de tremplin ?

Je l’espère bien, mais on ne peut jamais présager de rien… Le Bloody Week-End n’en est qu’à sa deuxième édition, mais il fait partie des initiatives qu’il faut encourager ; un festival organisé par de véritables passionnés, qui remuent ciel et terre pour qu’un tel événement puisse exister (Loïc Bugnon et sa compagne Aurélie). Je suis chanceux d’y voir Ab Aeterno sélectionné en compétition officielle (il y sera d’ailleurs projeté deux fois, y compris durant leur Bal des vampires, inspiré par celui du BIFFF). Evidemment, j’espère toujours que ma présence en festival débouche sur quelque chose de plus gros, qu’il y ait des producteurs dans la salle et que le film leur plaise…Pour le moment, j’ai eu pas mal de contacts mais peu de choses qui aboutirent sur du concret… La conjoncture n’est pas vraiment favorable actuellement en Belgique et j’ai bien peur que le cinéma de genre ne fasse pas partie de leurs priorités… Bien qu’ils affirment l’inverse (je suis souvent présent aux conférences des commissions de financement)… De plus, le paysage du cinéma belge (à fortiori francophone) est très restreint et l’on se marche les uns sur les autres. C’est comme si l’on se cannibalisait et comme on évolue en quelque sorte en milieu clos, on essuie tout le temps des réactions de jalousie, d’aigreur, des manigances en tous genres… Je sais que c’est pareil partout, mais j’en ai un peu ma claque… D’autant que niveau clips, je bosse de plus en plus avec des artistes français. Par chez nous, beaucoup marchent au « bluff », ce qui n’est pas du tout mon genre…

Ab Aeterno est un ensemble très « clipesque ». Qu’est-ce qui t’a motivé à choisir ce format très court, rythmé et sensitif ?

Au départ, c’était surtout partie prenante du règlement du concours Can-Do (organisé par la marque Canon) et pour lequel Ab Aeterno fut initié. Les vidéos étaient limitées à 4 minutes (durée d’Ab Aeterno sans pré et post-générique) et ne pouvaient pas comporter de langage ordurier, de nudité ou de violence trop prononcée. Des éléments avec lesquels j’ai dû jongler à l’écriture du projet (connaissant mon attrait pour l’érotisme, tu imagines bien que j’ai du refréner mes ardeurs !). A partir de là, j’ai voulu transformer ces « barrières » en atouts. J’ai rapidement opté pour qu’Ab Aeterno soit un « tourbillon » d’actions, de pures sensations, dans lequel serait pris le spectateur, peu classique dans sa narration et avec une forme assez expérimentale. A mi-chemin entre le clip et le court-métrage. Tout cela découlait aussi d’un manque de budget (on a bouclé le court, complètement autofinancé, avec un budget d’environ 350 euros) et d’un tournage « commando » : à 80 % de nuit dans les rues de Bruxelles, avec du matériel léger, des températures souvent en-dessous de 0° (qui faisaient parfois geler les produits de notre magicien des SFX Benoît Cantillana), des make-up plutôt élaborés à effectuer en peu de temps (je ne remercierai jamais assez Øbskür make-up artist & Ben !), de la baston, … Encore heureux que j’étais entouré d’une équipe dévouée corps et âme, qui plus est bénévole !

Ab Aeterno brille surtout par une esthétique très développée. Quelles furent tes influences en la matière ?

A ce niveau, il ne fallait pas se voiler la face ; tu ne peux pas obtenir le même rendu d’images avec un micro-budget que sur une grosse production. Donc dès le départ, je désirais ce sentiment d’immédiateté, cette image « granuleuse », à l’aspect brut et direct (relayée par le Canon EOS 5D, qui nous permettait de transmettre cette esthétique, en plus d’être très « mobiles »). Les repérages avaient pour leur part (comme toujours) une importance prépondérante. Je voulais que les lieux reflètent la psyché des personnages et que ceux-ci dégagent une forte impression visuelle. Alors, je ne vais pas m’en cacher, je suis un enfant des 80’s et sans cesse nostalgique de cette époque (même si j’adore bien sûr des tas d’œuvres des 70’s : Massacre à la tronçonneuse, Day of the Woman, …). A mon humble échelle (il n’est pas question pour moi de comparer Ab Aeterno à ces chefs-d’œuvre), j’avais tendu des pistes vers les œuvres du Abel Ferrara circa 80 (pour le clip Je Ne Sais Quoi et sa séquence de bar, j’avais par la même occasion suggéré à mon chef-op Zaf de visionner Fear City). Sans parler de John Carpenter, un de mes maîtres à penser… William (incarné par Bertrand Leplae, une des rencontres les plus importantes que j’ai faites sur ce film), vampire junkie, peut renvoyer à la posture vampirique adoptée par Ferrara dans The Addiction, tandis que son allure générale est vaguement inspirée par Spike, le personnage de James Marsters dans Buffy The Vampire Slayer, excellente série du grand Joss Whedon (je persiste !). Pareillement, je voulais que le combat entre Orlof (l’incontournable Damien Marchal, qui est de tous mes projets) & William soit véritablement expéditif et monté très « cut », comme les affrontements de la série Angel. C’était important de tenir compte du fait que mes acteurs n’étaient pas des combattants aguerris et que l’on avait peu de temps/moyens pour boucler cette séquence. La silhouette de la fille (la magnifique Tsveta Apostolova), quant à elle, devait être clairement esquissée, telles ces héroïnes de gialli. Je voulais une actrice avec une forte présence, une démarche/silhouette presque « féline » ; c’est pour cela que j’ai choisi Tsveta et ses traits particuliers, qui a un certain « maintien » grâce à son apprentissage de la danse (elle donne des cours de danse à Bruxelles, avis aux amateurs !). Tous ces éléments étaient importants pour développer l’ambiance « délétère » du court. La B.O. dissonante et bruitiste de Klem Logan (avec qui je vais retravailler sous peu) participe du même esprit (soutenue par le mixage de Simon Elst). Les visions en « black light » viennent plutôt de mon amour de l’Art Contemporain et du travail de plasticiens comme Kenneth Anger. J’en ai aussi profité pour placer un clin d’œil à Operazione paura de Bava, à vous de le déceler !

Le travail au niveau de la photographie, réalisé de concert avec Nicolas Zafiriou est très impressionnant. On sait par ailleurs que vous êtes fort liés lui et toi. Cette complicité a-t-elle eu un rôle bénéfique dans ce travail spécifique ?

Indéniablement. Zaf (notre grekos préféré), en plus d’être un ami proche, a travaillé sur chacun de mes projets jusqu’alors (autant ceux en préparation, qu’en stand-by ou tombés à l’eau), comme directeur photo, cadreur et/ou étalonneur. Il est très doué et je suis persuadé qu’il est promis à un brillant avenir. Sur chaque projet, on démarre très tôt notre travail en commun, où l’on définit pas à pas l’esthétique de l’œuvre. C’est très épanouissant de bosser avec lui, un « ping-pong créatif » continu. Zaf a une sensibilité très proche de la mienne. C’est une de mes collaborations artistiques les plus précieuses et enrichissantes (avec Benjamin Liberda, cadreur de mon docu Princesse Mimi et Raphaël Halbardier, monteur d’Ab Aeterno).

Pour un court-métrage à faible budget, Ab Aeterno est une pleine réussite. Combien de temps ont duré le tournage et la post-prod ?

On a filmé Ab Aeterno sur 5 jours (en février 2010) et on l’a monté/mixé/étalonné sur un peu plus de trois semaines.

Tu es souvent entouré de quelques comédiens et techniciens fidèles. Te vois-tu évoluer avec d’autres personnes à l’avenir ou tenteras-tu de garder ton « crew » intact quoi qu’il arrive ?

Idéalement, j’aimerais bien sûr continuer à travailler avec la même équipe de « fidèles », qui m’accompagnent sur chaque projet. D’autant plus qu’après m’avoir épaulé sur tant de projets à faible budget (où ils travaillèrent bénévolement), ils mériteraient plus que jamais de me suivre sur des productions plus cossues ! Je sais que je peux compter sur eux et ils me connaissent bien, c’est un gain de temps sur le tournage ; ils comprennent rapidement mes intentions et où je veux en venir. C’est un rapport de confiance mutuelle. Mais attention, cela ne veut pas dire que je suis totalement hermétique à de nouvelles collaborations !

Tu as aussi réalisé quelques clips, dont l’excellent « Je Ne Sais Quoi » de Genevan Heathen. Quelles sont les spécificités inhérentes à ce domaine pour un metteur en scène ?

J’envisage les clips comme un laboratoire où je peux tester des tas d’idées, qui me serviront (éventuellement) en fiction. Ce sont de superbes occasions de prendre des risques, formellement parlant. Et puis, c’est un média qui m’intéresse au plus haut point et que je consomme régulièrement, guettant les dernières nouveautés. Qui plus est, cela arrive encore souvent que ça soit plus épanouissant artistiquement qu’un projet cinématographique. Il y a moins d’intermédiaires (la maison de disques et l’artiste, parfois l’artiste seul), donc tu gardes beaucoup plus le contrôle sur l’objet fini. Ta vision de départ est moins dénaturée. Enfin, ce n’est pas tout le temps vrai et il reste certaines personnes du métier qui placent le réalisateur dans une position confortable, en lui accordant une pleine confiance. Sans compter que pour l’instant, c’est dans le milieu du clip que l’on m’a confié le plus de budget (comme sur Je Ne Sais Quoi) pour concrétiser ma vision…

On te sait forcément extrêmement cinéphile. Quelles sont tes maîtres dans le domaine ?

La liste risque d’être longue et pour de multiples raisons… John Carpenter, David Cronenberg, Russ Meyer, Gerard Damiano, Tinto Brass, Mario Bava, David Lynch, Dario Argento, Richard Kelly (un génie incompris), Michael Cimino, Takashi Miike, Koji Wakamatsu, Alejandro Jodorowsky, Christopher Nolan, Joss Whedon, Kenneth Anger, … Sans oublier les photographes Richard Kern et Nobuyoshi Araki, l’auteur/dessinateur Charles Burns (Black Hole est une des plus grandes œuvres dont je me suis immergé dans l’univers, tous médias confondus), les peintres Francis Bacon et Edvard Munch, l’artiste « performer » Chris Burden, … Ils ont tous livré des œuvres profondément inspirantes, multi-facettes. Demain, je t’en citerais encore plein d’autres !

Quel genre de film rêverais-tu de livrer ?

Une œuvre fantastique intense, à l’univers fortement incarné, dans le genre du Vinyan de Fabrice Du Welz (une fierté nationale, on ne le répétera jamais assez !), un polar rugueux, « hard boiled » et sombrant dans l’horreur (avec des velléités de « film de monstres »), ou encore un film érotique « à l’ancienne » (engagé et sulfureux), un porno dans le style des pépites 70’s, avec de vraies intentions de mise en scène, un scénario solide et une direction photo léchée… Je suis plutôt hétéroclite dans mes choix et ne me ferme à aucun genre… A quoi bon ce clivage entre haute et basse culture ? L’important est qu’une œuvre vous hante encore longtemps après sa vision…

Tu es fort occupé par diverses activités (rédaction d’articles, montages en tous genre, réalisations,…) Quels sont tes projets les plus imminents ?

Quelques projets de clips avec des artistes français (sur Paris), dont je ne peux pas en dire plus pour le moment, hormis que ça s’avère excitant ! Un nouveau clip « über geek » pour le Genevan Heathen (dans un avenir proche). Avant tout, les finitions du documentaire Princesse Mimi, qui, je l’espère, aura un beau parcours en festival et sera vendu aux chaînes de télé. Je devrais aussi réaliser une commande de téléfilm, Léonore, qui m’a été amenée par le scénariste Florian Coheur et met du temps à se concrétiser. Je me remets bientôt à écrire un nouveau projet de court, VHS Junkies, avec une ambiance très 80’s et un petit côté Clerks de Kevin Smith. D’un autre côté, je prépare un court « giallesque » (bientôt en écriture), avec la belle Helena Karel. Je développe depuis 2007 un court-métrage de genre ambitieux (fantastique, avec une pointe de social), Ecorchure, empreint d’une horreur « organique » à la Cronenberg et d’un côté charnel exacerbé, sur fond de cinéphilie… toujours désespérément en recherche de financement… Le rôle principal, Esteban, devrait être tenu par l’excellent Benjamin Ramon. Si un producteur nous lit…

Un petit mot supplémentaire pour notre site ?

Continuez à écouter votre cœur et vivre à fond vos passions ! Et guettez la page d’accueil de Cinémafantastique ; on vous réserve de belles choses dans le futur et l’entreprise prendra une ampleur insoupçonnée !

(Interview réalisée par Mae-Nak)

VISIONNER AB AETERNO :


Ab Aeterno (short film, court-métrage) par vivadavidlynch

COMPTE DAILYMOTION D’ALAN DEPREZ

LIEN VERS LE CLIP "JE NE SAIS QUOI"

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