Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - Hotdorix

29 septembre 2011 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Par Toutat’X !

La fille du village (Silvia Saint) pactise avec l'ennemi (et plus si affinités).

En ce début d’automne, plongeons-nous avec délectation dans un des genres fétiches du porno : la parodie hard de grands succès « mainstream » ou d’icônes pop culturelles. Je ne vous parlerai pas ici de cette incessante vague actuelle de remakes pornos à gros budgets, initiée par le stakhanoviste Axel Braun (This Ain’t Star Trek XXX, Batman XXX : A Porn Parody, …) - fils du pionnier du hard Lasse Braun, et propulsée par le succès des deux opus de Pirates (Joone, 2005 & 2008) ; démarquages habiles de la saga Pirates des Caraïbes. Une tendance facilitée par l’accès aux grosses licences, récemment mises à disposition des « pornocrates » par des boîtes comme Marvel ou DC Comics.

Je ne m’attacherai pas non plus à ces parodies « franchouillardes », pour la plupart « cheap » et au budget rachitique, souvent chaperonnées par les mêmes « irréductibles » (Fred Coppula et Fabien Lafait, pour ne citer qu’eux), qui nous ont encore offert il y a peu l’impayable Tout à déclarer (Max Antoine, 2011), inspiré du dernier méfait de Dany Boon (Rien à déclarer, 2010, notez cette subtile modification du titre).

La belle Elodie Chérie.

« Oooooh, par Jupiter ! » (intro)

Attardons-nous plutôt sur Hotdorix (1999), fleuron de la production française, librement adapté des aventures du célèbre Gaulois créé en 1959 par René Goscinny et Albert Uderzo (Astérix, pour les cancres du fond !). Réalisé par l’aguerri Alain Payet (Prostitution clandestine, Plein les petits culs, Le gland bleu), le film bénéficie du savoir-faire d’un artisan roué au genre (décédé en 2007, Payet comptabilise 168 réalisations créditées !), à la carrière variée et pléthorique ; comme s’il avait eu plusieurs vies.

Héritant de la casquette de metteur en scène vers la moitié des 70’s, il se frotta à la « nazisploitation » (Train spécial pour Hitler, Nathalie rescapée de l’enfer) et aux productions empreintes du trouble d’un inceste fantasmé (parfois limité au seul titre du film ! ; Confessions très intimes d’une petite fille, Adolescentes à dépuceler, …), engendrant des classiques du hard, tel La comtesse est une pute, et s’adonnant en fin de parcours aux œuvres « de prestige » (Les tontons tringleurs, Call girls de luxe). Impossible d’être exhaustif…

Roberto Malone empoigne les magnifiques courbes de Dolly Golden (il y en a qui ont de la chance !).

Je rajouterai qu’Alain Payet, adoré par ses collaborateurs de travail (j’en veux pour preuve l’émotion qui a saisi Thomas Smith lorsqu’il m’en parla au dernier Bloody Week-end), peut se targuer, d’où il se trouve, d’avoir donné naissance (essentiellement sous le nom de John Love) à un sous-genre, le « hard crad », précurseur du gonzo et supposément fondé par La doctoresse a de gros seins (1988). En réaction aux productions cossues de la maison Dorcel, celui-ci se caractérise par une esthétique brute, l’absence (ou presque) de scénario (sauf exceptions), la représentation de physiques « hors normes » (pas étonnant que le nain black Désiré Bastareaud, connu du grand public grâce à la série Le miel et les abeilles, fut un des habitués de cette mouvance), les multi-pénétrations et l’utilisation d’objets usuels ou incongrus en vue d’insertions insolites, entre autres pratiques habituellement peu courues. Un flambeau repris actuellement par ce vieux roublard de Pierre Moro, même si, comme on dit : « autre époque, autre saveur ».

Hotdorix peut s’enorgueillir de la présence de la star d’origine tchèque Silvia Saint (Les caprices de Miss Monti, L’emmerdeuse de Fred Coppula), habituée des films d’Alain Payet (L’enjeu du désir, Labyrinthe, La fête à Gigi, …) et dont les jeunes trentenaires gardent un souvenir ému. Elle est accompagnée des non moins connues Dolly Golden (Bourgeoisie violée, Sex Me de Christophe Mourthé, Croupe du monde 98 & Le point Q d’Alain Payet), aux courbes délicieuses, de la regrettée Karen Lancaume (alias Karen Bach), à la beauté incendaire (L’indécente aux enfers, Bérénice nique, le sulfureux Baise-moi, La marionnette de Payet), d’Elodie Chérie (Enculostop & Les nuits de la présidente de Payet, La Vénus bleue de Michel Ricaud, XYZ de John B. Root) et de Coralie (La princesse et la pute, Sextet, L’enfer X de Salieri, le court Sodomites de Gaspar Noé), future co-réalisatrice de Baise-moi.

Marc Barrow. Le casque vous rappelle quelque chose ?

Côté calibres, elles sont secondées (oserais-je « pilonnées » ?) par Roberto Malone (Grand Prixxx de Fred J. Lincoln, Rêves de cuir 2 de Francis Leroi, Rocco et les sex mercenaires de Joe D’Amato), accompagné de Marc Barrow (Le gang des violeurs, Drôles de filles), fidèle d’Alain Payet (A feu et à sexe sur la Riviera, Natacha, La jouisseuse), de l’indéboulonnable Jean-Pierre Armand (le classique Je suis à prendre de Francis Leroi, Bourgeoise et pute de Gérard Kikoïne, Mon petit trou n’en peut plus de Payet) et de Piotr Stanislas (connu sous divers noms : Yvan Slave, Piotr, Piotr Zielinski, …), qui s’illustra autant dans le porno gay (Il était une fois un homosexuel de Norbert Terry, De mecs en mecs, Rencontres au masculin) qu’hétéro (Pensionnat de jeunes filles de Kikoïne, Bourre-moi le cul, A trois sur Caroline, aux côtés de la « vorace » Christine de B.). Il est à noter que Stanislas ne participe pas aux séquences hard d’ Hotdorix et qu’il est aussi à l’affiche du mystérieux Tintin chez les négros (réalisé en personne par Jean-Pierre Armand), qui m’intrigue au plus haut point…

« Oh, ce cul ! Ça, c’est bon, c’est comme le jambon, ça ! » (analyse)

Hotdorix se pare de dialogues « comico-lénifiants » (des œuvres du réalisateur), déclamés avec verve et à la source d’un humour forcené. Une paillardise assumée, contrebalancée par le physique monstrueusement bandulatoire des actrices, à la source d’un plaisir certain, qu’une BO simpliste et cliché ne parviendra pas à émousser. Payet se fait également le chantre du sexe en pleine nature, le casting s’ébattant joyeusement en forêt et à ses abords.

Le scénario s’articule autour de la statue du dieu « Hotdorix », récompensant l’homme le plus vigoureux de l’Empire et qui ne manque pas de déchaîner les passions. Cet honneur, plus qu’individuel, rejaillit à l’aune d’une nation, voilà pourquoi César désire que l’artéfact reste entre les mains des Légions Romaines. Mais as usual, les Gaulois viendront gripper cette belle machinerie…

Coralie "subit" les ardeurs d'un gaulois en rut (qui ne le serait pas !).

Au-delà des cocufiages réglementaires entre villageois, le film orchestre une trêve entre les peuples (Gaulois & Romains) qui, sous prétexte du défi lancé, se culbutent sans remords ni résurgence de vieilles inimitiés (cf. ce gaulois et ce romain partageant une même romaine… incarnée par l’hollandaise Kate More, gémissant en anglais !). Néanmoins, Hotdorix n’est pas exempt de défauts : « irréalisme » des situations, scories techniques (on entend des bruits de circulation urbaine, alors que la séquence est sensée se passer en rase campagne) et aspect factice de l’ensemble.

Pour ce qui est des actes sexuels stricto sensu, le film offre un panel correct mais somme toute classique, qui devrait contenter l’(a)mateur, avec en sus des pipes et pénétrations vaginales « obligatoires » : sodomies (systématiques), branlette espagnole (inspirant à Rémus : « Ce ne serait pas une spécialité ibérique ? ») et trio. Sans compter la plus-value qu’apporte ce décorum un peu toc mais réjouissant, partagé entre chaumières gauloises et tentes du campement romain. Il n’empêche que, venant de Payet, cette sobriété dans l’acte étonne… Bien qu’il se soit, il est vrai, toujours adapté aux circonstances de chaque projet.

La sublime Karen Lancaume et Roberto Malone.

Et puis, il y aura toujours des cinéphiles déviants titillés par la vision d’un ersatz d’Obélix (Zinédix, campé avec force cabotinage par Roberto Malone), lutinant vaillamment des demoiselles peu farouches. Petite curiosité supplémentaire ; Hotdorix se plaît à cultiver l’allusion footballistique, les deux concurrents au défi étant… Zinédix et Ronaldus !

« Tu aimerais que je te prenne comme une louve ? » - dixit Rémus. (conclusion)

Hotdorix s’avère un honnête divertissement, peu marquant mais qui taquine gentiment la fibre érectile du spectateur. Ce n’est pas véritablement un des meilleurs films d’Alain Payet et le baromètre d’excitation n’atteindra pas son pic, même si le film dispose de certains atouts (glamour et sex-appeal des actrices, univers plaisant, …).

A cet égard, c’est dommage qu’il n’y ait point de partouze finale, où Gaulois et Romains auraient communié dans le plaisir de la chair, ni - pour les plus exigeants - de DP (double pénétration). Ceux-là se rabattront sur la « série » web gonzo des DP Fanatics. Dans tous les cas, on finit par se demander de quelle « gaule » on parle…

Commentaires

Merci JP ! Il s’agit de notre ami Thomas Smith.

29 octobre 2013 | Par Alan Deprez

Oui, des noms !!!
En attendant, ne pas manquer l’inénarrable A Touch of Genie avec le TRES savoureux Harry Reems ("Deep Throat") !
http://xhamster.com/movies/1577911/a_touch_of_genie_1974.html
JP

20 octobre 2013 | Par JPierre

Un certain Thomas S., connu des services de Hot Vidéo et d’un regretté cinéaste aux vampirettes éthérées :-)

21 février 2013 | Par Alan Deprez

Qui cela ? "On" veut des noms ! :-)

19 février 2013 | Par

Quelle coquine, cette Blanche-Neige ! J’ai reconnu un des nains et je le connais personnellement. Je pense qu’il aimerait faire oublier cette partie de sa carrière :-)

31 janvier 2013 | Par Alan Deprez

Retrouvé Blanche-Neige et son équip(é)e !
http://www.tnaflix.com/teen-porn/Snow-white-and-seven-dwarves/video89925?ref=bw
A suivre ? :-)
JP

31 janvier 2013 | Par JPierre

Merci à vous, les gars ! Très chouette interview, JPierre.

20 janvier 2013 | Par Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Moi encore...
Je suis un fan du genre. Un copain de JP Armand.
Tintin chez les négros est disponible chez Cargo.
J’ai répondu à une interview : http://www.salles-cinema.com/actualites/j-ai-frequente-les-salles-de-cinema-porno
Ne pas manquer : Blanche Neige (en XXX) !
A bientôt !!! Et vive la "Gaule" !

20 janvier 2013 | Par JPierre

TRES amusant et visible - en espagnol (!) - sur certains sites X.
Merci de l’indication. Ca réveille le mythe ! :-)

19 janvier 2013 | Par JPierre

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