Critique de film

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Invasion Los Angeles

"They live"
affiche du film

Un ouvrier au chômage, John Nada, tout juste arrivé à Los Angeles, se lie avec un ouvrier noir, Frank, qui l'entraîne dans Justiceville, le bidonville où vivent les laissés pour compte de la Californie triomphante. Il ne tarde pas à découvrir des lunettes noires qui lui permettent de constater que la ville a été envahie par des extra-terrestres d'apparence humaine.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Invasion Los Angeles - Alien apocalypse
Par : Damien Taymans
Tags : Extra-terrestres

Après son Big trouble in Little China, John Carpenter décide de revenir vers un cinéma plus indépendant, celui-là même qui lui permit de se hisser au statut de cinéaste incontournable. Prince des Ténèbres relance le réalisateur dans le cinéma de genre grâce à un beau succès commercial (3 millions déboursés pour 18 récupérés). Adapté d’une nouvelle de Ray Nelson, Invasion Los Angeles est un retour pour Big John aux films science-fictionnels apocalyptiques dont le plus bel exemple reste son New York 1997.

Apportant quelques modifications à la nouvelle originelle (le prénom du héros George sera substitué par John, l’insertion des lunettes qui permettent de rentrer en contact avec le monde réel), Carpenter accentue la différenciation entre le héros paumé et le monde au sein duquel il évolue. John Nada, dont le prénom et le nom témoignent de son anonymat, est un personnage marginal évoluant tant bien que mal dans un univers qu’il ne comprend pas mais apprécie naïvement, bercé par les illusions des discours bien pensants de l’époque. Nada aime l’Amérique, celle-là même sui le rejette en le refoule au statut de paria. Cette Amérique tendance Reagan dominée par les idéologies capitalistes et mondialistes, cette Amérique qui condamne ses habitants à évoluer aveuglément tels des moutons écervelés qui suivent le troupeau. Les dirigeants discourent et les citoyens approuvent sans chercher à comprendre les messages dissimulés derrière ces discours dithyrambiques, messages formidablement illustrés par ceux auxquels est confronté John après qu’il a chaussé les lunettes.

La découverte des lunettes, symbole de la vue recouvrée, constitue un tournant décisif dans la vie de ce va-nu-pieds sociétal. Elles lui donnent la possibilité de voir le monde tel qu’il est. Dénué de ses apparences, le monde réel couvre une réalité autre et difficile à concevoir. De vagabond sans personnalité, John Nada devient un révolutionnaire qui n’hésite pas à flinguer à tout va les créatures qui dominent l’univers qu’il chérit. Faisant irruption dans une banque, le guérillero bute les aliens avec pour seule sommation une phrase inoubliable à la manière d’un Snake Plissken. La métamorphose du héros est sans faux pli de même que l’introduction de son acolyte Frank avec lequel il s’adonnera à une lutte mémorable longue de six minutes, hommage aux matchs de catch pour lesquels Carpenter nourrit une véritable passion. Le métrage déroule son intrigue de la plus belle des manières, ne permettant jamais à l’ennui de s’immiscer, pour mener le spectateur vers un final dantesque.

Soutenu par un score lancinant qui accentue la lenteur rythmique de l’ensemble, Invasion Los Angeles tangue continuellement entre l’atmosphère pesante apocalyptique et les pétarades jouissives des action movies. Fréquemment reléguée au second plan dans la carrière de Big John, l’œuvre n’en est pas moins l’une de ses plus flagrantes réussites qui ne dénote aucunement avec le reste de sa filmo.


Critique de Invasion Los Angeles - Le vrai retour de Carpenter
Par : Quentin Meignant

Les studios hollywoodiens étant échaudés par les différentes grosses productions confiées à John Carpenter (les bides de Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin et de Starman ont été un véritable coup de tonnerre à l’époque), le cinéaste perdit de son aura et fut mis au ban de d’une industrie cinématographique misant avant tout sur les profits. Qu’à cela ne tienne, passablement énervé par cette véritable éviction et se retrouvant sans le sou, Big John se tourna à nouveau vers le cinéma qui l’avait révélé et dont il était l’un des principaux porte-drapeau : le cinéma de genre indépendant. Après avoir donné naissance à l’excellent Prince des Ténèbres, le réal revint sur le devant de la scène avec un film coup de poing, Invasion Los Angeles, aka The Live !, œuvre science-fictionnelle inspirée de la nouvelle Eight O’Clock in the Morning de Ray Nelson, dont le pitch s’approche du prodigieux New York 1997, sorti 7 ans plus tôt. Invasion Los Angeles s’intéresse à John Nada, un homme sans emploi traversant l’Amérique dans le but de se trouver un job. Atterrissant à Los Angeles, John se lie d’amitié avec un ouvrier noir, Frank, qui l’entraîne dans Justiceville, le bidonville où vivent les laissés pour compte de la Californie triomphante. Il ne tarde pas à découvrir des lunettes noires qui lui permettent de constater que la ville a été envahie par des extra-terrestres d’apparence humaine.

Œuvre chargée d’un lourd potentiel critique à l’encontre de la société américaine et de ses disparités économiques, Invasion Los Angeles bénéficie par ailleurs d’un traitement particulièrement astucieux dans sa mise en forme et ce, malgré un budget assez faible (4 millions de dollars). L’originalité de traitement transpire d’ailleurs dès l’entame d’un générique montrant les titres et sous-titres imbriqués dans les paysages (à l’image du générique de la série Fringe près de 20 ans plus tard), ce procédé prenant tout son sens lors du développement de l’aventure. En effet, Carpenter développe ici à merveille, sur base d’une intrigue science-fictionnelle, l’aspect retors de notre société de consommation.

C’est d’ailleurs là le but principal d’une œuvre qui, certes, ne brille pas par une action échevelée, mais qui, toujours, parvient à tenir la dragée haute au fonctionnement même de notre civilisation moderne. Critique des inégalités économiques, Invasion Los Angeles se dote d’un héros vagabond, pourtant amoureux d’un pays qui l’a plongé dans la misère. Il tentera d’ailleurs de sauver sa patrie d’aveuglés au péril de sa vie, sortant totalement de la norme imposée par une société régie par des règles et codifiée au possible. Un peu comme un alter-mondialiste moderne, John Nada s’oppose donc à ce qu’il considère être la faillite d’un système qui a prouvé ses limites et John Carpenter, sous le couvert de quelques séquences d’action, parvient à livrer une critique sociétale forte et lourde de sens.

Malgré un budget excessivement faible et un manque d’action assez prégnant, Invasion Los Angeles demeure une ouvre poignante, dont la signification profonde est sans aucun doute bien plus terrorisante que l’intrigue en elle-même. John Carpenter, en cinéaste rebelle, parvient à dresser un portrait particulièrement sombre et pessimiste de notre société de consommation, faisant de son métrage une excellente critique de cette dernière.

Commentaires sur le film

3 etoiles

John Carpenter nous offre un film dont l’idéologie et proche de l’œuvre de George A. Romero, qui n’a, depuis son célèbre Nuit des morts-vivants, cessé des critiquer la consommation en masse et le monde de la publicité. Bien qu’étant un film de qualité, Invasion Los Angeles ne fait pas partie des grandes œuvres du réalisateur. L’histoire, par moment, traîne et joue plus sur le spectaculaire que sur le message explicite du réalisateur et la menace extra-terrestre.

22 septembre 2008 à 16:09 | Par Haddonfield

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