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OFFSCREEN - Female Convict Scorpion : Jailhouse 41

Elle s’appelait Scorpion...

Ca y est. Elle l’a fait la vilaine. La légendaire prisonnière n°701 a finalement réussi à mettre les bouts. C’est qu’elle en avait ras le bol du gnouf, des uniformes ringardos et de la bouffe à faire tourner de l’oeil à toute la clique de Jackass. En cavale, avec une tripotée de gonzesses au bord de la crise de nerfs, Sasori va devoir survivre au courroux dévastateur du big boss de la prison, un sadique tout énervé de voir celle qui lui a crevé un oeil se faire la malle avec ses petites camarades.

On prend les mêmes - à l’exception de ceux qui se sont faits zigouiller dans le premier épisode - et on recommence. Mais attention, Ito ne se contente pas de vulgairement remplir le cahier des charges imposé par des producteurs assoiffés de yens. Que du contraire même. Thématiquement, le film diverge quelque peu de son prédécesseur en se détournant du WIP et du pamphlet social pour mieux stigmatiser les dérives politiques et philosophiques d’un Japon au passé guerrier et colonial peu reluisant. A ce titre, la scène du bus à touristes est éloquente : dans cette scène à la fois drôle et glaçante, Shunya Ito met à l’honneur un vétéran de guerre regrettant la belle époque des exactions de la Seconde Guerre Mondiale à l’encontre de la population chinoise. C’est vrai quoi, c’était mieux avant, quand on pouvait allègrement trousser d’la chinoise quand ça démangeait du côté du calbute… c’est pas moi qui le dit hein, mais l’autre grand nostalgique, j’vous vois déjà venir.

Porté par une Meiko Kaji au charisme hypnotique et ne l’ouvrant que deux fois sur une heure trente de métrage, cette suite est une claque, un trip hallucinatoire débordant d’idées, qui surprend le spectateur à chaque séquence par son inventivité et la richesse mythologique de son bestiaire. Impossible de ne pas penser au travaux de Suzuki devant les expérimentations narratives, les formidables décors extérieurs de studio, l’utilisation d’éclairage flashy et artificiels et les nombreuses références au théâtre Kabuki. Le réalisateur profite aussi de cette séquelle pour faire évoluer le personnage de Sasori, faisant passer son personnage de "femme normale" en quête de vengeance à celui d’exterminatrice fantomatique, en tablant sur une iconographie christique héritée au cinéma fantastique. Un mélange des genres et des apparitions surnaturelles de l’héroïne qui ne sont pas sans rappeler le E Dio disse a Caino d’ Antonio Margheriti et les allées et venues d’un Klaus Kinski ectoplasmique.

Formellement plus extrême que son prédécesseur, Elle s’appelait Scorpion l’est aussi dans son traitement de la violence beaucoup plus grand-guignolesque et graphique. Dans ce film le sang ne coule pas, il jaillit des plaies dans des fontaines d’hémoglobine. Ici les gardiens trop zélés ne finissent pas embrochés sur des sabres mais émasculés maison, une bouillie informe à la place du service trois pièces.

Véritable coup de boule visuel, Elle s’appelait Scorpion est un chef-d’oeuvre du pinku eiga, supérieur au premier opus de la franchise qu’il dépasse haut la main grâce à la rigueur de sa mise en scène, inventive et virtuose, et le traitement radical de sa narration. Et puis allez, on se lâche : MEIKO KAJI FOREVER !!!

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