Critique de film

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Nuit des vers géants (La)

"Squirm"
affiche du film

Des vers geants, innombrables et gourmets, choisissent une petite ville des Etats-Unis pour sortir de terre et se rassasier de vivants.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La nuit des vers géants - Lombric à brac
Par : Damien Taymans
Tags : Animaux-tueurs

A Fly Creek, petite bourgade méridionale des States, la tempête fait rage, détruisant sur son passage les câbles électriques qui répandent leur jus dans le sol mouillé. Conséquence : des armées de vers de terre sortent de sous terre pour envahir le monde des humains. Mick, citadin timide et dévolu à sa belle paysanne, mène son enquête et tente d’enrayer l’invasion…

Depuis Les Dentes de la mer de Spielberg, les animal attacks se sont faites de plus en plus présentes, multipliant les incursions dans le genre représentant un bestiaire des plus étonnants. Aux squales impressionnants aux mâchoires acérées se sont succédé des piranhas, des araignées, des abeilles, des cafards, des crocodiles et même des papillons. Plus étonnant encore, les vers de terre, à l’aspect peu ragoûtant et aux dandinements sinusoïdaux, prennent place dans cette faune en s’attaquant eux aussi aux humanoïdes qui les exploitent (« Oh mon dieu, pas encore la pèche à la ligne ! »).

Jeff Lieberman (Dr Franken, Survivance), aux prémisses de sa carrière, prend en main cette bisserie au pitch singulier le propulsant ipso facto dans la catégorie nanars couillus. L’attaque de lombrics en elle-même ne faisant que peu fantasmer l’amateur d’attaques animales, Lieberman décide de limiter un carnage potentiel en transformant son métrage en une variation lombric des Oiseaux de Hitchcock. Ainsi ce Squirm (au titre français mensonger puisque les vers possèdent une taille légitime) se dote-t-il d’un modus operandi identique au classique hitchcockien avec son couple de jeunots, sa bourgade reculée, ses invasions d’animaux et sa gradation progressive de l’horreur. Car, s’il est une réussite à mettre au profit de Lieberman, également scénariste), c’est bien d’avoir su proposer une montée graduelle de l’horreur, ne se cantonnant dans un premier temps qu’à insérer l’un ou l’autre événement mystérieux (la disparition de cageots entiers de lombrics, la découverte d’un squelette qui joue à cache-cache) tout en dépeignant l’arrivée de Mick, citadin patenté au sein d’une bourgade profondément rurale peuplée de rednecks aussi inoffensifs qu’attachants (les père et fils vermicoles, le tavernier brocanteur, la mère à demi-folle). Après une première partie rigolarde assez agréable à suivre, le réal lâche enfin ses vers de terre vachement remontés sur lesquels il zoome plus que de raison afin de faire ressortir leurs expressions criardes et leur appétit sanguinaire. Les lombrics, omniprésents dès cet instant, vont peu à peu envahir l’écran jusqu’à devenir les véritables stars du métrage, effet attendu par les spectateurs curieux et zoophiles. De quelques incursions dans la peau de Roger (merci Rick Backer !) jusqu’à un rassemblement finale sous forme de vague gigantesque, les lombrics gagnent peu à peu du terrain pour phagocyter l’intérêt de l’œuvre, ne confinant celle-ci qu’à une surenchère de meurtres inintéressants et d’effets ratés.

La Nuit des vers géants tangue délicatement entre une première partie pittoresque et agréable et une seconde nettement minée par les incursions grotesques de ces créatures peu inquiétantes. Une enquête sympathoche qui se transforme en un lombric à brac…

Critique de La nuit des vers géants - Salade printanière pas vraiment nourrissante
Par : Fred Pizzoferrato

Avant que le genre ne redevienne à la mode via les productions au rabais de SyFy ou de Nu Image, le film d’agressions animales connut son heure de gloire dans la seconde moitié des années ’70 suite au succès colossal des Dents de la mer. La grande difficulté consista alors, pour les producteurs, à sélectionner l’espèce animale la plus menaçante et la plus à même de générer le frisson. Pour cela les deux approches possibles étaient de multiplier les créatures (Piranha, L’horrible invasion,…) ou d’opter pour une seule bestiole de taille supérieure à la moyenne (Grizzly, Orca,…). Contrairement à ce que son titre français, inspiré par le bis des fifties, laisse penser, le film de Jeff Lieberman (futur réalisateur de Survivance et, bien plus tard, de Satan’s little helper) choisit la première option en balançant aux spectateurs près de deux cent milles vers de terre ! Moins immédiatement frissonnant que les araignées, les guêpes ou même les fourmis, les lombrics grouillant assurent cependant un spectacle sympathique misant davantage sur le suspense que l’horreur pure, le métrage adoptant une construction posée rappelant de nombreux classiques du genre, à commencer par leur ancêtre à tous, le célèbre Les oiseaux d’Hitchcock.

Dans la petite ville tranquille de Fly Creek surviennent des événements étranges… Un orage, après avoir abattu des fils électriques, à envoyer de puissantes décharges dans le sol, attirant vers la surface des millions de vers de terre rendus agressifs. Le jeune Mick, venu de New York rendre visite à sa petite amie Geri et à la mère de celle-ci, Naomi, va se trouver confronter aux lombrics assassins envahissant la paisible localité. Enquêtant sur des disparitions inexpliquées et des morts non élucidées, le jeune couple parvient finalement à la conclusion que des lombrics avides de chair humaine en sont responsables…Mais Mick et Geri sauront ils convaincre les autorités de l’existence de cette rampante menace ?

Le métrage débute, comme souvent, par un petit texte présentant la situation et laissant entendre que les événements relatés se sont réellement déroulés le 29 septembre 1975 dans un petit village de pêcheurs. Bien sûr, tout cela est faux et il s’agit clairement d’une simple manœuvre « commerciale » mais ce procédé, typique du cinéma d’exploitation horrifique des seventies, donne un petit cachet supplémentaire au métrage, suggérant que ce genre de choses pourrait arriver, aussi improbable que cela puisse paraître.

Rappelant les « monster movie » des années ’50 autant que les films d’attaques animales des décennies suivantes, La nuit des vers géants fonctionne sur un rythme plutôt lent en présentant d’abord une série d’événements mystérieux et en introduisant une poignée de protagonistes mieux caractérisés et plus sympathiques que dans la moyenne du genre. Au lieu des idiots habituels ne pensant qu’à boire des bières et à fricoter dans le foin, Lieberman développe des personnages plus crédibles et intéressants, à commencer par les deux jeunes amoureux, Mick et Geri, s’improvisant détectives amateurs. Malheureusement, les acteurs sont loin de se montrer convaincants et la platitude des dialogues s’avère rapidement épuisante pour les plus endurcis. De plus, certaines sous-intrigues annexes et peu pertinentes paraissent placées là uniquement pour augmenter le temps de projection et épaissir un minimum un script sinon très basique. Roger, l’un des personnages secondaires tombe par exemple, de manière inexplicable, sous la coupe des vers lui ayant partiellement dévoré le visage, le transformant en un simili zombie qui passera le reste du métrage à poursuivre Geri de ses assiduités, laquelle peut heureusement compter sur Mick pour la défendre. Un moyen de rendre la menace des lombrics plus probante tant Lieberman semble éprouver les pires difficultés à les rendre effrayant, abusant de gros plans ou cadrant des accumulations de vers rarement écœurants en dépit d’effets spéciaux globalement potables.

La première heure du film privilégie surtout l’atmosphère et développe un suspense parfois effectif, ponctué de mises à mort variablement spectaculaire. L’attaque d’un pêcheur, dévoré par des vers grouillant sous la peau de son visage, reste probablement le moment le plus mémorable d’un métrage sinon assez pingre en effets vomitifs. Néanmoins, le final va se montrer plus généreux en déversant des tonnes de vers s’en allant assiéger une maison dans laquelle se sont réfugiés les principaux personnages. A cet instant les petits lombrics carnivores s’infiltrent partout, tombant par exemple du pommeau de douche pour menacer une jeune demoiselle…Pas très crédible (comment les vers se sont ils rendus maîtres du second étage de la maison sans que nul ne s’en rende compte) mais sympathiquement répugnant.

Quoiqu’il ait gagné au fil des ans une petite réputation de classique bis et culte des seventies, La nuit des vers géants reste surtout une modeste production horrifique, très traditionnelle mais relativement distrayante, à prendre avec une certaine indulgence et à savourer sans en attendre davantage qu’un aimable divertissement populaire aux nombreuses faiblesses.

La pauvreté de la production, la médiocrité des interprètes, le scénario d’une rare banalité et la mise en scène au mieux fonctionnelle enfoncent malheureusement ce métrage au parfum d’amateurisme prononcé. L’ensemble se laisse toutefois regarder distraitement et au second degré mais devrait rapidement disparaître des mémoires.


Commentaires sur le film

0 etoiles

4 novembre 2010 à 18:11 | Par wael

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