Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

NIFFF 2012 - Premier jour

Sophie tâte du maniaque

Nous revoilà une année plus tard dans les méandres de Neuchâtel pour cette 12ème édition du NIFFF. On a tous pris des rides en plus, bouffé du navet au cinéma mais le festival lui, n’a pas changé et il nous le prouve avec une programmation d’enfer, des invités à la pelle, des spectateurs prêts à faire la fête et une équipe toujours aussi compétente et adorable.

J’entame cette nouvelle édition sans mes deux Belges, Damien et Quentin qui ne me rejoindront que dimanche soir pour ce qui promet d’être neuf jours hauts en émotions et comme tout bon festival qui se respecte, arrosé de beaucoup de bière.

On ouvre les festivités avec l’habituelle cérémonie débutant avec moult discours parsemés d’humour suisse (qui est sans dire assez inexistant) et enfin le film : Holy Motors de Leos Carax. Vous raconter un synopsis de ce film reviendrait à enlever une grande partie de l’intérêt que l’on pourrait lui porter ; c’est l’étrangeté, la bizarrerie et la surprise qui fait la majorité de cette oeuvre.

Lors de sa projection à Cannes, on parlait d’un hommage au cinéma… malheureusement je ne le vois pas, ça serait imaginer fort peu de cet art que de lui rendre hommage par ce film. C’est indéniable que ce métrage a une beauté et une poésie troublantes, mais justement peut-être trop au risque de perdre le spectateur dans sa mise en abyme répétitive. On est d’abord captivés par cette histoire dont on recherche désespérément le sens, époustouflés par le jeu de Denis Lavant mais, le récit décousu où le seul fil rouge est une limousine blanche a vite raison de toute passion. Résultat, on en ressort avec une impression douce-amère (surtout avec une dernière scène de limousines parlantes juste ridicule qui gâche en grande partie la fin troublante). A choisir, Holy Motors est à voir au cinéma pour les images magnifiques mais je vous conseille de vous mettre proche d’une porte de sortie si jamais l’envie vous prenait de vous échapper.

La suite s’annonce plus prometteuse, en tout cas pour mes goûts. Mais pour nous accueillir à la sortie du cinéma c’est le déluge. C’est en sprint que je laisse le Théâtre du Passage derrière moi pour me rendre au Temple du Bas (ancien lieu de culte transformé en salle de spectacle) pour la projection du très attendu Maniac de Franck Khalfoun, le remake du film de 1980 par William Lustig (qui était présent l’année passée au NIFFF). Nous suivons Frank, restaurateur de mannequins, dans sa folie meurtrière et fétichiste, qui cherche désespérément à se libérer des démons de son passé, mais tout change lors de sa rencontre avec Anna. Je dois avouer que je n’ai jamais été très fan du film de Lustig et de sa brute de Joe Spinell, mais là on a un serial killer à la gueule d’ange que toutes les filles ont envie de protéger et tout d’un coup, le monstre est beaucoup plus inquiétant et réaliste. Elijah Wood dans le rôle de Frank est tout simplement bluffant « adios Frodon, bonjour psychopathe » !

Grâce à l’utilisation de la caméra subjective du point de vue du tueur on est aux premières loges pour assister à l’angoisse des victimes. On pourrait croire qu’à cause de cette technique on perdrait toute sensation du tueur mais Khalfoun joue subtilement des reflets et suggestions pour rendre le personnage palpable et inquiétant. Le superbe accompagnement musical de Rob très année 80 rajoute un esprit rétro et en hommage à l’original. Mais malgré tout cet emballement, un gros bémol est à noter : l’utilisation de l’espace urbain. Dans le Maniac de 1980, on avait l’ambiance des quartiers chauds de New York et on a désormais droit à un L.A presque trop propre et qui manque cruellement d’angoisse, de crime et de suspense. Mais malgré tout un régal pour une fan et je n’aurais pas pu choisir mieux pour finir cette première soirée, il manque juste une bière...

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