Critique de film

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Malédiction des pharaons (La)

"The Mummy"
affiche du film

Trois archéologues anglais découvrent le tombeau d'une prêtresse égyptienne morte il y a quatre mille ans. Ils sont victimes d'un mauvais sort pour avoir réveillé le garde sacré du tombeau.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La malédiction des pharaons - I’m creeping death
Par : Fred Pizzoferrato

Emporté par l’enthousiasme soulevé par leurs « remises au goût du jour » de Frankenstein (Frankenstein s’est échappé) et Dracula (Le cauchemar de Dracula), la Hammer Films s’attaque, en 1959, à un autre classique de la Universal, La momie. Réalisé en 1932 par Karl Freund, La momie donna en son temps lieu à quatre séquelles d’un intérêt variable (La main de la momie, La tombe de la momie, Le fantôme de la momie et La malédiction de la momie), ce qui permet à la Hammer d’envisager cette nouvelle version non comme un remake stricto sensu du classique de Freund mais plutôt comme un « best of » de ces différents titres. Bien sûr, cela n’évite pas à La malédiction des pharaons de souffrir du problème récurent des métrages consacrés au sujet, à savoir une intrigue prévisible car, en y réfléchissant 30 secondes, tous les films de « Momie » suivent, depuis 80 ans, un schéma narratif quasiment identique. N’empêche, Terence Fisher et son fidèle scénariste Jimmy Sangster contournent astucieusement la difficulté en livrant une œuvre archétypale, fort bien racontée et superbement mise en image, le modèle pour tous les récits ultérieurs de « malédiction égyptienne ».

La malédiction des pharaons débute en Egypte, en 1895, et suit l’expédition menée par les archéologues Stephen et Joseph Banning, ce-dernier étant accompagné par son fils, John (Peter Cushing). Les trois hommes tentent de localiser la tombe disparue de la princesses Ananka de la vingtième dynastie. Alors que les fouilles semblent aboutir, John ne peut entrer dans le tombeau, ayant été blessé à la jambe quelques jours auparavant. Seul les deux frères Banning pénètrent par conséquent dans le sanctuaire dédié à la défunte Ananka et ce en dépit des avertissements menaçant d’un Egyptien nommé Mehmed Akhim. Devant les splendeurs que recèlent la tombe, Joseph repart auprès de son neveu pour lui annoncer la bonne nouvelle, laissant Stephen seul en compagnie de la momie. Or un hurlement retentit et Joseph, revenu aussi vite que possible, découvre son frère en état de choc et incapable d’exprimer la raison de son malaise.

Trois ans s’écoulent, durant lesquels Joseph reste prostré dans un hôpital psychiatrique anglais. Cependant, sortant enfin de son mutisme, le vieil homme demande à voir son fils et lui révèle la vérité concernant ce qui s’est réellement passé dans la tombe d’Ananka. Après avoir prononcé les mots sacrés du « parchemin de la vie », Joseph a assisté au réveil d’une momie millénaire qui l’a attaqué. John ne prend guère au sérieux le récit de son géniteur mais ce-dernier le supplie de prendre toutes les précautions afin de se protéger de la momie vivante. En effet, selon Joseph, les trois archéologues sont maudits pour avoir violé le repos éternel de la princesse Ananka…Au fil du métrage, John découvrira la vérité : le Grand Prêtre du Dieu Karnack, Kharis (Christopher Lee) a été condamné à être enterré vivant en compagnie d’Ananka, qu’il aimait d’un amour interdit et sacrilège. Kharis veille à présent sur la défunte et Mehmed Akhim l’a rappelé du royaume des morts pour punir les savants infidèles.

La malédiction des pharaons constitue un très bel exemple du savoir faire dont disposait la Hammer au cours de son âge d’or tant chaque élément semble trouver sa juste place pour aboutir à une construction parfaitement structurée. Jimmy Sangster, responsable de la plupart des actualisations des classiques du fantastique, effectue un travail remarquable. Il rassemble les passages les plus intéressants des anciennes productions Universal pour épaissir une intrigue reprenant, grosso modo, celle de La momie de Karl Freund. En dépit d’une prévisibilité certaine, La malédiction des pharaons parvient ainsi à ne jamais ennuyer le spectateur, relançant l’intérêt par quelques séquences fort bien ficelées, en particulier le très convaincant flashback aux temps de l’Egypte antique. Brillamment mis en scène, didactique (le processus de momification se voit détaillé, la procession et les coutumes religieuses expliquées), subtilement horrifiques (On arrache une langue – hors champ toutefois ! – et on décapite une rangée de servantes) et pourvu d’une vrai grandeur en dépit d’un budget serré, ce flashback constitue une des séquences clés du film et un joli morceau de bravoure cinématographique méritant de figurer au palmarès des meilleurs moments de toute l’histoire de la Hammer.

Il est d’ailleurs surprenant que Sangster puisse caser autant d’informations et de péripéties en un temps imparti relativement court puisque le métrage dure seulement 80 minutes, permettant un rythme soutenu des plus efficaces. Ni trop lent, ni trop rapide, le scénario s’avère calibré au millimètre pour maintenir l’attention du public sans la moindre précipitation préjudiciable à la bonne compréhension de l’histoire. Un superbe boulot d’autant que l’intrigue n’est guère novatrice mais, à la manière des contes intemporels, elle s’avère racontée avec une maestria capable d’envouter les plus réticents.
Terence Fisher, le plus talentueux des cinéastes anglais ayant œuvré dans le fantastique, offre pour sa part une mise en scène sans faille capable d’émerveiller ou de suggérer l’effroi sans recourir au moindre effet facile. Il joue de l’attente et de la suggestion ou, au contraire, filme avec maestria la momie, pour une fois réellement angoissante et menaçante. Les angles de caméra adroits et la perspective transforment Kharis en un « être plus grand que nature » et impose son statut de redoutable monstre mythique. Un des témoins affirme d’ailleurs que le monstre mesure au moins deux mètres cinquante et Fisher, par sa science consommée, parvient à nous faire croire à cette créature surnaturelle et gigantesque.

L’interprétation s’avère, elle aussi, de premier plan, à commencer par celle de Christopher Lee effectuant une performance remarquable. Dénué de la fureur bestiale du loup-garou, de la pathétique brutalité du Monstre de Frankenstein, de la gracieuse animalité de la Créature du Lac Noir ou de la sensualité vénéneuse de Dracula, la Momie apparaît souvent comme le moins aimé des grands monstres classiques. Trop souvent, le tueur couvert de bandages ressemble simplement à un figurant à la démarche hésitante peu à même d’inspirer l’effroi. Pourtant, par sa seule gestuelle et son regard expressif, Christopher Lee transforme cette momie en une menace mortelle, incarnation de la vengeance et de la mort venue punir des archéologues, impuissants devant sa froide détermination. Rarement une momie aura-t-elle semblé aussi dangereuse et invincible, en particulier lorsque les coups de fusils ne parviennent qu’à la ralentir une fraction de seconde, anticipant sur Terminator et consorts ! Le maquillage de Roy Ashton, truqueur attitré de la firme anglaise, achève de transformer la momie en une force sauvage, rongée par les siècles, décrépie et pourtant meurtrière.
Peter Cushing, dans le rôle du jeune archéologue essayant de protéger sa fiancée des griffes de la momie, se montre de son côté tout aussi brillant. Comme dans pratiquement tous les films de la Hammer auxquels il a participé, Cushing se révèle parfait et parvient à faire oublier les quelques faiblesses et facilités du script, certes évidentes mais excusables devant la réussite du métrage dans son ensemble. Lorsque Cushing raconte son invraisemblable histoire de momie revenue à la vie à un policier, sa classe naturelle, son élégance « so british » et sa diction parfaite en font l’incarnation idéale du gentleman distingué, au point qu’il parait absurde de remettre en doute sa parole, aussi incroyable puisse t’elle paraître.

La caractérisation des personnes s’avère d’ailleurs complexe, Kharis apparaissant comme un être non seulement cruel mais aussi amoureux et brave durant le flashback égyptien tandis que John vit dans l’ombre de son paternel mais saura, lui, vaincre la malédiction pesant sur sa famille.

Grande réussite de la Hammer, La malédiction des pharaons reste le « film de momie » définitif et aucune des suites, remakes ou réactualisations ultérieures ne parvinrent à l’égaler.


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