Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF Jour 2

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Let The Right One In

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Le festival a débuté sur une note plutôt mitigée. Deux premiers films pas forcément mémorables, même si l’un était clairement meilleur (The substitute), mais pas de quoi crier au grand film. Bon, les gens qui sont allé voir Blade Runner : the final cut, projeté en 35mm à l’open air m’ont assuré en avoir pris plein les mirettes et je veux bien les croire. Mais tout le monde était déjà au courant que Blade Runner est un grand film. Nous, on veut voir de l’inédit qui claque, qui vous marque au fer rouge en travers de la gueule, qui ne vous lâche pas après la séance et auquel vous repensez alors même que vous découvrez d’autres films. Hé ben c’est pas avec cette 2ème journée qu’on y aura droit.

D’accord, le soleil est toujours là. On apprécie. L’ambiance, y a rien à jeter, tout le monde est super sympa, les gens discutent, boivent des verres, rigolent dans les files d’attente avant les films et prennent en photo tout et n’importe quoi. Malgré l’affluence non négligeable du public cette année (quasiment que des séances complètes !), le NIFFF réussit à garder cet aspect familial qui fait plaisir, où l’on se sentirait presque à la maison (je dis presque, parce que je suis pas trop fan de leurs WCs de chantier et des thés froids au prix exorbitant !). Mais bon, si on vient au NIFFF, c’est aussi pour voir des films. Et pour le coup, on espère que les 4 jours de projection à venir nous réserveront des films autrement plus mémorables que ceux que nous avons pu découvrir jusqu’à présent.

Début de la journée avec The Cottage de Paul Andrew Williams. Comédie gore anglaise, où l’on peut retrouver Andy « Gollum » Serkis, qui commet, avec l’aide de son frère et d’un 3ème larron complètement crétin, l’enlèvement d’une bimbo blonde sévèrement poumonnée. Tout tourne à l’eau de boudin et manque de pot, la petite équipe va se retrouver face à un fermier difforme (un peu comme dans les Goonies, mais avec des dents bien pourries) et salement en pétard. Pelle, pioche, couteau et autre machette occiront les corps à grand renfort d’effets gores bien foutus, mais ce film sans prétention et vaguement fun pêche par un rythme mal géré et une certaine fainéantise dans sa succession de scènes. Le genre de films à regarder entre potes en bouffant de la pizza et en rigolant grassement devant les déboires de cette bande d’incapables.

Nous reportons alors nos espoirs sur Eskalofrio de Isidro Ortiz (Fausto 5.0), petit film fantastique espagnol qui laisse augurer quelque chose d’intéressant. Intriguant au début, l’histoire de ce garçon trop sensible à la lumière du soleil (comme dans Les Autres de Amenábar) qui déménage dans un petit village de montagne avec sa mère et qui se retrouvera accusé de meurtres sauvages, fait progressivement place à un ramassis de clichés éculés, entre secrets d’une communauté, monstre qui n’en est pas vraiment un, parents qui ne comprennent rien et sidekick gonflant et inutile. Tout n’est pas à jeter toutefois. La « créature » est intéressante, même si mal utilisée et certaines scènes ont le mérite d’être plutôt efficaces. On regrette du coup que le réalisateur se soit laissé aller à toutes ses facilités pour conclure son film.

Si la température est supportable le matin aux projos de presse, il n’en va plus de même dès que débutent les projections publiques. La clim a beau turbiner à plein régime, les salles ne sont que moiteur et bouffées de chaleur. Le NIFFF 2008 est placé sous le signe de la fournaise et les espoirs du premier jour ont fondu comme neige...au soleil. Heureusement, le lac n’est qu’à quelques centaines de mètres de là et il serait tentant d’aller y plonger avant de se liquéfier totalement sur place.

Plus tard...

Toujours chez nos amis ibériques, nous assistons à la projection d’un dessin animé fort attendu, Nocturna. Ici nous suivons un petit garçon, Tim, totalement effrayé par le noir qui va découvrir le monde enchanteur de Nocturna qui régit la nuit et se charge de faire dormir tous les enfants. Mais les étoiles et d’autres lumières disparaissent progressivement, sans que personne n’y comprenne quoi que ce soit. Tim va alors mener une enquête contre le temps, à l’aide d’un gigantesque bonhomme, berger d’un troupeau de chats. Alors que la 3d est devenue la nouvelle norme en matière d’animation, certains résistants continuent de faire du dessin animé traditionnel. Ici le résultat, s’il est, dans sa forme, très inspiré à la fois de Tim Burton et de Hayao Miyazaki et manque donc un peu de personnalité, son écriture simple et très abordable propose une belle réflexion poétique sur la peur du noir, directement destinée aux plus jeunes. Peut-être pourra-t-on trouver cela un peu simpliste, mais les plus jeunes adoreront.

Après cette parenthèse réjouissante, nous loupons malheureusement Kala : Dead Time à cause d’un gros retard de la projection précédente. Mais aux dires de plusieurs personnes ayant vu le film, l’argument principal qui a pu être entendu était l’ennui.

Nous avons alors tout loisir de nous rendre à la projection du premier film de la rétrospective italienne : L’orribile segreto del Dr. Hichcock réalisé par Riccardo Freda. On ne s’étalera pas, le film est à mi-chemin entre le navet bien chiant et le nanar crétin, avec un festival de faux-raccords, d’acteurs autant expressifs qu’un sac de pommes de terre (mention à Robert Fleming, mauvais comme un cochon) et d’une musique qui s’emballe n’importe quand et n’importe comment. Mais à plusieurs, dans l’idée de voir un film dégageant un petit charme suranné et kitsch, cet horrible secret du Dr. Hitchcock reste plaisant.

Finalement, nous arrivons au bout de la journée avec la découverte du déjà renommé 13 Beloved de Chukiat Sakveerakul. Un homme perd tout ; boulot, argent, femme, voiture. Il reçoit alors un appel qui lui propose une succession de défis à remporter qui le mèneront toujours plus loin dans l’illégalité. Dans son ensemble, le film est vraiment très fun, avec plein d’idées, un rythme soutenu qui ne sacrifie jamais le scénario, quelques séquences au choix provocantes, choquantes, écoeurantes, le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour noir. Alors que la sauce avait bien pris, qu’un parfum de nihilisme parcourait le métrage, ce dernier change soudainement de direction dans ses dernières 20 minutes pour se transformer en pensum sentencieux et gonflant, moraliste et caricatural. La déception est de taille, car le réalisateur semblait faire preuve d’une certaine intelligence dans son approche de ce sujet faisant immanquablement penser au The Game de David Fincher. 13 Beloved n’en est pas moins réjouissant à plusieurs reprises et les réactions enthousiastes fusaient dans la salle.

Et la 2ème journée de toucher à sa fin. Aucun invité en vue, même si nous avons appris en début de journée que Nakata avait débarqué sur Neuch le jour précédent. La fatigue commence déjà à nous gagner (cette idée de mettre des séances de presse à 9h15.. en plein milieu de la nuit !), l’irrépressible envie de se moquer de tous les films se fait croissante, mais l’on sait que plusieurs bonnes choses nous attendent (Let the right one in, film nordique, est précédé d’une grosse réputation parmi les quelques personnes qui ont déjà eu l’occasion de le découvrir et l’impatience nous gagne à l’idée d’assister à la nuit Italia Cannibale durant laquelle seront projetés Cannibal Holocaust, Anthropophagous et L’Enfer des Zombi.. en espérant qu’ils agrémentent la salle de quelques jeunes filles empalées sur de jolis pieux) et que le festival ne fait que débuter.

Sur ce, chers amis de Belgique, de France ou d’ailleurs, je m’en vais m’évanouir dans mon lit avant d’attaquer la 3ème journée de ce NIFFF, 8ème édition...

Colqhoun

NB : ne pas oublier dvds, goodies et autres bricoles à faire signer.


Avis sur les films

The Cottage 2/5

Du gore rigolo, une fille bien poumonnée, Andy Serkis. Mais ça reste assez paresseux et pas follement excitant.

Shiver 2/5

Bonne idée de départ. Monstre intéressant. Foire aux clichés du genre, inspiration absente.

Nocturna 4/5

Malgré une évidente inspiration chez Burton et Miyazaki, ce DA espagnol fonctionne à merveille, en proposant une histoire intelligente.

L’orribile segreto del Dr. Hichcock 1/5

Très mauvais et très cheap dans l’ensemble, mais ça a son charme par moments. Du cinéma désuet qui sent bon le nanar.

13 beloved 3/5

Très fun et prenant pendant un bon moment. Se tire dans le pied avec une conclusion pénible et irritante. Dommage, c’était bien parti.


Preview

Let The Right One In

(par Damien)

Après son Four Shades of Brown qui remporta nombre de récompenses en terre suédoise, la réputation du réalisateur Thomas Alfredson n’est plus à faire. Grand blond aux yeux bleus, le Scandinave reflète à merveille son pays d’origine par le biais de ce teint pâle qu’il arbore, semblable aux terres enneigées de sa chère patrie. Bon, là je me fous un peu de votre gueule. Alfredson, contrairement aux clichés, est un boeuf tirant sur le roux au teint hâlé. Comme quoi, les préjugés, ça peut être trompeur...

Trève de bavardages. Passons aux choses sérieuses, à savoir : de quoi c’est qu’y parle ce film, bordel ? Méprisé par ses camarades de classe, le petit Oskar est un ado fragile qui s’invente un monde imaginaire pour éluder ses problèmes de voisinage scolaire. Du coup, le marmot passe tout son temps à imaginer quelles tortures il pourrait infliger à ceux qui le maltraitent en faisant les cent pas dans la cour enneigée de son immeuble. Lorsque Eli vient s’installer dans l’immeuble d’à côté, Oskar se surprend à rêver de nouveau. Une vraie amitié naît entre les deux boutonneux en pleine montée de croissance. Jusqu’à ce que... des meurtres atroces soient commis dans les environs. Oskar redoute le pire : Eli est sans doute un vampire avec qui il convient de rester ami sous peine d’être sa prochaine victime.

Oeuvre tragicomique et mélodramatique à la croisée entre le cinéma de Polanski et celui de Van Sant, Let The Right One In bouleverse par sa maîtrise formelle et par son réalisme malsain. Un chef-d’oeuvre en puissance ? Assurément...

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