Critique de film

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Killer must kill again (The)

"L'assassino è costretto ad uccidere ancora"
affiche du film

L'architecte Mainardi assiste par hasard à une scène où un tueur sans nom précipite une voiture, contenant un corps, dans un canal. Avec un peu de chantage, il passe un accord avec le tueur afin de se débarrasser de sa trop jalouse et très riche femme. Les détails réglés, sa femme est tuée mais au moment où le tueur met le cadavre dans une voiture... celle-ci disparaît, subtilisée par deux voleurs. Ces derniers, décidant de voir la mer et trouver une vieille maison où abriter leurs ébats, se voient alors pris en chasse sans le savoir par le tueur.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The killer must kill again - Tue, tue encore !
Par : Fred Pizzoferrato

Avec The killer must kill again, Luigi Cozzi souhaitait sans doute prouver qu’il pouvait réaliser un métrage ne devant rien au cinéma de Dario Argento. Cette première œuvre s’avère, par conséquent, très différentes des gialli de son mentor, souvent axés sur le principe du whodunit cher aux récits policiers traditionnels. « Je ne pouvais pas copier Dario et me copier moi-même. Je suis ainsi parti de l’idée que le premier photogramme montrerait le visage du meurtrier » déclare le cinéaste qui ajoute « le résultat était évidemment très Hitchcock, loin des imitations habituelles ». (entretien paru dans le Mad Movies Hors Série consacré à Dario Argento).
L’intrigue s’éloigne donc des conventions du mystère à l’ancienne pour privilégier une approche audacieuse rappelant les suspenses d’Alfred Hitchcock et, en particulier, L’inconnu du Nord Express.

L’architecte Giorgio Mainardi, quadragénaire fringant et séduisant, marié à la belle et riche Norma, dépense beaucoup d’argent pour des frasques en compagnie de ses jeunes maîtresses. Norma ne supporte plus cette manière de vivre et promet de priver son époux de ses ressources, ce que Giorgio a beaucoup de mal à accepter. Mais le destin vient lui donner un petit coup de pouce. Un soir, alors qu’il passe un coup de fil à une de ses récentes conquêtes pour oublier ses démêlées conjugales, Giorgio est témoin involontaire d’un crime. A quelques pas, un mystérieux personnage balance dans un canal une voiture dans laquelle se trouve une demoiselle, manifestement décédée de mort violente. Plutôt que d’intervenir, Giorgio comprend immédiatement le parti qu’il peut tirer de la situation et, sans crainte, aborde l’inconnu. Menaçant de le dénoncer aux autorités, Giorgio lui propose un marché : 20 000 dollars et la garantie de son silence en échange du meurtre de Norma. L’impassible tueur accepte et Giorgio imagine un plan machiavélique consistant à simuler l’enlèvement de son épouse pendant que lui-même se rend à une soirée festive afin de s’assurer un alibi inattaquable. Le meurtre se déroule sans ennui et l’assassin sans nom supprime la pauvre Norma, dont il place le cadavre dans le coffre de sa Mercedes. Malheureusement pour lui, alors qu’il efface méticuleusement les indices de son crime, son véhicule est volé par deux jeunes gens souhaitant s’offrir un peu de bon temps au bord de la mer. Ignorant la macabre cargaison qu’ils transportent, les deux jeunes amoureux sont poursuivis par le meurtrier, décidé à les retrouver et les supprimer…

Thriller original et tendu, The killer must kill again doit davantage au polar noir qu’aux gialli habituels, à base de machinations tordues et de tueurs fétichistes du cuir noir. Ici, dès le départ, Luigi Cozzi révèle le visage du meurtrier mais occulte ses motivations et son identité, laquelle ne sera jamais révélée. Tout laisse penser qu’il s’agit d’un serial killer et d’un prédateur sexuel mais l’appât du gain le transforme également en tueur à gages dénué de la moindre émotion. Davantage intéressé par la montée du suspense que par les surprises faciles ou les effets de terreurs vus et revus, le cinéaste orchestre quelques séquences fort maîtrisées à la tension palpable. Le meurtre de l’épouse s’avère, par exemple, d’une redoutable efficacité, Cozzi alternant l’agression de la jeune femme, filmée avec un sens remarquable du suspense, à des plans insouciants du mari occupé à s’amuser avec ses amis. Un grand moment d’angoisse rendant encore plus efficace la traque des jeunes voleurs de voiture par un assassin que l’on sait, à présent, prêt à tout, décidé et inflexible.

L’assassin sans nom est incarné avec une parfaite froideur par un excellent Michel Antoine, alias Antoine St John, acteur peu connu ayant eu quelques seconds rôles dans Il était une fois la révolution, Mon nom est personne, Le vieux fusil ou L’au-delà. Il se révèle ici étonnant d’aisance et de crédibilité dans ce personnage d’assassin implacable décidé à ne laisser aucun témoin derrière lui. Du côté des proies innocentes traquées par le meurtrier nous retrouvons une familière du giallo, la toujours charmante Femi Benussi, laquelle eut une belle carrière du milieu des années ’60 (son premier film est d’ailleurs un des ancêtres du giallo, le fameux Vierges pour le bourreau) au début des années ’80, apparaissant, au total, dans plus de quatre vingt longs métrages. Comme souvent, la superbe demoiselle joue une « fille facile » avec laquelle le jeune voleur de voiture va fauter, lassé d’attendre que sa virginale copine se décide à passer à l’acte. Un crime impardonnable dans le giallo puisque la jolie Femi succombera sous les coups très brutaux du tueur lors de la scène la plus sanglante du métrage.

La cible principale de l’assassin reste toutefois l’Espagnole Cristina Galbó, alors âgée de 25 ans, et que l’on vit dans quelques classiques comme Le massacre des morts-vivants, La résidence ou Mais qu’avez-vous fait à Solange ? Dans le final, la demoiselle est violée par le tueur et Cozzi joue du montage en proposant, en parallèle, une scène entre son petit ami et Femi Benussi. Une alternance simple mais diablement efficace qui rappelle un peu, mais avec davantage de panache, Dernière maison sur la gauche dans lequel Wes Craven intercalait des séquences de vie quotidienne humoristiques entre les passages de violences sadiques.

Enfin, dans un rôle hélas un peu pâle et sans grand intérêt, nous retrouvons George Hamilton, qui joua dans la plupart des gialli de Sergio Martino et fut également le pistolero Sartana dans Django arrive, préparez vos cercueils. Son personnage, très présent dans le premier tiers du film, passe malheureusement ensuite au second plan et Luigi Cozzi s’en désintéresse totalement pour privilégier, non pas l’enquête policière, mais les exactions de l’impitoyable assassin, forcé, comme l’indique le titre à tuer…encore et encore !

Soutenu par une partition très réussie de Nando De Luca, bien dans l’esprit des seventies, The killer must kill again mérite de figurer parmi les plus belles réussites du giallo. Il constitue aussi, sans la moindre hésitation, le meilleur film de Luigi Cozzi, lequel ne retrouva jamais un tel niveau d’excellence par la suite, se perdant dans d’amusant mais peu mémorable rip-of d’Alien (Contamination), de La guerre des étoiles (Starcrash) ou de Conan le barbare (Hercule). Bref, une œuvre un peu oubliée à redécouvrir impérativement pour les amateurs de thrillers à l’italienne.


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