Critique de film

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Incidents de parcours

"Monkey Shines"
affiche du film

Allan Mann, un jeune étudiant en droit à l’avenir prometteur, devient paraplégique suite à un accident. N’ayant plus goût à rien, il se laisse dépérir jusqu’à faire une tentative de suicide. Son ami Geoffrey, un chercheur à l’université, va alors lui offrir un capucin au nom d’Ella. Le petit singe a été entraîné pour assister un paraplégique dans sa vie de tous les jours, mais son comportement va devenir de plus en plus irascible jusqu’à mettre la vie d’autrui en danger

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Trailer - Incidents de parcours (1988)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Incidents de parcours - Parcours sans fautes
Par : Damien Taymans
Tags : Animaux-tueurs

Naissant cinématographiquement avec La Nuit des morts-vivants en 1968, le réalisateur George A. Romero s’est rapidement vu étiqueté de la mention « créateur zombiesque ». Et, les petits voleurs de la galerie La Fayette le savent fort bien, enlever une étiquette n’est pas toujours chose aisée. Chaque tentative d’incursion dans un genre autre se solde généralement par un échec pour le génie de Pittsburgh. Alors, la larme à l’œil et le pénis sous le bras, Romero reprend inlassablement et avec un savoir-faire déroutant son parcours sur les morts-vivants au point de transformer sa trilogie en tétralogie et sa tétralogie en quinqualogie. Pourtant, la filmographie romérienne regorge de petites perles moins connues du grand public qui ne méritent qu’une seule chose : être dévoilée au grand jour en place publique. Avant Zombie, il y eut Martin, magnifique variation sur le thème vampirique qui offre une introspection novatrice en même temps qu’il renouvèle le genre. Ensuite vient Knigthriders, film de geek par excellence, qui dépeint avec poésie le pouvoir de l’imaginaire.

Après son troisième tome zombiesque, Romero enchaîne trois films plus classiques, laissant de côté les morts-vivants pour quelques années. Premier essai de cette trilogie humaniste, Incidents de parcours aborde d’emblée la thématique qui prévaudra dans chacun des ces trois épisodes (Incidents de parcours, La part des ténèbres et Bruiser), à savoir l’homme pris comme un être biface, symbole de la nature manichéenne qui l’entoure. A l’instar du Henry Creedlow cocufié qui n’a plus pour ambition que de nourrir sa soif de vengeance ou du Thad Beaumont aux prises avec un alter ego maléfique, Allan Mann doit lutter pour préserver sa condition d’homme. Dans un premier temps face à sa paraplégie le rendant semblable à un robot motorisé et dans un second temps face à Ella, capucin évolué, faisant naître en lui sa partie la plus sombre et la plus abjecte.

Œuvre ontologique et poétique, Incidents de parcours dresse bien plus qu’un simple bilan de l’âme humaine, check up réflexif ultra convenu propre au classicisme fixiste. Le métrage met en exergue plus spécifiquement les relations qui unissent les deux protagonistes, à la manière des tragédies grecques. Distinguo considérable : Ella est de nature animale mais tend à devenir de plus en plus humaine (à coups d’injections et d’apprentissages) tandis qu’Allan, hominidé par excellence au sens rabelaisien du terme (mens sana in corpore sano), après sa légumisation partielle, se transforme petit à petit en un être désincarné comme en témoignent l’impulsivité qui l’habite et l’antipathie manifeste qu’il arbore. Deux êtres que tout sépare mais qui vont pourtant apprendre à se connaître, à s’aimer et… à se haïr. Ella humanisée devient jalouse et possessive. Au point de s’opposer à ceux qui comptent nuire à son compagnon de vie ou mettre des bâtons dans les roues de sa relation avec Allan. Au départ drôle et émouvante, la guenon évolue négativement pour rejoindre progressivement le genre humain capable des pires atrocités.

Pour asseoir cette peinture réaliste, Romero utilise de nombreux artifices techniques. Du plan rapproché au gros plan, du traitement duel à la singularité linéaire, le réalisateur prouve l’étendue de sa palette et signe de véritables moments d’anthologie (l’étreinte mise en scène par Ella). Des protagonistes tellement bien creusés qu’ils en occultent quasi complètement les personnages secondaires pourtant importants puisque acteurs de l’intrigue. Romero bâcle quelque peu sa représentation en ne dotant pas ces derniers des attributs que possèdent les héros. La galerie secondaire est emplie de personnalités peu attrayantes et très convenues : une mère castratrice qui déteste la concurrence, une ex infidèle, un médecin incompétent, un scientifique obsédé par ses recherches.

Outre cette esquisse bien malheureuse, Incidents de parcours accuse certains moments assez lents et superflus. Ainsi, la peinture onirique qui ne sert probablement qu’à justifier la présence d’un Tom Savini inutile et les nombreuses pérégrinations dans le laboratoire de Georffrey ainsi que ses confrontations avec son chef de projet auraient pu tout à fait être abandonnés sans que le métrage n’en ressente les effets.

Peu connu du public qui ne voit en lui que le maître des zombies, Incidents de parcours est la démonstration que tout un pan de la carrière du réalisateur qui reste à explorer regorge d’œuvres terriblement jouissives.

Commentaires sur le film

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26 juillet 2010 à 20:07

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