Scream queen

Karin Shibata

6 décembre 2009 | Par : Gore Sliclez

La France a sa Miss, CinemaFantastique aussi ! Karin Shibata est chanteuse et comédienne et n’a pas laissé indifférents les membres de l’équipe de CF tant par son excellent jeu d’actrice dans Precut Girl que par son joli minois. Un court métrage émouvant qui fut l’une des plus belles surprises de l’année. La Tribune est donc offerte cette semaine à une actrice talentueuse et très sympathique...

- On sait très peu de choses sur vous : vous êtes actrice mais aussi chanteuse. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai d’abord commencé par travailler en presse musicale en tant que journaliste/chroniqueuse. A l’époque, je chantais discrètement dans mon coin… Quoique, j’ai un gros dossier : il m’est arrivé de faire des freestyles dans des clubs open-mic (une vraie casserole !).

Les différentes rencontres m’ont amenée à des collaborations musicales, de la voix-off pour la radio ou des documentaires. Par la suite, j’ai repris des cours de théâtre et de chant pour corriger certaines lacunes et de fil en aiguille la comédie a pris le dessus sur le chant.

- Qui est Alin Adren ? Quelles sont vos inspirations musicales ?

Alin Adren (Adrén-aline) est un nom qui m’a été donné par Nikkfurie -producteur et rappeur du groupe La Caution- lors de l’enregistrement du titre "Une épave sur la route". Ce morceau se trouve sur le disque "Crash Test" qui est lui même une collaboration entre Château Flight et La Caution.

Mes inspirations touchent tous les domaines, toute œuvre qui me touche me donne envie de créer… En général, ce sont celles qui portent une musicalité ou une forme de poésie : musique, gastronomie, art contemporain... La nature est un thème omniprésent dans mes textes ; un héritage Shintô ?

Voici un visuel de mes inspirations.

- Quelle activité seriez-vous prête à lâcher si le succès vous appelle ?

J’en suis encore très loin, mais je pense que je choisirais le projet qui me tient le plus à cœur peu importe le genre.

- D’où vous vient cette curiosité vers autant de disciplines ?

Cela vient probablement de mon environnement familial. Ma mère, styliste-modéliste est en création perpétuelle et mon père, caméraman-photographe, est un passionné de jazz, de cinéma et de voyage. Ma grand-mère m’a initiée au haïku (poème japonais) et shintoïsme.

Enfant, j’étais fascinée par le travail de mon oncle artiste céramiste Raku, ou encore de mon grand-père qui faisait des sculptures sur bois d’une finesse hallucinante après une carrière dans l’armée de l’air.
Depuis toute petite je baigne dans ces univers.

- De quand date votre collaboration avec Eric Dinkian ?

Ma collaboration avec Eric date de 2004, pour le casting de Kaojikara. C’est une grande chance d’avoir rencontré un jeune réalisateur talentueux et professionnel pour l’un de mes premiers projets de films. Eric est devenu par la suite un ami. Il a une intelligence humaine et une culture cinématographique passionnante.

- C’est votre troisième participation à un court métrage avec celui-ci. D’où vient cette fidélité ?

Je suis très reconnaissante à Eric de m’avoir proposé de travailler avec lui sur ces trois projets. Les trois films sont totalement distincts mais j’y retrouve comme un parfum de trilogie, même si ce n’en est pas une !

Ça va faire un peu démago mais Eric a constitué une équipe pointue (tous issus du cinéma, de la télévision ou du spectacle vivant). Grâce aux qualités professionnelles et humaines des acteurs, techniciens et producteurs - Paprika Films pour Yukiko -, c’est toujours resté un plaisir de travailler ensemble, même durant des tournages pendant les nuits les plus froides de l’année. On ne faisait pas les malins lorsqu’il fallait s’allonger dans les rues gelées mais ce sont de bons souvenirs !

- Eric est passionné par la culture et le cinéma asiatique en particulier. Vous qui avez justement des racines asiatiques, comment voyez-vous cet hommage particulier qu’il rend à travers son cinéma ?

Des fois je me dis qu’il est plus japonais que moi ! Eric est véritablement habité par le cinéma et tout particulièrement par le cinéma de genre et les films asiatiques. Étant japonaise et née à Paris, c’est aussi une façon pour moi de me rapprocher de mon pays d’origine.

- Selon vous, d’où vient cet intérêt pour la culture asiatique que les Français semblent redécouvrir ?

La réponse simpliste serait la notion "exotique" des pays d’Asie véhiculée par des clichés qui engendrent des images parfois utopiques. Je pense aussi que chaque pays d’Asie touche différentes sensibilités.

Pour le Japon, il est certain que l’arrivée des anime – Goldorak, Maya l’abeille, Albator…- en France vers la fin des années 70s a marqué plus d’une génération. Ces années coïncident avec des révolutions technologiques telles que la naissance du premier walkman de Sony. Je pense que cette culture pop et ces produits commerciaux ont attisé de la curiosité pour le Japon et les pays d’Asie. Les pays occidentaux ont pu découvrir un pays avec une histoire et une culture étonnante.

Après, je pense que chaque personne sera plus sensible et intéressée par certains aspects de la culture : cinéma, gastronomie, arts traditionnels, shiatsu, littérature, poésie, arts martiaux…

- Comment êtes-vous rentrée dans la peau du personnage que vous interprétez dans "Precut Girl" ?

Pour moi, le travail repose surtout sur la compréhension du personnage, l’interprétation du scénario et surtout les échanges au sein de l’équipe. Eric organise toujours des répétitions-labos. Ce sont des répétitions filmées où l’on met en commun nos idées, nos questions et durant lesquelles on effectue des tests pour voir ce qui fonctionne ou non. Ce travail de strates est à mon sens la clé de la réussite lors du tournage réel. Bref, c’est surtout, le travail, le travail et encore le travail !

- Pas trop difficile de s’allonger dans une décharge ?

Ça se voit tant que ça ? Ou vous avez bien cerné le concept de "l’hygiène à la japonaise" (rires) ?
Heureusement, il y avait cette épaisse bâche en plastique !

- Le fait que Alexandre Leycuras soit une nouvelle fois votre partenaire dans le film est-il un atout ?

Oui, bien entendu ! A la fois ça tient plus à sa personnalité qu’au fait d’avoir déjà travaillé ensemble. Alexandre, riche de son expérience en spectacle vivant et stand-up, m’a donné quelques conseils avisés. Il m’a même aussi autorisé à le frapper pour de vrai !!! Je vous rassure sur quelques plans seulement !

- Qu’est-ce qui fut le plus difficile durant le tournage de Precut Girl ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser (et avec du recul), ce n’était pas forcément la dureté du scénario ou les états extrêmes dans lesquels basculent l’héroïne, mais plutôt des détails prosaïques comme la chaleur étouffante dans la bâche en plastique ou d’être en sous-vêtement dans la rue…

- Quels sont vos projets dans le futur ?

Le prochain projet est un très court, un clip avec… Eric ! Il s’agit d’un clip pour le groupe Hell Nino, qui sera diffusé lors d’une expo d’art contemporain au printemps prochain. Niveau musical, j’ai fait un featuring sur le titre "Guide me Back" qui sortira sur le projet "The Ghost Company" de Nikkfurie. En parallèle, je travaille à l’écriture de projets télé, dont un particulièrement avancé. Il a retenu l’attention de plusieurs producteurs. Son développement est ce qui me tient le plus à cœur en ce moment.

- Que pensez-vous du court métrage de genre qui se développe de plus en plus en France ?

Dans l’absolue c’est plutôt positif de sortir du schéma cinéma français / cinéma d’auteur. Mais c’est à double tranchant. La démocratisation du cinéma, du moins la facilité d’accès à la technique va sans aucun doute aider à révéler des talents qui n’auraient jamais passé le cap de faire un film, faute de moyens. En revanche, cela multiplie également le nombre de réalisations médiocres et donne parfois l’impression que n’importe qui peut réaliser un film en dilettante.

- Quelles sont justement vos inspirations cinématographiques ?

Vaste sujet… Voici donc un petit résumé visuel de ce qui me vient à l’esprit.

- Pas envie de vous lancer également dans la réalisation ?

Il ne faut jamais dire jamais mais je pense tout d’abord que la réalisation ne s’improvise pas.

Il a bien entendu des exceptions comme Charles Laughton, un acteur britannique qui a réalisé un seul film dans sa vie, The Night of the Hunter, une perle !

- Que peut-on vous souhaiter de mieux pour 2010 ?

De beaux projets et la santé avant tout.
Une émission trash avec Beat Takeshi ? Le remake du film d’animation "Millenium Actress" ? On peut rêver…

Le lien vers des photos

Liens :

www.kaojikara.com

www.myspace.com/alinadren

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