Critique de film

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Kanikosen

"Kanikôsen"
affiche du film

Face à des contre-maîtres brutaux et avides qui ne rechignent pas à les user au travail jusqu'à la mort, au nom des profits de l'entreprise et du Japon impérial, les ouvriers d'un navire-usine en mer d'Okhotsk finissent par s'organiser pour fomenter une rébellion...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Kanikosen - Suicide club
Par : Damien Taymans

Des pêcheurs, embarqués sur un chalutier pour récolter des tonnes de crabes pour le compte d’un patron toujours plus gourmand, se prennent à rêver durant leur temps de repos aux bienfaits de la métempsycose et se mettent à élaborer des plans sur la comète, se réinventant une existence au sein des familles les plus fortunées de l’Empire. Du coup, ils se lancent dans un suicide collectif afin de rejoindre en groupe le nirvana en repassant par la case "Départ" (avec les sous qui vont avec...).

A l’heure où les derniers bastions de la lutte ouvrière s’appellent Robert Hue, Marie-George Buffet, Bernard Laviliers ou Arlette Laguiller, que peut-on encore raisonnablement attendre des pensées d’un prolétaire japonais des années 30 ? Sabu, acteur chez Hideo Nakata (Don’t look up) et Takashi Miike (Ichi the killer) et réalisateur de Blessing Bell, semble pour sa part toujours se consumer d’amour pour les pamphlets contestataires de Takiji Kobayashi, au point de redonner vie à son Kanikosen sur grand écran, cinquante-cinq ans après sa première adaptation.

Publiée en 1929 dans le magazine littéraire nippon Senki, l’histoire de Kobayashi trouve directement écho auprès des masses opprimées qui érigent l’oeuvre au rang de modèle de la littérature prolétarienne. Rapidement, l’Imperial Garden Theater l’accueille sur ses planches sous le titre North of latitude 50 degrees north. Parallèlement, ce succès apporte son lot d’ennuis : l’auteur est surveillé de près par la police qui ne voit pas d’un très bon oeil cet agitateur cultivé et ne manquera pas, dans les années suivantes, à le lui faire comprendre en l’arrêtant à de nombreuses reprises et, finalement, en le torturant jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Si le côté subversif de l’entreprise a perdu sa puissance près d’un siècle plus tard, l’histoire tissée par l’auteur n’en reste pas moins contemporaine. Disette économique, capitalisme triomphant, exploitation des masses : Kanikosen prend des atours de "La crise pour les Nuls", saupoudré d’un zeste d’ironie et de post-modernisme, quitte à cultiver les anachronismes les plus pittoresques, à la manière de la version réactualisée de Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Kanikosen navigue, à l’image du chalutier pris dans les eaux tourmentées, entre deux flots, réalisme brutal et distortion sarcastique, et tangue ainsi jusqu’à dériver lors d’un dernier tiers d’un psychédélisme gerbant (marquée par l’évasion de deux membres de l’équipage vers un chalutier russe, sorte d’Eden sur pilotis). La fable côtoie alors l’ineffable et le film perd tout son pouvoir...


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