Critique de film

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Milocrorze

"Milocrorze"
affiche du film

Milocrorze narre la rencontre entre un homme et sa femme idéale, personne dont il va tomber instantanément amoureux. Hélas, elle meurt peu après. Sa tentative de retrouver son bonheur éphémère le conduit dans une aventure en plusieurs dimensions, il va devenir un ronin, un prédicateur de l’amour, et un étranger blond.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Milocrorze - Ovreneli Vreneligari vous salue bien.
Par : Quentin Meignant
Tags : Action, Comédie, BIFFF 2011

Présenté dans la compétition 7ème Parallèle lors du BIFFF 2011, Milocrorze bénéficiait de la réputation d’un « sous-Symbol », dès lors plutôt proche de la folie de son glorieux aîné qui, l’année précédente, s’était emparé de deux récompenses lors du festival bruxellois. L’absurde étant donc instantanément au rendez-vous, le métrage de Yoshimasa Ishibashi propose un regard sur trois histoires d’amour différentes. Premièrement, celle d’Ovreneli Vreneligari, un jeune homme intemporel raide-dingue de la belle et grande Milocrorze, une jeune femme qui, pourtant, ne le regarde même pas. Ensuite, celle de Tamon, un Ronin désespéré suite à l’enlèvement de Yori, l’être aimé par toute une clique de yakuza : son ultime but sera donc de retrouver cet amour. Enfin, le métrage permet aussi de suivre le quotidien agité de Kumagai Besson, un conseiller amoureux plus proche de Belzébuth que de Cupidon, dont le franc parler fait des ravages parmi les jeunes.

Cette joyeuse brochette, Ishibashi se permet de la faire découvrir de manière éparse au spectateur. Débutant par l’émouvante histoire d’Ovreneli Vreneligari avant de passer du coq à l’âne en s’intéressant au déluré Kumagai Besson avant d’en venir à la tragique histoire de Tamon, avant de se réintéresser aux histoires précédentes, Ishibashi parvient à captiver sans pour autant perdre le spectateur dans ce dédale narratif. Grâce à l’humour développé et au génie d’un scénario réellement novateur (tout autant que celui de Symbol, mauvais exemple pour aborder Milocrorze, car les deux œuvres n’ont absolument rien de comparable), le cinéaste peut dès lors se lâcher au niveau de la mise en scène mais surtout de la photo de son œuvre.

Bercée par un score tout aussi enchanteur, cette dernière s’avère être un joyeux bordel autant qu’une ode à l’amour, le scénario exploitant les divers aspects de celui-ci tout en ayant la malice de ne pas appuyer des séquences pourtant dramatiques. La bonne humeur étant le leitmotiv essentiel de la bande, Milocrorze s’appuie sur des techniques comiques du plus bel effet comme, par exemple, lors de la répétition du nom d’Ovreneli Vreneligari qui, à elle seule, vaut le détour. Allant et venant entre les divers personnages attachants de son ensemble, Ishibashi prouve, avec son final, que le cinéma japonais parvient encore à se montrer inventif.

Véritable OFNI, cette petite perle qu’est Milocrorze demeure l’une des meilleures œuvres de ce BIFFF 2011 et aurait sans doute mérité, à tout le moins, une mention spéciale. S’appuyant sur un spectacle grand-guignolesque, Yoshimasa Ishibashi livre une œuvre de qualité qui, si elle sort en DVD sous nos latitudes, devrait faire des ravages auprès de nombreux amateurs d’humour et de surréalisme.


Critique de Milocrorze - Let the sun shine
Par : Damien Taymans

Le premier tableau suit Ovreneli Vreneligare, jeune homme aux allures d’enfant, qui vit le train-train quotidien dans sa maisonnette. Un jour, Milocrorze, une femme sublime, apparaît. Le coup de foudre est instantané pour le héros qui profite de son aspect enfantin pour approcher la jeune femme et lui offrir tout son amour. Les pages de ce livre d’images sentimental aux arrière-plans multicolores tournent jusqu’à aboutir à l’anéantissement de cette passion à sens unique : le jeune Ovreneli découvre que celle qu’il vénérait est courtisée par un autre homme.

Survient alors le deuxième tableau sous forme d’intermèdes musicaux. Kumagai Besson (alias Docteur Love), fanfaron aux cheveux hirsutes vêtu d’un smoking d’un blanc immaculé, pousse la chansonnette pour prodiguer à Ovreneli et à d’autres pauvres amants éconduits des conseils pour le moins absurdes. Cet inventaire des affres de l’amour du Docteur Love nous conduit enfin vers le dernier pan de l’œuvre. Celui-ci aborde l’histoire de Tamon, un samouraï cyclope, qui remue ciel et terre pour retrouver sa promise, Yuri, jadis enlevée par de mystérieux ravisseurs. Il piste sa trace et atterrit dans une maison close dans laquelle elle vivrait recluse. Il va dès lors tout faire pour récupérer celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer…

« Beaucoup, passionnément, à la folie » mentionne la tagline de ce film qui sculpte, à la manière du Mr Nobody de Jaco Van Dormael, une image multi-dimensionnelle de la passion amoureuse et, par extension, du déchirement qu’elle entraîne, les deux cinéastes partageant la même vision pessimiste de l’amour. Ecrit et réalisé par Yoshimasa Ishibashi, Milocrorze s’attache donc à deux histoires d’amour entrecoupées d’une série de sketches farfelus décrivant les déboires sentimentaux de jeunes hommes en déroute. En apparence indépendantes, au niveau du ton et de l’esthétique, toutes ces histoires sont interconnectées les unes aux autres par l’insertion de références visuelles et de furtifs passages de personnages appartenant à d’autres saynètes (le chat d’Ovreneli se faufile entre les pieds de Tamon lors du troisième tableau). Terrain d’expérimentation pour Ishibashi, artiste polyvalent intéressé par tous les modes d’expression susceptibles de se plier à sa folie créatrice, Milocrorze tient, au niveau des genres, du patchwork. Puisant dans les registres aussi variés que la comédie légère flirtant esthétiquement avec l’univers de la bande dessinée, le wu xia pian traditionnel avec ses sabres et ses combats chorégraphiés, la comédie musicale délurée et le drame « noir », le cinéaste nippon compose une fresque monumentale.

Pour donner davantage de cohérence à sa toile, Ishibashi joue avec la grammaire interne (un plan-séquence à couper le souffle décrit la lutte de Tamon pour s’emparer de sa belle) et externe (les transitions entre les différents tableaux bénéficient de raccords parfaits) et harmonise les couleurs. Vu l’éblouissement que procure l’œuvre, on comprend d’autant mieux pourquoi le terme Milocrorze symbolise le soleil…


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