Critique de film

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La Nuit de tous les mystères

"House on the haunted hill"
affiche du film

Frédérick Lorren, un excentrique milliardaire, organise un jeu où il offrira 10000 $ à chaque participants sélectionnés qui acceptera de passer la nuit dans sa maison hantée célèbre pour les meurtres qui y ont été commis. Les invités à peine arrivés, d'étranges phénomènes se produisent.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La Nuit de tous les mystères - Massacre dans le train fantôme
Par : Damien Taymans
Tags : Fantômes

Frederick Loren, millionnaire excentrique, regorge d’idées saugrenues pour déstabiliser ses invités. L’anniversaire de son épouse est une occasion rêvée de donner une réception en son honneur, une petite fête à laquelle il convie cinq personnes étrangères. Le but ? Rester une nuit entière dans une maison hantée positionnée au-dessus d’une colline et se voir remettre un chèque de dix mille dollars à la fin de ladite nuitée…

William Castle, cet artisan des séries B fantastiques qui vient de signer l’année précédente Macabre, ouvre via La Nuit des mystères un bal stylistique dans lequel il persévèrera par la suite avec des œuvres comme 13 ghosts ou The Tingler. Le cinéma est, selon Castle, un jeu qui se doit d’interagir avec le spectateur, jeu dont le cinéma d’horreur est l’un des meilleurs garants puisqu’il suscite des émotions d’autant plus profondes que sont l’inquiétude et la peur. Aussi, transformant chacune de ses œuvres cinématographiques en un train fantôme, Castle pousse plus avant l’interaction en mettant en place des mécanismes horrifiques à l’intérieur même des salles obscures (sièges vibrants, effets lumineux et auditifs, objets qui tombent du plafond). Ce fut notamment le cas pour la diffusion de cette Nuit de tous les mystères où le public surpris recevait la visite du Skeleton qui hante le château lors de la scène finale.

S’appuyant sur une mise en abyme quasi autobiographique, La Nuit de tous les mystères propose un spectacle dans le spectacle, à l’image des fêtes foraines qui bernent leur auditoire à l’aide d’illusions faciles mais efficaces. Il en est ainsi de cette intrigue au confluent de l’intrigue policière façon Agatha Christie et de la maison hantée, apanage favori des productions horrifiques des 50’s, dont Castle reprend tous les clichés en distillant çà et là une flaque de sang au plafond, des apparitions spectrales, des lustres qui tombent, des mains surgissant des recoins les plus sombres, des passages dérobés, des portes qui claquent et autres joyeusetés propres au genre fantomatique. L’inévitable Vincent Price, en maître de cérémonie manipulateur, se révèle le pendant cinématographique de son réalisateur, dévoilant peu à peu les rouages de sa machinerie (les armes des cercueils), décrédibilisant chacune des situations pour les rendre plus pragmatiques encore. Théâtrale à outrance, reposant sur un second degré omniprésent, la mise en scène balaie tout possible horrifique mais livre constamment de nouveaux rebondissements pour maintenir l’intérêt de l’histoire.

Malgré un dénouement trop rapidement expédié qui ne rend pas hommage à l’ensemble de l’œuvre, La Nuit de tous les mystères reste une curiosité étonnante qui aura au moins le mérite d’avoir tenté de bouleverser quelque peu un genre spectral gangréné par le fixisme en y injectant une manipulation scénaristique digne des grands romanciers policiers. Le métrage connaîtra une relecture moderne via la caméra de William Malone et une variation pornographique éponyme au sein de laquelle des femmes en chaleur se retrouvent enfermées au sein d’un château hanté par des fantômes lubriques.


Critique de La nuit de tous les mystères - Au croisement de deux genres...
Par : Quentin Meignant

William Castle avait déjà un sacré vécu en tant que réalisateur quand il s’attela à La nuit de tous les secrets. De sérials tels que Men of Annapolis à des longs-métrages comme Uranium Boom, New Orleans Uncensored ou The Americano, le réal avait pas mal bourlingué, surtout dans l’univers surdéveloppé du western. Néanmoins, c’est avec le métrage qui nous occupe aujourd’hui qu’il se fit véritablement un nom et qu’il passa définitivement à la postérité. D’ailleurs, certaines de ses oeuvres jouissent aujourd’hui encore de relectures modernes et de transformations impressionnantes (La maison de l’horreur pour La nuit de tous les mystères) ou d’exploitations au budget conséquent (le foireux 13 fantômes). Fort ancré dans son temps, La nuit de tous les mystères dépeint un huis-clos mettant aux prises sept intervenants, Frederick Loren, sa femme et leurs invités. Ces derniers sont venus gagner 10.000 dollars en échange d’une nuit passée dans une maison hantée qui, très vite, procure des sensations à chacun. Un terrible cauchemar commence, mais que cache-t-il exactement ?

Comme toutes les ghosts stories de l’époque, La nuit de tous les mystères s’ancre directement dans une ambiance résolument axée vers les apparitions et autres « courants d’air » dès son entame. Chute de lustre, apparitions démoniaques, passages secrets se multiplient dès lors, mais, à l’inverse d’oeuvres précédentes, Castle travaille surtout la psychologie de ses personnages dans une premières partie assez narrative, foisonnant de dialogues savoureux et d’un jeu d’acteurs agréable. Avec un Vincent Price au sommet de sa forme (ce n’est pas peu dire), l’oeuvre offre donc un panel de personnages profonds qui fleure bon le polar sombre.

Au-delà de cette présentation originale, la bande originale mise en place, accentuant chaque moment d’angoisse, fait presque oublier les défauts de mise en scène, inhérents au manque de budget alloué au film. Les différentes apparitions pâtissent en effet d’un amateurisme criant, camouflé par un cadrage intelligent et un montage assez vif. Mais c’est surtout dans la seconde partie que Castle surprend et use des bases si bien plantées par son entame hautement psychologique. Multipliant les revirements et s’adonnant à un changement de thème inédit pour l’époque, le cinéaste opère tel un chirurgien du mystère, essayant de replacer chaque pièce d’un puzzle qui avait jusque-là échappé à tout le monde. Fausses pistes, apparitions (toujours aussi mal mises en scènes, hélas !) et twists échevelés sont alors à l’ordre du jour jusqu’à un final ébouriffant et surprenant.

La nuit de tous les mystères constitue donc un mets de choix grâce au traitement apporté à une intrigue surprenante. Malgré une mise en scène parfois ridicule, William Castle réussit un impressionnant croisement entre ghost story et mystère à la Agatha Christie. Un énorme classique qui ravira sans aucun doute les aficionados du genre.

Oeuvres liées

La maison de l'horreur
Le retour de la maison de l'horreur (2007)


Distribué par


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