Critique de film

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Night of the demons

"Night of the Demons"
affiche du film

Un groupe d'enfants se rendent à une fête d'Halloween et sont confrontés à des démons.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Night of the demons - Pour quelques remakes de plus
Par : Fred Pizzoferrato

La vague des remakes n’en finit plus d’offrir des métrages improbables. Après les nouvelles versions des classiques de l’horreur (Massacre à la tronçonneuse, L’armée des morts, Le jour des morts-vivants, Les griffes de la nuit, Vendredi 13, La dernière maison sur la gauche…), puis des films cultes (Black christmas, Toolbox murders, Piranha), ce sont à présent les obscures productions des années ’80 qui ont droit à une remise au goût du jour (comme Sorority row ou My bloody valentine).

Petite série B sans prétention, Night of the demons avait déjà eu droit, en son temps, à deux séquelles destinées au marché de la vidéo plutôt sympathiques et même supérieures à leur modèle. Le temps ayant passé (20 ans est une durée suffisante pour les exécutifs sans mémoire), Night of the demons revient sur les écrans par l’intermédiaire d’un remake fidèle reprenant les éléments fondamentaux de l’original : des nichons, du gore et du rock & roll bruyant. Le résultat, mitigé, se laisse cependant regarder d’un œil distrait pour les trentenaires ayant jadis découvert le film de Kevin Tenney en vidéo ou, a contrario, par les teenagers d’aujourd’hui n’en ayant jamais entendu parler.

Durant la nuit d’Halloween, quelques copains sont invités à une soirée se déroulant dans la demeure, réputée hantée depuis un suicide spectaculaire, des Broussard. Maddie (Monica Keena), Suzanne (Bobbi Sue Luther), Jason (John F. Beach), Dex (Michael Copon) et la très chaude Lily (Diora Baird) sont donc reçus par la maitresse de cérémonie, Angela (Shannon Elizabeth). Malheureusement, la police vient mettre un terme à la fête et notre petite bande, rejoint par un dealer de drogue de seconde classe, Colin (Edward Furlong), tente de trouver une porte de sortie après que la propriété ait été bouclée. Les jeunes gens finissent au sous-sol où ils découvrent sept squelettes et Angela, en essayant d’enlever la dent en or de l’un d’eux, se fait mordre, aboutissant à sa possession. La nuit sera longue pour la bande de copains traqués par des démons désireux de s’emparer de leur corps pour régner sur le monde.

Renonçant à toutes ambitions au profit d’un divertissement immédiat et graveleux, Night of the demons joue la carte du film pour adolescent vulgaire et débile durant près de trois quart d’heure. Toute la première partie du métrage apparaît par conséquent d’une vacuité sidérante, le réalisateur Adam Gierasch meublant le néant par quelques sous-intrigues sans intérêt et, surtout, une bonne dose de nudité. Les personnages, totalement uni dimensionnel, n’existent par conséquent absolument pas et se contentent de s’agiter au son d’un gros rock bien remuant. Les filles enchaînent les répliques grasses et sexuellement chargées avant d’exhiber leur poitrine tandis que les mâles font de la figuration. Et le spectateur attend patiemment que les démons promis par le titre daignent se manifester.

Au casting nous retrouvons, pour les filles, Shannon Elizabeth (vue dans les deux premiers American pie, Cursed et la série « that seventies show »), Diora Baird (Massacre à la tronçonneuse : Le commencement), Bobbi Sue Luther (Laid to rest), Monica Keena (Freddy vs Jason) et la scream queen Tiffany Shepis (Chainsaw cheerleaders). Notons aussi un caméo de Linnea Quigley, second rôle culte (plus de 100 titres à son actif dans l’horreur et le sexy) déjà présente dans le Night of the demons original et aujourd’hui la cinquantaine fringante. Pour les garçons, la vedette reste Edward Furlong, indubitablement sur la pente descendante depuis ses débuts fracassants via Terminator 2 et American history X. Tout ce petit monde accomplit un boulot correct même si l’investissement en termes de jeu d’acteur est, bien sûr, minimal et caricatural.

Le scénario, signé Jace Anderson (un paquet de « creatures feature » comme Spiders, Crocodile, Crocodile 2 et Rats puis Mortuary, le remake de Toolbox murders et le controversé Mother of tears), n’innove nullement et rejoue les principales séquences de l’original, reprenant à la satisfaction des fans la fameuse scène du tube de rouge à lèvre qu’une possédée s’enfonce inexplicablement dans le mamelon. Adam Gierasch pousse d’ailleurs le bouchon un peu plus loin (si on peut dire) en imaginant ensuite un passage des plus gratinés voyant la démone extirper le tube précité de son vagin ensanglanté. La classe ! Vu le grand n’importe quoi régnant en maître sur ce Night of the demons nouvelle mouture, le cinéaste s’essaie timidement à l’humour auto-parodique via quelques répliques amusantes. Lorsqu’une Angela monstrueuse expose très sérieusement ses plans de conquête du monde, l’héroïne réplique par un vigoureux « oh, ta gueule pétasse » et lorsqu’un protagoniste évoque l’absurdité de l’aversion des démons au fer rouillé on lui réplique « ça semble censé si on y croit ». Et il faudra beaucoup d’indulgence pour y croire !

Bref, Night of the demons déroule son intrigue très référentielle (on sent les influences plus ou moins assumées de Evil dead, Demons et autres films gore des années ’80) en ne se prenant pas trop au sérieux. La bande sonore, comprenant du gros rock, du punk et du métal gothique (dont l’excellent « Black Number One » de Type O Negative durant une scène clé) soutient efficacement l’action et confère un rythme soutenu au film, même si la partie exposition, beaucoup trop longue, entrainera sans doute quelques bâillements. Durant la seconde moitié du métrage, par contre, dès la possession entamée, Night of the demons avance rapidement et aligne les séquences d’horreur à intervalles réguliers. Niveau gore, Adam Gierasch ne lésine pas sur la tripaille mais sans sombrer dans la boucherie pure, retrouvant le côté grand guignol et inoffensif des années ’80 même si certains effets numériques disgracieux gâchent un peu le plaisir. Les maquillages des démons sont, pour leur part, réussis mais génériques et aucun n’a droit à une véritable caractérisation, excepté peut-être Angela.

Tourné pour un budget de 10 millions de dollars, Night of the demons ne parait jamais pauvre et les décors et éclairages s’avèrent plus soignés que dans la moyenne des séries B horrifiques. La photographie est également d’assez bonne qualité et la mise en scène assure l’une ou l’autre séquence bien fichue, en particulier le pré générique muet (avec des cartons explicatif !) teinté en sépia. Les attaques des échappés de l’enfer possèdent elles aussi un minimum de style et de tonus même si tout ça ne vole pas bien haut.

En définitive, Night of the demons se révèle décevant mais également distrayant. Peu soucieux de proposer un classique du genre, Gierasch emballe un divertissement raisonnablement gore, inventif et sexy. Dommage qu’il tarde un peu à entrer dans le vif du sujet et que les trois premiers quart d’heure, barbants à souhait, rabotent considérablement la réussite d’une seconde partie rythmée et amusante.

En l’état, Night of the demons constitue un métrage moyen mais sympathique, à déguster entre copains avec de la bière et du pop-corn, le son poussé au maximum, une nuit d’Halloween. A condition de ne pas en attendre grand-chose, Night of the demons reste donc consommable…mais tout juste.


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